Katharine Burr Blodgett(1898 — 1979)

Katharine Burr Blodgett

États-Unis

6 min de lecture

SciencesTechnologieScientifiqueXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, à l'époque de l'essor de la recherche industrielle américaine et de l'entrée progressive des femmes dans les sciences.

Physicienne et inventrice américaine (1898-1979), première femme docteure en physique de l'université de Cambridge et première femme scientifique recrutée par General Electric. Elle est connue pour l'invention du verre antireflet (verre « invisible »).

Questions fréquentes

Katharine Burr Blodgett (1898-1979) était une physicienne et inventrice américaine, pionnière dans la recherche industrielle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle fut la première femme docteure en physique de l'université de Cambridge (1926) et la première scientifique femme recrutée par General Electric. Son invention majeure, le verre antireflet (1938), rend le verre presque invisible en supprimant les reflets par interférence lumineuse. Cette découverte équipa les objectifs photo, les lunettes et les périscopes de sous-marins, changeant notre quotidien sans qu'on y pense.

Faits marquants

  • Née en 1898 à Schenectady (État de New York), morte en 1979.
  • Première femme à obtenir un doctorat de physique à l'université de Cambridge en 1926.
  • Première femme scientifique embauchée par General Electric, où elle collabore avec Irving Langmuir.
  • Invente en 1938 le verre antireflet (« verre invisible »), utilisé en optique, photographie et cinéma.
  • Développe les films de Langmuir-Blodgett et une jauge de couleur pour mesurer l'épaisseur des couches minces.

Œuvres & réalisations

Doctorat de physique de Cambridge (1926)

Première femme à obtenir ce diplôme à Cambridge, après des recherches sur le comportement des électrons dans la vapeur de mercure ionisée.

Méthode des films monomoléculaires (films de Langmuir-Blodgett) (1935)

Technique permettant d'empiler des couches de molécules une à une avec une précision extrême ; encore utilisée aujourd'hui en nanotechnologie.

Jauge de couleur (color gauge) (1935)

Instrument simple et ingénieux pour mesurer des épaisseurs de l'ordre d'une molécule grâce aux couleurs réfléchies.

Verre antireflet (« verre invisible ») (1938)

Invention majeure supprimant les reflets du verre ; appliquée aux objectifs photo, lunettes, projecteurs et périscopes.

Travaux de guerre (écrans de fumée et dégivrage) (1942)

Mise au point d'écrans de fumée protecteurs et de techniques de dégivrage des ailes d'avion pendant la Seconde Guerre mondiale.

Huit brevets américains (1917-1963)

Ensemble de brevets déposés au cours de sa carrière chez General Electric, témoignant de son inventivité dans le domaine des surfaces et de l'optique.

Anecdotes

Le père de Katharine, avocat spécialisé dans les brevets pour General Electric, fut tué par un cambrioleur quelques semaines avant sa naissance en 1898. La petite fille grandit donc sans jamais connaître son père, mais entourée par le monde des inventions et des laboratoires qui marquera toute sa vie.

À 15 ans, lors d'une visite des laboratoires de General Electric, elle rencontre le grand chimiste Irving Langmuir. Impressionné par sa curiosité, il lui conseille de pousser ses études scientifiques avant de revenir : elle suivra son conseil et deviendra, en 1918, la première femme scientifique embauchée par l'entreprise.

En 1926, elle devient la toute première femme à obtenir un doctorat de physique à l'université de Cambridge, en travaillant au célèbre laboratoire Cavendish dirigé par Ernest Rutherford. À une époque où les femmes étaient rares dans les sciences, c'est un exploit retentissant.

En 1938, elle met au point un « verre invisible » : un verre recouvert d'une couche si fine qu'elle supprime presque tous les reflets. Pour le prouver, on photographiait deux cadres côte à côte — l'un brillant de reflets gênants, l'autre parfaitement transparent, comme s'il n'y avait pas de verre du tout. Cette invention équipa caméras, lunettes et périscopes.

Pour mesurer des couches mille fois plus fines qu'un cheveu, elle inventa une « jauge de couleur » : en déposant des couches de molécules une à une, l'épaisseur se lisait directement grâce aux couleurs réfléchies, sans appareil compliqué. C'était une règle à mesurer à l'échelle des molécules.

Sources primaires

Films Built by Depositing Successive Monomolecular Layers on a Solid Surface (Journal of the American Chemical Society) (1935)
Blodgett y décrit comment empiler, une à une, des couches de molécules d'épaisseur unique sur une surface solide afin d'obtenir des films d'une régularité parfaite. C'est l'acte de naissance des films dits « de Langmuir-Blodgett ».
Use of Interference to Extinguish Reflection of Light from Glass (Physical Review) (1939)
L'article explique comment une couche mince déposée sur le verre annule les reflets par interférence lumineuse, rendant le verre presque invisible. C'est la base scientifique du verre antireflet.
Built-Up Films of Barium Stearate and Their Optical Properties (Physical Review), avec Irving Langmuir (1937)
Blodgett et Langmuir y détaillent la fabrication de films de stéarate de baryum couche par couche et leurs propriétés optiques, notamment l'apparition de couleurs selon l'épaisseur.
Brevet américain « Film Structure and Method of Preparation » (US Patent 2,220,660) (1940)
Le brevet protège le procédé de fabrication des couches minces antireflet appliquées au verre, fruit des recherches de Blodgett chez General Electric.

Lieux clés

Schenectady (État de New York)

Ville natale de Blodgett et siège du grand laboratoire de recherche de General Electric, où elle passa l'essentiel de sa carrière. Elle y mourut en 1979.

Bryn Mawr College (Pennsylvanie)

Université féminine prestigieuse où Katharine obtint sa licence en 1917, étudiant les mathématiques et la physique.

Université de Chicago

Elle y décrocha son master de physique en 1918, travaillant notamment sur l'adsorption des gaz par le charbon (utile pour les masques à gaz).

Laboratoire Cavendish, Cambridge (Angleterre)

Haut lieu de la physique mondiale dirigé par Ernest Rutherford, où Blodgett devint en 1926 la première femme docteure en physique de Cambridge.

Voir aussi