Joseph Stiglitz(1943 — ?)

Joseph Stiglitz

États-Unis

6 min de lecture

ÉconomieÉconomisteXXIe siècleTournant des 20e et 21e siècles, marqué par la mondialisation, la financiarisation de l'économie et les crises financières (2008).

Économiste américain né en 1943, prix Nobel d'économie 2001 pour ses travaux sur les asymétries d'information. Ancien économiste en chef de la Banque mondiale, il est devenu une figure majeure de la critique de la mondialisation néolibérale.

Questions fréquentes

Joseph Stiglitz est un économiste américain né en 1943, prix Nobel d'économie en 2001. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné notre compréhension des marchés en montrant que l'information n'est jamais parfaitement partagée entre les acteurs : c'est la théorie des asymétries d'information. Il est aussi devenu une figure majeure de la critique de la mondialisation néolibérale, notamment après son passage à la Banque mondiale.

Faits marquants

  • Né le 9 février 1943 à Gary (Indiana, États-Unis)
  • Économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale (1997-2000)
  • Prix Nobel d'économie en 2001 pour ses travaux sur les marchés avec asymétrie d'information (partagé avec George Akerlof et Michael Spence)
  • Auteur de « La Grande Désillusion » (Globalization and Its Discontents, 2002), critique du FMI et de la mondialisation
  • A présidé le Conseil des conseillers économiques du président Bill Clinton (1995-1997)

Œuvres & réalisations

Théorie des asymétries d'information (années 1970-1980)

Ensemble de travaux montrant que les marchés fonctionnent mal quand les acteurs ne disposent pas de la même information. C'est la contribution qui lui vaut le prix Nobel.

Médaille John Bates Clark (1979)

Distinction récompensant le meilleur économiste américain de moins de 40 ans, prélude à sa reconnaissance mondiale.

Prix Nobel d'économie (2001)

Reçu conjointement avec George Akerlof et Michael Spence pour l'analyse des marchés à information asymétrique.

La Grande Désillusion (2002)

Best-seller mondial critiquant la mondialisation néolibérale et la gestion des crises par le FMI.

Article « Of the 1%, by the 1%, for the 1% » (2011)

Texte qui popularise la dénonciation des inégalités et inspire le mouvement Occupy Wall Street.

Le Prix de l'inégalité (2012)

Ouvrage majeur démontrant comment les inégalités menacent l'économie et la démocratie.

Commission de l'ONU sur la réforme financière internationale (2009)

Présidence d'une commission proposant de réformer le système monétaire mondial après la crise de 2008.

Anecdotes

En 2001, Joseph Stiglitz reçoit le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur les marchés où l'information est inégalement répartie. Son idée centrale est simple : sur un marché, le vendeur en sait souvent plus que l'acheteur, ce qui fausse les échanges. Cette théorie de « l'asymétrie d'information » a bouleversé la manière de penser l'économie.

Économiste en chef de la Banque mondiale de 1997 à 2000, Stiglitz finit par démissionner après ses critiques publiques de la gestion des crises par le FMI. Il reproche à ces institutions d'imposer aux pays pauvres des remèdes qui aggravaient leur misère. Ce départ fracassant le transforme en l'un des grands contestataires de la mondialisation.

En 2002, il publie « La Grande Désillusion », un livre qui dénonce les dérives de la mondialisation et devient un best-seller mondial traduit dans des dizaines de langues. Fait rare pour un économiste de ce niveau, il y écrit pour le grand public et non seulement pour les spécialistes.

Stiglitz a popularisé la formule des « 1 % » dans un célèbre article de 2011 intitulé « Of the 1%, by the 1%, for the 1% », dénonçant la captation des richesses par une minorité. Cette idée a nourri le mouvement Occupy Wall Street la même année.

Brillant très jeune, il décroche son doctorat au MIT et devient l'un des plus jeunes professeurs titulaires de l'histoire de l'université, à seulement 26 ans. Il a ensuite enseigné dans les universités les plus prestigieuses : Yale, Princeton, Stanford, Oxford puis Columbia.

Sources primaires

La Grande Désillusion (Globalization and Its Discontents) (2002)
La mondialisation, telle qu'elle est aujourd'hui menée, n'a pas tenu ses promesses. Elle n'a pas réussi à réduire la pauvreté, ni à assurer la stabilité.
Discours de réception du prix Nobel, « Information and the Change in the Paradigm in Economics » (8 décembre 2001)
Les asymétries d'information sont au cœur du fonctionnement des marchés ; leur prise en compte modifie en profondeur les conclusions de la théorie économique classique.
« Of the 1%, by the 1%, for the 1% », Vanity Fair (Mai 2011)
Un pour cent des Américains se taille aujourd'hui près d'un quart du revenu national chaque année.
Le Prix de l'inégalité (The Price of Inequality) (2012)
L'inégalité n'est pas seulement le produit des forces du marché : elle résulte aussi de la politique et des décisions que nous prenons collectivement.

Lieux clés

Gary (Indiana, États-Unis)

Ville industrielle et sidérurgique où Joseph Stiglitz naît en 1943. Son enfance dans une région marquée par les inégalités sociales a nourri sa réflexion future.

Massachusetts Institute of Technology (MIT), Cambridge

Université où Stiglitz obtient son doctorat d'économie en 1967, sous l'influence des grands économistes de son temps. Un lieu fondateur de sa carrière.

Banque mondiale, Washington

Institution internationale où Stiglitz est économiste en chef de 1997 à 2000. C'est là qu'il forge sa critique des politiques imposées aux pays en développement.

Université Columbia, New York

Université où Stiglitz enseigne depuis 2001 comme professeur réputé. Son port d'attache académique durant la majeure partie du 21e siècle.

Stockholm (Suède)

Capitale où Stiglitz reçoit le prix Nobel d'économie en décembre 2001. Lieu de la consécration internationale de ses travaux.

Voir aussi