Khalil Gibran(1883 — 1931)

Khalil Gibran

Empire ottoman, République libanaise sous mandat français, État du Grand Liban

7 min de lecture

LettresArts visuelsSpiritualitéPoète(sse)ArtisteÉcrivain(e)XXe siècleDébut du XXe siècle, entre le Liban ottoman et les États-Unis ; époque du renouveau de la littérature arabe (Nahda) et de la bohème artistique new-yorkaise.

Poète, écrivain et peintre libanais (1883-1931), figure majeure de la littérature de l'émigration arabe (Mahjar). Auteur du recueil de proses poétiques Le Prophète (1923), l'un des livres les plus lus au monde, il écrivit en arabe et en anglais.

Questions fréquentes

Khalil Gibran (1883-1931) est un poète, écrivain et peintre libanais, figure centrale de la littérature arabe d'émigration (Mahjar). Ce qu'il faut retenir, c'est que son chef-d'œuvre Le Prophète (1923) est devenu l'un des livres les plus lus au monde, traduit en plus de cent langues. Moins un simple recueil de poèmes qu'une somme de méditations sur l'amour, la liberté ou la mort, il a touché des générations entières, notamment dans les années 1960. Ce qui rend Gibran singulier, c'est qu'il a su mêler spiritualité universelle, influences orientales et modernité occidentale, tout en restant ancré dans sa culture libanaise.

Citations célèbres

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. »
« Ensemble vous serez à jamais... Mais laissez des espaces dans votre communion. »
« Le travail est l'amour rendu visible. »

Faits marquants

  • Naît en 1883 à Bcharré, dans le Mont-Liban alors sous domination ottomane.
  • Émigre aux États-Unis en 1895 et s'installe à Boston, puis à New York.
  • Publie Le Prophète en 1923, son œuvre la plus célèbre, écrite en anglais.
  • Anime le mouvement littéraire de l'émigration arabe (al-Mahjar) avec la Ligue de la plume (1920).
  • Meurt à New York en 1931 ; il est inhumé à Bcharré, au Liban.

Œuvres & réalisations

Al-Musiqah (La Musique) (1905)

Son tout premier ouvrage publié en arabe, court essai poétique qui annonce sa carrière d'écrivain.

Les Nymphes des vallées (Ara'is al-Muruj) (1906)

Recueil de récits situés au Liban, où il critique l'injustice sociale et le pouvoir religieux.

Les Esprits rebelles (Al-Arwah al-Mutamarrida) (1908)

Nouvelles contestataires qui firent scandale au Levant et le posèrent en voix de la révolte.

Les Ailes brisées (Al-Ajniha al-Mutakassira) (1912)

Roman d'amour tragique, jalon de la prose arabe moderne et de la littérature de l'émigration.

Le Fou (The Madman) (1918)

Son premier livre écrit directement en anglais, recueil de paraboles et d'aphorismes.

Le Prophète (The Prophet) (1923)

Chef-d'œuvre composé de 26 méditations du sage Al-Mustafa ; l'un des livres les plus lus au monde.

Sable et écume (Sand and Foam) (1926)

Recueil d'aphorismes et de maximes poétiques sur l'amour, l'art et la condition humaine.

Jésus, fils de l'Homme (Jesus, the Son of Man) (1928)

Portrait du Christ vu par 77 voix de contemporains imaginaires, somme de sa pensée spirituelle.

Anecdotes

Khalil Gibran naît en 1883 à Bsharri, un village perché au-dessus de la Vallée sainte de la Qadisha et de la fameuse forêt des Cèdres du Liban. Trop pauvre pour aller à l'école, il reçoit l'enseignement de sa mère, qui lui apprend l'arabe, le syriaque et la musique, et nourrit son imagination de contes et de la Bible.

Quand la famille émigre à Boston en 1895, un employé de l'école américaine écorche son nom à l'inscription : le triple « Gibran Khalil Gibran » devient simplement « Kahlil Gibran ». Cette orthographe fautive le suivra toute sa vie et c'est sous ce nom anglicisé qu'il deviendra célèbre dans le monde entier.

À Boston, le jeune Gibran est remarqué par le photographe et éditeur d'avant-garde Fred Holland Day, qui le prend comme modèle et l'initie à l'art et à la photographie. Peu après, sa rencontre avec Mary Haskell, directrice d'école, change sa vie : elle devient sa mécène, finance ses études d'art à Paris et corrige son anglais pendant des années.

Entre 1902 et 1903, la tuberculose emporte coup sur coup sa mère, son demi-frère et l'une de ses sœurs. Seule sa sœur Marianna survit avec lui ; elle travaille comme couturière pour les faire vivre tous les deux pendant que Gibran tente de percer comme artiste.

Publié en 1923, « Le Prophète » ne connaît qu'un succès modeste au départ, mais ses ventes ne cessent de grimper. Traduit en plus de cent langues et porté par la jeunesse des années 1960, il est devenu l'un des livres les plus lus de tous les temps, faisant de Gibran l'un des poètes les plus vendus de l'histoire après Shakespeare et Lao Tseu.

Sources primaires

Le Prophète (1923)
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous, et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Le Prophète (1923)
Le travail est l'amour rendu visible. Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux quitter votre travail.
Sable et écume (1926)
La moitié de ce que je dis n'a pas de sens ; mais je le dis pour que l'autre moitié puisse t'atteindre.
Le Fou (1918)
C'est en perdant mes masques que je suis devenu fou — et c'est dans cette folie que j'ai trouvé à la fois la liberté et la sécurité.

Lieux clés

Bsharri (Mont-Liban)

Village natal de Gibran, perché au-dessus de la Vallée sainte de la Qadisha et de la forêt des Cèdres. Paysage de montagne qui hantera toute son œuvre.

Boston, South End

Quartier d'immigrants où s'installe la famille en 1895. C'est là que Gibran découvre l'art occidental et fait ses premières rencontres décisives.

Beyrouth, Collège de la Sagesse

École où Gibran revient étudier l'arabe classique, la littérature et la culture du Levant entre 1898 et 1902. Il y affermit sa langue maternelle d'écrivain.

Paris, Académie Julian

Atelier d'art parisien où Gibran se forme entre 1908 et 1910, grâce au soutien de Mary Haskell. Il y admire Rodin et la peinture symboliste.

New York, Greenwich Village

Atelier-studio qu'il appelle « l'Ermitage », au 51 West Tenth Street. Centre de sa vie créatrice et des réunions de la Ligue de la plume ; il y meurt en 1931.

Monastère Mar Sarkis, Bsharri

Ancien ermitage racheté pour accueillir le tombeau de Gibran selon son vœu. Devenu aujourd'hui le Musée Gibran, il conserve ses manuscrits et ses peintures.

Voir aussi