Karl Barth est un théologien protestant réformé suisse, figure majeure de la pensée chrétienne du XXe siècle. Fondateur de la « théologie dialectique », il a profondément renouvelé le protestantisme et s'est opposé à la mainmise nazie sur les Églises allemandes.
Karl Barth(1886 — 1968)
Karl Barth
Suisse
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1886 à Bâle (Suisse) et mort en 1968 dans la même ville.
- Publie en 1919 son commentaire de l'Épître aux Romains, qui révolutionne la théologie protestante.
- Principal rédacteur de la Déclaration théologique de Barmen (1934), manifeste de l'Église confessante contre le nazisme.
- Expulsé d'Allemagne en 1935, il enseigne ensuite à l'université de Bâle.
- Auteur de la monumentale « Dogmatique ecclésiale » (Kirchliche Dogmatik), restée inachevée.
Œuvres & réalisations
Commentaire révolutionnaire qui rompt avec la théologie libérale et lance la « théologie dialectique » ou « théologie de la crise ».
Texte fondateur de l'Église confessante, affirmant la souveraineté du Christ contre l'idéologie nazie.
Œuvre monumentale de plus de treize volumes, restée inachevée, considérée comme l'une des plus grandes sommes théologiques du XXe siècle.
Présentation accessible de sa pensée, issue de cours donnés à Bonn dans les ruines de l'après-guerre.
Petit essai où Barth exprime son admiration pour Mozart, qu'il associe à la joie et à la liberté de la création.
Synthèse tardive et limpide de sa conception de la théologie, fruit d'une vie d'enseignement.
Anecdotes
En 1919, alors simple pasteur dans le village suisse de Safenwil, Karl Barth publie un commentaire sur l'Épître aux Romains qui fait l'effet d'une bombe. On dira qu'il tomba « comme une bombe sur le terrain de jeu des théologiens », bouleversant toute la pensée protestante européenne.
Pasteur ouvrier, Barth s'engage aux côtés des travailleurs de son village et adhère au parti social-démocrate. Ses paroissiens le surnommaient parfois « le pasteur rouge » à cause de son soutien aux grévistes et aux syndicats.
En 1934, Barth rédige l'essentiel de la Déclaration de Barmen, manifeste des chrétiens allemands refusant la mainmise nazie sur l'Église. Il aurait dit l'avoir écrite « fortifié par un café fort et un ou deux cigares ».
Refusant de prêter le serment de fidélité inconditionnelle à Hitler exigé des professeurs, Barth est chassé de sa chaire à l'université de Bonn en 1935 et expulsé vers sa Suisse natale, où il continue d'enseigner à Bâle.
Barth travaillait en écoutant Mozart chaque matin avant de se mettre à l'écriture. Il affirmait que les anges, lorsqu'ils louent Dieu, jouent sans doute du Mozart, et que Dieu lui-même y prête l'oreille avec un plaisir tout particulier.
Sources primaires
Si je suis un système, je me limite à reconnaître que toute connaissance de Dieu commence par le rapport qu'entretient Dieu vivant avec l'homme : Dieu est dans les cieux et toi sur la terre.
Jésus-Christ, tel que l'Écriture sainte nous l'atteste, est l'unique Parole de Dieu que nous avons à écouter, à laquelle nous avons à nous fier et à obéir dans la vie et dans la mort.
Dieu est celui qui aime dans la liberté. Tout ce que nous pouvons dire de lui doit partir de cette réalité et y revenir.
Il n'existe pas de chemin de l'homme vers Dieu ; il n'existe que le chemin de Dieu vers l'homme, en Jésus-Christ.
Lieux clés
Ville natale de Barth, où il revint enseigner après son expulsion d'Allemagne et où il mourut en 1968.
Village ouvrier où Barth fut pasteur de 1911 à 1921 et où il s'engagea aux côtés des travailleurs.
Première chaire universitaire de Barth, à partir de 1921, où il commença à enseigner la théologie réformée.
Barth y enseigna jusqu'en 1935, avant d'en être chassé pour son refus de prêter serment à Hitler.
Lieu du synode de 1934 où fut adoptée la Déclaration de Barmen, fondatrice de l'Église confessante.
Ville où le jeune Barth étudia auprès des théologiens libéraux dont il se détacha ensuite.
Objets typiques

Texte central de toute la pensée de Barth, qu'il considérait comme l'unique source de la connaissance de Dieu. Il en faisait une lecture renouvelée, attentive à la Parole vivante.

Barth écrivit à la main des milliers de pages de sa Dogmatique ecclésiale, son œuvre maîtresse restée inachevée. Ses manuscrits témoignent d'un travail quotidien et acharné.

Barth écoutait Mozart chaque matin avant de travailler et lui consacra même un petit livre. La musique du compositeur incarnait pour lui une joie et une liberté reflétant la création de Dieu.

Barth fumait volontiers le cigare ou la pipe pendant ses longues heures d'écriture. Il évoquait avec humour le café fort et le tabac qui accompagnaient sa rédaction de Barmen.

Comme pasteur réformé de Safenwil, Barth prêchait revêtu de la robe noire depuis la chaire de son temple. La prédication était au cœur de son ministère.

Manifeste de l'Église confessante rédigé en 1934, opposant la fidélité au Christ à l'idéologie nazie. Ce document devint un symbole de la résistance chrétienne.
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Vie quotidienne
Matin
Barth commençait sa journée en écoutant un disque de Mozart, qu'il jugeait indispensable avant tout travail. Il consacrait ensuite ses matinées à la lecture de la Bible et à l'écriture de sa Dogmatique.
Après-midi
L'après-midi était partagé entre la préparation de ses cours, la correspondance abondante et les rencontres avec étudiants et collègues. Professeur infatigable, il discutait volontiers des questions théologiques et politiques de son temps.
Soir
Le soir, Barth aimait poursuivre ses lectures, parfois un roman policier, et débattre avec ses proches. Il fumait sa pipe ou un cigare en réfléchissant aux pages du lendemain.
Alimentation
Sa table était celle, simple, de la bourgeoisie suisse et allemande de son époque : pain, fromage, plats mijotés. Il appréciait le bon café fort et un verre de vin lors des repas partagés.
Vêtements
Au quotidien, Barth portait le costume sobre et la cravate du professeur d'université du XXe siècle. Pour le culte, il revêtait la robe noire du pasteur réformé.
Habitat
Il vécut dans des presbytères et des maisons de professeur, à Safenwil, en Allemagne puis à Bâle. Son bureau, encombré de livres et de manuscrits, était le cœur de son travail.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Épître aux Romains (Der Römerbrief)
1919, refondu en 1922
Déclaration théologique de Barmen
1934
Dogmatique ecclésiale (Kirchliche Dogmatik)
1932-1967
Esquisse d'une dogmatique (Dogmatik im Grundriss)
1947
Wolfgang Amadeus Mozart
1956
Introduction à la théologie évangélique
1962






