Juan Gris, né José Victoriano González-Pérez, est un peintre et sculpteur espagnol installé à Paris. Figure majeure du cubisme, il en développa une variante plus rigoureuse et lumineuse, le cubisme synthétique.
Juan Gris(1887 — 1927)
Juan Gris
Espagne
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Cézanne fait d'une bouteille un cylindre, moi je pars du cylindre pour créer un individu d'un type spécial, je fais d'un cylindre une bouteille, une certaine bouteille.»
Faits marquants
- Né à Madrid en 1887, il s'installe à Paris en 1906 où il rejoint le Bateau-Lavoir aux côtés de Picasso.
- Vers 1911-1912, il participe à l'élaboration du cubisme et expose sa toile « Hommage à Pablo Picasso » au Salon des Indépendants en 1912.
- Il devient l'un des principaux représentants du cubisme synthétique, intégrant le papier collé à partir de 1913.
- Sous contrat avec le marchand Daniel-Henry Kahnweiler, il développe une œuvre construite et colorée.
- Mort prématurément à Boulogne-Billancourt en 1927, à l'âge de 40 ans.
Œuvres & réalisations
Portrait cubiste de son ami et maître Picasso. Première œuvre majeure de Gris, exposée au Salon des Indépendants, qui le fait remarquer.
Tableau intégrant un véritable morceau de miroir collé sur la toile, exemple précoce de l'usage de matériaux réels par Gris.
Œuvre emblématique du cubisme synthétique de Gris, à la composition rigoureuse et aux couleurs éclatantes.
Nature morte mêlant peinture et papier collé, témoignant de la maîtrise de Gris dans l'organisation géométrique de l'espace.
Portrait de sa compagne Joséphine, montrant comment Gris applique la grammaire cubiste à la figure humaine.
Figure récurrente de la commedia dell'arte chez les cubistes ; Gris en fait un motif structuré aux facettes colorées.
Décors et costumes réalisés pour Diaghilev, prolongeant le langage cubiste sur la scène théâtrale.
Anecdotes
Juan Gris a quitté Madrid pour Paris en 1906 en vendant tout ce qu'il possédait. Selon la légende, il aurait perdu une partie de son argent au jeu pendant le voyage, arrivant presque sans le sou dans la capitale française.
À Paris, il s'installe au Bateau-Lavoir, le célèbre atelier délabré de Montmartre, juste à côté de son compatriote Pablo Picasso. Pour gagner sa vie au début, il dessinait des caricatures humoristiques pour des journaux satiriques.
Le marchand d'art Daniel-Henry Kahnweiler signa un contrat avec Gris pour acheter toute sa production. Cela offrit au peintre une sécurité financière rare, mais la Première Guerre mondiale, qui força Kahnweiler à l'exil, plongea Gris dans de grandes difficultés.
On surnomme Juan Gris « le plus pur » des cubistes. Contrairement à Picasso et Braque qui partaient des objets pour les décomposer, Gris disait partir d'une idée abstraite ou d'une structure géométrique pour aboutir ensuite à l'objet : « Cézanne fait d'une bouteille un cylindre, moi je fais d'un cylindre une bouteille. »
Atteint d'une santé fragile, aggravée par des problèmes pulmonaires et rénaux, Juan Gris mourut très jeune, à seulement 40 ans, en 1927. Son ami le poète Gertrude Stein et le peintre Picasso furent profondément affectés par cette disparition précoce.
Sources primaires
Je travaille avec les éléments de l'esprit, avec l'imagination, j'essaie de rendre concret ce qui est abstrait, je vais du général au particulier, c'est-à-dire que je pars d'une abstraction pour arriver à un fait réel.
Cézanne d'une bouteille fait un cylindre, moi je pars du cylindre pour créer un individu d'un type spécial, d'un cylindre je fais une bouteille, une certaine bouteille.
Ma peinture est peut-être trop architecturée, mais je préfère l'émotion qui corrige la règle à celle qui n'a pas de règle du tout.
Juan Gris was the only person whom Picasso wished away. The relation between them was just that.
Lieux clés
Ville natale de Juan Gris, où il étudie à l'École des arts et manufactures avant de se former à la peinture.
Atelier collectif délabré de Montmartre où Gris s'installe à son arrivée à Paris, voisin de Picasso. Foyer de l'avant-garde cubiste.
Petit port méditerranéen du sud de la France où Gris séjourne en 1915 et approfondit son cubisme synthétique, aux couleurs plus vives et lumineuses.
Village des Pyrénées-Orientales surnommé « la Mecque du cubisme », où Gris travailla aux côtés de Picasso et Braque.
Commune de la banlieue parisienne où Juan Gris vécut ses dernières années et mourut en 1927.
Objets typiques

Plaque sur laquelle le peintre mélange ses couleurs. Gris privilégiait des teintes claires et lumineuses, ocres, bleus et bruns, structurées avec rigueur.

Fragments de papier journal, de papier peint ou d'étiquettes collés sur la toile. Cette technique, inventée par les cubistes, permettait d'introduire des morceaux du réel dans le tableau.

Instrument de musique récurrent dans les natures mortes cubistes de Gris. Sa forme aux courbes nettes se prêtait parfaitement à la décomposition géométrique.

Assemblage d'objets du quotidien posés sur une table : bouteille, verre, journal, compotier. Motif central du cubisme synthétique de Gris.

Outils que Gris utilisait à ses débuts pour réaliser des caricatures et dessins humoristiques dans les journaux satiriques parisiens, afin de gagner sa vie.

Éléments scéniques conçus par Gris pour les Ballets russes de Diaghilev. Ils transposaient son langage cubiste sur la scène de théâtre.
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Vie quotidienne
Matin
Juan Gris commençait sa journée tôt dans son atelier du Bateau-Lavoir, baigné d'une lumière qu'il aimait pour son travail. Méthodique et rigoureux, il préparait soigneusement ses couleurs et planifiait ses compositions avec une précision presque mathématique.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la peinture proprement dite, à l'élaboration patiente de ses natures mortes et papiers collés. Gris travaillait lentement, réfléchissant longuement à la structure de chaque tableau avant d'appliquer la couleur.
Soir
Le soir, il retrouvait les artistes et poètes de Montmartre dans les cafés ou les ateliers voisins. Les discussions sur l'art, la poésie et le cubisme avec Picasso, Braque, Apollinaire ou Max Jacob nourrissaient sa réflexion.
Alimentation
Comme beaucoup d'artistes désargentés de Montmartre, Gris menait une vie modeste, parfois au bord de la misère avant son contrat avec Kahnweiler. Les repas étaient simples : pain, vin, charcuterie et plats économiques partagés entre amis.
Vêtements
Gris portait les vêtements ordinaires d'un homme du début du XXe siècle : costume, chemise, parfois un foulard d'artiste. Son allure était soignée malgré ses moyens limités.
Habitat
Il vécut d'abord dans une chambre-atelier exiguë du Bateau-Lavoir, bâtiment de bois délabré sans confort, où l'eau et le chauffage manquaient. Plus tard, grâce à son marchand, il put s'installer dans des logements plus décents en banlieue parisienne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Hommage à Pablo Picasso (Portrait de Picasso)
1912
Nature morte à la nappe à carreaux
1915
Portrait de Joséphine Gris (Portrait de la femme de l'artiste)
1916
Arlequin
1917
Décors pour Les Tentations de la bergère (Ballets russes)
1924






