Chef spirituel et temporel du Tibet, le 14e Dalaï-Lama est le représentant du bouddhisme tibétain dans le monde. Exilé en Inde depuis 1959 après l'invasion chinoise du Tibet, il mène un combat non-violent pour l'autonomie de son peuple. Prix Nobel de la Paix en 1989.
Dalaï-Lama
Tenzin Gyatso, 14e Dalaï-Lama
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Ma religion est simple. Ma religion est la gentillesse.»
« Si vous pensez que vous êtes trop petit pour faire une différence, essayez de dormir avec un moustique.»
Faits marquants
- 1935 : naissance à Taktser, dans la province d'Amdo (Tibet)
- 1940 : intronisé comme 14e Dalaï-Lama à Lhassa
- 1959 : exil en Inde après l'échec du soulèvement tibétain contre l'occupation chinoise
- 1989 : reçoit le prix Nobel de la Paix pour son combat non-violent
- 2011 : se retire de ses fonctions politiques, conservant son rôle spirituel
Œuvres & réalisations
Première autobiographie du Dalaï-Lama, rédigée après sa fuite, relatant l'histoire du Tibet et les circonstances de son exil. Traduite dans de nombreuses langues, elle fit connaître la cause tibétaine à l'Occident.
Discours prononcé devant le Congrès américain proposant une solution négociée : zone de paix au Tibet, fin de la colonisation chinoise, respect des droits humains et protection de l'environnement. Point de départ d'un dialogue diplomatique.
Ouvrage coécrit avec le psychiatre Howard Cutler, devenu un best-seller mondial traduit en 50 langues. Il synthétise la vision bouddhiste du bonheur et de la compassion, accessible à un public non-bouddhiste.
Réflexion sur les fondements d'une éthique universelle indépendante de toute religion. Le Dalaï-Lama y plaide pour une 'laïcité spirituelle' capable de guider une humanité plurielle.
Seconde autobiographie, couvrant les années d'exil, les négociations diplomatiques et la vie quotidienne à Dharamsala. Considérée comme le récit le plus complet de sa vie et de son combat.
Institution démocratique établie à Dharamsala, véritable gouvernement en exil avec parlement élu et administration. Le Dalaï-Lama en fut le chef politique jusqu'en 2011, date à laquelle il en transmit la direction à un président élu.
Anecdotes
En 1937, une équipe de moines fut envoyée dans tout le Tibet pour retrouver la réincarnation du 13e Dalaï-Lama. À Taktser, ils présentèrent au petit Lhamo Thondup, âgé de deux ans, un ensemble d'objets mélangés — dont certains appartenaient au défunt Dalaï-Lama. L'enfant saisit sans hésitation les objets qui lui avaient appartenu, s'exclamant en dialecte local : 'C'est à moi, c'est à moi !' Il fut alors reconnu comme le 14e Dalaï-Lama.
En mars 1959, au milieu du soulèvement tibétain contre l'occupation chinoise, le Dalaï-Lama fut contraint de fuir Lhassa déguisé en simple soldat. Voyageant de nuit à travers l'Himalaya, il traversa la frontière indienne à pied après quinze jours d'une marche épuisante dans des conditions extrêmes. Cette fuite dramatique marqua le début de soixante ans d'exil.
Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix en décembre 1989 à Oslo, le Dalaï-Lama dédia son discours au peuple tibétain, mais aussi à l'ensemble de l'humanité. Il y défendit l'idée d'une 'responsabilité universelle', affirmant que la paix mondiale ne pouvait advenir que si chaque individu cultivait la paix intérieure. Ce discours est depuis étudié dans de nombreux lycées à travers le monde.
Malgré les pressions répétées du gouvernement chinois, de nombreux chefs d'État ont reçu le Dalaï-Lama. En 1997, le président américain Bill Clinton le reçut à la Maison-Blanche. Pékin protesta vigoureusement, rappelant que la Chine considère le Dalaï-Lama comme un 'séparatiste dangereux'. Ces incidents diplomatiques illustrent la tension permanente entre droits humains et intérêts économiques avec la Chine.
Fervent défenseur du dialogue entre science et spiritualité, le Dalaï-Lama a participé depuis les années 1980 à de nombreuses conférences avec des neuroscientifiques. Il a notamment encouragé des études sur les effets de la méditation sur le cerveau, affirmant que la science et le bouddhisme cherchent tous deux à comprendre la réalité. Ces échanges ont contribué au développement des neurosciences contemplatives comme discipline académique.
Sources primaires
Le Tibet deviendrait une zone de paix — un sanctuaire ouvert où l'humanité et la nature pourraient vivre en harmonie. Il serait démilitarisé... La pratique de l'ahimsa (non-violence) serait encouragée dans le Tibet entier.
Je crois que la responsabilité universelle est la clé de la survie humaine. C'est la meilleure fondation pour la paix mondiale, pour l'utilisation équitable des ressources naturelles et, grâce à sa considération généreuse des générations à venir, pour le soin approprié de l'environnement.
Je suis né dans une étable, dans une petite maison de paysans. Ma mère me raconta plus tard que, la nuit de ma naissance, un vieux chien qui avait coutume de rôder autour de la maison se coucha à la porte et ne bougea pas.
Je propose des négociations entre la Chine et le Tibet pour un statut d'autonomie véritable pour l'ensemble du Tibet... Les Tibétains seraient responsables de leurs propres affaires intérieures, y compris l'éducation, la religion, la culture, la protection de l'environnement et l'économie.
Lieux clés
Petit village agricole de haute altitude où naquit Tenzin Gyatso le 6 juillet 1935. Aujourd'hui intégré à la province chinoise du Qinghai, le village est un lieu de pèlerinage discret pour les Tibétains.
Palais-forteresse construit au XVIIe siècle, résidence traditionnelle des Dalaï-Lamas. C'est ici que Tenzin Gyatso fut intronisé et gouverna jusqu'à sa fuite en 1959. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Ville du nord de l'Inde (Himachal Pradesh) où le gouvernement tibétain en exil s'est établi en 1960. C'est la résidence permanente du Dalaï-Lama depuis soixante ans, surnommée 'Petite Lhassa'.
Capitale norvégienne où le Dalaï-Lama reçut le Prix Nobel de la Paix en décembre 1989, dans la salle du Conseil municipal. Son discours d'acceptation est devenu un texte fondateur de l'éthique de la non-violence contemporaine.
Lieu où le Bouddha Shakyamuni atteignit l'Éveil sous l'arbre de la Bodhi. Le Dalaï-Lama y enseigne régulièrement, notamment lors des grands rassemblements du Kalachakra qui attirent des centaines de milliers de fidèles.
Objets typiques

