Käthe Kollwitz(1867 — 1945)

Käthe Kollwitz

république de Weimar, Empire allemand

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Arts visuelsXXe siècleAllemagne de la fin du XIXe siècle au régime nazi, traversant l'Empire wilhelmien, la Première Guerre mondiale, la République de Weimar et la Seconde Guerre mondiale

Käthe Kollwitz (1867-1945) est une artiste allemande, graveuse et sculptrice. Son œuvre engagée dépeint la misère ouvrière, la guerre et le deuil maternel. Elle fut la première femme élue à l'Académie des arts de Prusse en 1919.

Questions fréquentes

Käthe Kollwitz (1867-1945) est une artiste allemande majeure, connue pour ses gravures et sculptures engagées. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a mis son art au service des causes sociales et pacifistes, dénonçant la misère ouvrière et les horreurs de la guerre. Elle fut la première femme élue à l'Académie des arts de Prusse en 1919, un fait remarquable pour l'époque. Son œuvre, comme le cycle La Guerre ou l'affiche « Plus jamais la guerre ! », a marqué l'art social allemand et continue d'inspirer des générations.

Citations célèbres

« Je veux agir dans ce temps où les hommes sont si désemparés et ont besoin d'aide.»

Faits marquants

  • Naissance en 1867 à Königsberg, en Prusse-Orientale
  • Cycle de gravures « La Révolte des tisserands » (1893-1897), inspiré de la pièce de Gerhart Hauptmann
  • Cycle « La Guerre des paysans » (1902-1908), consacré aux révoltes paysannes du XVIe siècle
  • Première femme élue à l'Académie des arts de Prusse en 1919
  • Perte de son fils Peter en 1914 au front, deuil qui inspira le mémorial « Les Parents en deuil » (1932)
  • Exclue de l'Académie par les nazis en 1933 ; mort en 1945 à Moritzburg

Œuvres & réalisations

Un soulèvement de tisserands (Ein Weberaufstand) (1893-1897)

Cycle de six estampes inspiré de la pièce de Hauptmann, qui révèle Kollwitz et marque l'art social allemand.

La Guerre des paysans (Bauernkrieg) (1902-1908)

Suite de sept gravures sur la révolte paysanne du XVIe siècle, dominée par la figure héroïque de « La Charrue » et de « Schwarze Anna ».

Les Parents en deuil (Die trauernden Eltern) (1914-1932)

Couple de statues agenouillées élevé sur la tombe de son fils Peter, l'un des plus poignants monuments pacifistes de la Grande Guerre.

Cycle La Guerre (Krieg) (1922-1923)

Sept gravures sur bois aux noirs puissants dénonçant les souffrances des mères, des veuves et des enfants face à la guerre.

Affiche « Plus jamais la guerre ! » (Nie wieder Krieg) (1924)

Lithographie devenue emblème du pacifisme, réalisée pour une journée de la jeunesse social-démocrate.

La Mère avec son enfant mort (Pietà) (1937-1938)

Petite sculpture d'une mère tenant son fils mort, agrandie après 1945 pour la Neue Wache de Berlin, mémorial des victimes de la guerre et de la tyrannie.

La Mort (Tod) (1934-1937)

Cycle ultime de huit lithographies où l'artiste affronte la mort sous toutes ses formes, méditation personnelle au soir de sa vie.

Autoportraits (1888-1943)

Série de plus de cent dessins, gravures et sculptures où Kollwitz s'examine sans complaisance, formant une autobiographie en images.

Anecdotes

En 1898, le jury de la Grande Exposition de Berlin proposa de décerner une médaille d'or à Käthe Kollwitz pour son cycle gravé sur la révolte des tisserands. L'empereur Guillaume II opposa son veto, jugeant cet « art du ruisseau » indigne d'une récompense officielle. Le scandale fit au contraire connaître la jeune artiste dans toute l'Allemagne.

Son fils cadet Peter, engagé volontaire, fut tué dès octobre 1914, quelques jours après son départ pour le front de Flandre. Käthe Kollwitz mit près de vingt ans à achever le monument funéraire en son honneur, « Les Parents en deuil », deux statues agenouillées qu'elle sculpta à son image et à celle de son mari.

En 1919, elle devint la première femme élue à l'Académie des arts de Prusse, ce qui lui valut le titre de professeur et un atelier. En 1933, après l'arrivée des nazis au pouvoir, elle fut contrainte de démissionner pour avoir signé un appel contre Hitler.

La Gestapo la convoqua et la menaça de l'envoyer en camp de concentration ; son grand âge et sa renommée internationale la protégèrent sans doute de la déportation. Ses œuvres furent retirées des musées et exclues des expositions sous le régime nazi.

Pendant des décennies, Käthe Kollwitz tint un journal intime et écrivit de nombreuses lettres où elle confiait ses doutes d'artiste et son chagrin de mère. Ces écrits, publiés après sa mort, font d'elle l'une des artistes dont on connaît le mieux la vie intérieure.

Sources primaires

Journal de Käthe Kollwitz (Die Tagebücher) (1922)
Je veux agir dans ce temps où les hommes sont si désemparés et ont besoin d'aide.
Lettre à propos de la mort de son fils Peter (octobre 1914)
Il y a en moi une plaie qui ne se refermera jamais. Mon Peter, je veux te rester fidèle.
Souvenirs (Rückblick / Erinnerungen) (1923)
Le motif de la mère qui protège son enfant m'a toujours occupée ; c'est un thème vers lequel je suis revenue sans cesse.
Note de journal sur son engagement (1920)
On m'a souvent reproché la tendance de mon art. Mais je suis d'accord pour qu'il ait une direction, tant qu'il reste vivant.

Lieux clés

Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad)

Ville de Prusse-Orientale où Käthe Schmidt naît en 1867 et grandit dans une famille cultivée et engagée. Elle y reçoit ses premières leçons de dessin.

Berlin, quartier de Prenzlauer Berg

Le couple Kollwitz s'installe en 1891 dans ce quartier ouvrier où Karl exerce comme médecin des pauvres. Käthe y observe la misère qui inspire toute son œuvre.

Académie des arts de Prusse, Berlin

Institution où elle est élue première femme membre en 1919, obtenant titre de professeur et atelier. Elle est contrainte d'en démissionner en 1933.

Cimetière militaire allemand de Vladslo (Flandre, Belgique)

Site où repose son fils Peter, tombé en 1914, et où elle installe en 1932 son monument « Les Parents en deuil ». Lieu de mémoire majeur de la Grande Guerre.

Moritzburg, près de Dresde

Réfugiée des bombardements de Berlin, Kollwitz passe ses derniers mois dans cette petite ville saxonne où elle meurt le 22 avril 1945, peu avant la fin de la guerre.

Voir aussi