Julienne de Norwich
Julienne de Norwich
1342 — 1500
royaume d'Angleterre
Mystique anglaise du XIVe siècle, Julienne de Norwich est la première femme autrice connue en langue anglaise. Après une vision divine reçue en 1373, elle rédige les Révélations de l'amour divin, œuvre fondatrice de la spiritualité chrétienne médiévale. Recluse à Norwich, elle développe une théologie de l'amour et de la miséricorde divins.
Citations célèbres
« Tout ira bien, et tout ira bien, et toute sorte de chose ira bien. »
« L'amour était son sens. Qui te le révèle ? L'amour. Que t'a-t-il révélé ? L'amour. Pourquoi te l'a-t-il révélé ? Par amour. »
Faits marquants
- Vers 1342 : naissance probable à Norwich, Angleterre
- Mai 1373 : reçoit seize visions (showings) lors d'une grave maladie, à l'âge de 30 ans
- Vers 1393 : rédaction de la version longue des Révélations de l'amour divin
- Vit comme recluse dans une cellule attenante à l'église Saint-Julien de Norwich
- 1416 : dernière mention connue de son vivant ; date de mort inconnue
Œuvres & réalisations
Premier texte rédigé peu après ses visions de mai 1373, il en donne un récit direct et relativement bref. C'est le plus ancien texte connu écrit par une femme en langue anglaise.
Version définitive et développée de ses visions, fruit de vingt ans de méditation théologique. Julienne y approfondit des thèmes comme la maternité de Dieu, la miséricorde et la nature du péché ; c'est son œuvre majeure.
Anecdotes
En mai 1373, Julienne de Norwich, alors âgée d'environ trente ans, tomba gravement malade et crut mourir. C'est lors de cette crise que, selon son témoignage, elle reçut seize visions — qu'elle appelle 'showings' — du Christ souffrant. Contre toute attente, elle guérit complètement le lendemain.
Julienne choisit de vivre comme recluse dans une cellule attenante à l'église Saint-Julien de Norwich. Cette cellule possédait trois fenêtres : une donnant sur l'église pour suivre les offices, une vers l'extérieur pour recevoir nourriture et visiteurs, et une pour converser avec ceux qui cherchaient conseil. Elle ne sortit jamais de cet espace confiné.
Bien qu'elle se qualifie elle-même d'ignorante et sans instruction ('a simple creature unlettered'), Julienne rédigea deux versions de ses Révélations : une courte, peu après ses visions, puis une longue version, fruit de vingt années de méditation et d'approfondissement théologique. Ce paradoxe entre humilité affichée et profondeur intellectuelle réelle fascine encore les chercheurs.
La phrase la plus célèbre de Julienne, 'All shall be well, and all shall be well, and all manner of thing shall be well' (Tout ira bien, et tout ira bien, et toute chose ira bien), lui fut, dit-elle, révélée directement par Dieu. Cette formule optimiste, énoncée en pleine époque de peste et de guerre, constitue un message de consolation radical qui lui vaut encore aujourd'hui une large audience spirituelle.
Margery Kempe, première autobiographe connue de langue anglaise, rendit visite à Julienne vers 1413 pour lui soumettre ses propres expériences mystiques. Julienne l'encouragea à persévérer. Cette rencontre entre les deux figures majeures de la spiritualité féminine médiévale anglaise est attestée par le livre de Margery Kempe.
Sources primaires
In this time I wanted to look beside the cross, and I durst not, for I wist well, while I beheld in the cross I was sure and safe from fiends.
He said not 'Thou shalt not be tempested, thou shalt not be travailed, thou shalt not be afflicted'; but He said: 'Thou shalt not be overcome.'
And then she was bidden by our Lord for to go to an anchoress in the same city which was called Dame Julian, and so she did and showed her the grace that God put in her soul.
Item lego Juliane anachorite apud Seynt Julyan in Norwico ijs.
Lieux clés
C'est dans cette cellule attenante à l'église Saint-Julien que Julienne vécut recluse pendant des décennies, y rédigeant ses Révélations et y recevant des visiteurs en quête de direction spirituelle. L'église a été reconstruite après la Seconde Guerre mondiale mais la cellule a été restaurée.
Deuxième ville d'Angleterre au Moyen Âge, Norwich était un centre commercial et religieux prospère. Julienne y vécut toute sa vie d'adulte connue ; la ville fut durement frappée par la peste noire, contexte qui imprègne la tonalité consolatrice de son œuvre.
Principal centre religieux de Norwich, ce prieuré bénédictin dominait la vie spirituelle de la ville. Julienne, en tant que recluse attachée à une église paroissiale, s'inscrivait dans ce réseau monastique et clérical local.
Le conflit franco-anglais et les épidémies de peste formèrent le cadre historique dans lequel Julienne développa sa théologie de l'amour et de la miséricorde divine, en réponse directe aux traumatismes de son époque.