Collier de 108 perles utilisé pour compter les mantras lors de la méditation quotidienne. Le Dalaï-Lama commence chaque journée avec plusieurs heures de prière en tenant son mala.

Vêtement traditionnel des moines tibétains, reconnaissable à ses teintes rouge bordeaux et or. La robe du Dalaï-Lama est devenue un symbole mondial du bouddhisme tibétain.

Fine écharpe de soie blanche offerte lors des rencontres respectueuses dans la tradition tibétaine. Le Dalaï-Lama en reçoit et en offre lors de chaque audience, ce qui lui en a valu des milliers.

Peinture sur soie représentant des divinités bouddhistes, notamment Avalokiteśvara (Chenrezig), dont le Dalaï-Lama est considéré comme l'incarnation. Son palais de Dharamsala en est orné.

Symbole à huit rayons représentant l'enseignement du Bouddha. Elle figure sur le drapeau du Tibet en exil et est omniprésente dans les cérémonies présidées par le Dalaï-Lama.

Le Dalaï-Lama porte des lunettes à monture fine depuis des décennies, devenues un élément distinctif de son image publique lors de ses discours et audiences dans le monde entier.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Le Dalaï-Lama se lève chaque matin à 3h30. Il consacre les premières heures de sa journée à la méditation, à la récitation de mantras et à la prière, souvent pendant quatre à cinq heures. Cette discipline monastique, acquise depuis l'enfance, est le cœur de sa vie spirituelle.
Après-midi
L'après-midi est consacré aux audiences, aux enseignements bouddhistes et aux rencontres avec des délégations du monde entier. Il reçoit aussi bien des chefs d'État que de simples pèlerins tibétains. Il suit également l'actualité internationale et lit des revues scientifiques, notamment en neurosciences.
Soir
La soirée est réservée à la lecture, à de courtes promenades dans le jardin de sa résidence de Dharamsala, et à une ultime session de méditation avant de se coucher tôt, généralement vers 19h. Il pratique également le yoga tibétain (tsa lung) pour maintenir sa forme physique.
Alimentation
Le Dalaï-Lama est végétarien depuis les années 1960, conformément aux principes bouddhistes de non-violence envers les êtres vivants. Son alimentation quotidienne se compose de tsamba (farine d'orge grillée, aliment de base tibétain), de légumes, de riz et de thé au beurre de yak, boisson traditionnelle tibétaine.
Vêtements
Il porte en toutes circonstances la robe monastique bouddhiste tibétaine : un drap rouge bordeaux drapé sur l'épaule gauche, laissant l'épaule droite découverte, avec une tunique jaune safran. Cette tenue, identique à celle de tous les moines, symbolise son refus des distinctions sociales. Il est souvent reconnaissable à ses lunettes à monture métallique.
Habitat
Le Dalaï-Lama vit dans une villa modeste de Dharamsala (nord de l'Inde), entouré d'un jardin. Loin du faste du Palais du Potala de Lhassa, sa résidence en exil reflète une simplicité voulue. Il y reçoit visiteurs et délégations, et l'on y trouve une salle de méditation, une bibliothèque et des thangkas (peintures sacrées) tibétaines.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mon pays et mon peuple (My Land and My People)
1962
Plan de paix en cinq points pour le Tibet
1987
L'Art du bonheur (The Art of Happiness)
1998
Éthique pour le nouveau millénaire (Ethics for the New Millennium)
1999
La Liberté en exil (Freedom in Exile)
1990
Gouvernement tibétain en exil (CTA)
1959 — en cours






