Kiya(1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.)
Kiya
Égypte antique
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Épouse secondaire du pharaon Akhenaton, Kiya occupa une place singulière à la cour d'Amarna au XIVe siècle av. J.-C. Son identité et ses origines restent en partie mystérieuses, bien que son nom et ses représentations figurent sur plusieurs monuments de la période amarnienne.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Kiya est attestée comme épouse secondaire (« bien-aimée ») du pharaon Akhenaton, vers 1345 av. J.-C.
- Son nom apparaît sur des vases canopes et des reliefs découverts à Tell el-Amarna (ancienne Akhetaton).
- Certains égyptologues ont émis l'hypothèse qu'elle serait d'origine étrangère, peut-être mitannienne.
- Ses représentations ont été effacées ou réattribuées à d'autres personnages royaux après sa disparition de la cour.
- Elle aurait peut-être été la mère de Toutankhamon, selon certaines théories encore débattues.
Œuvres & réalisations
Chapelle solaire construite pour Kiya à Amarna, connue sous le nom de 'maison de l'ombre du soleil'. Ce privilège exceptionnel accordé à une épouse secondaire témoigne de son statut unique à la cour du pharaon hérétique.
Série de blocs de calcaire sculptés représentant Kiya dans des scènes rituelles et familiales aux côtés d'Akhenaton. Retrouvés à Hermopolis, ces blocs constituent le corpus iconographique principal permettant de l'identifier.
Certains reliefs de la tombe royale représentent Kiya dans un rôle maternel avec un enfant royal. Ces scènes funéraires sont particulièrement significatives pour comprendre sa place dans la succession amarnienne.
Ensemble funéraire de quatre jarres canopes destinées à la sépulture de Kiya, portant son nom et ses titres. Retrouvées réutilisées dans KV55, elles sont aujourd'hui l'un des rares objets matériels attestant son existence.
Anecdotes
Kiya portait un titre unique dans toute l'histoire de l'Égypte ancienne : « wrt hswt », traduit par « Grande Aimée ». Jamais accordé à une grande épouse royale, ce titre suggère qu'elle jouissait d'une faveur exceptionnelle auprès d'Akhenaton, distincte du statut officiel de Néfertiti — un rang à part, ni épouse principale ni simple concubine.
Après la disparition de Kiya, son nom et son visage furent systématiquement effacés des monuments d'Amarna. Ses représentations furent réattribuées aux princesses royales, notamment Méritaton. Cette pratique d'effacement mémoriel — que les historiens appellent « damnatio memoriae » — visait à nier toute existence officielle à un personnage tombé en disgrâce.
Certains égyptologues ont émis l'hypothèse que Kiya était en réalité Tadukhipa, une princesse mitannienne envoyée comme épouse diplomatique à la cour égyptienne par son père, le roi Tushratta. Son prénom égyptien « Kiya » pourrait être une adaptation phonétique de son nom étranger, une pratique courante pour les princesses étrangères intégrées à la cour pharaonique.
Des jarres canopes destinées à la sépulture de Kiya furent retrouvées en 1907 dans la mystérieuse tombe KV55 de la Vallée des Rois — réutilisées, leurs cartouches partiellement effacés. Ce réemploi de son matériel funéraire illustre avec force l'effacement délibéré de sa mémoire après la période amarnienne.
Kiya disposait de son propre temple solaire à Amarna, appelé « maison de l'ombre du soleil » (bit-shades). Ce privilège était normalement réservé à la grande épouse royale : qu'une épouse secondaire possède un lieu de culte personnel dédié à Aton en dit long sur la place tout à fait singulière qu'elle occupait dans l'entourage du pharaon hérétique.
Sources primaires
Le roi Tushratta écrit à Akhenaton pour négocier l'envoi de sa fille Tadukhipa et réclamer les statues d'or promises. Ces lettres établissent les échanges matrimoniaux entre les deux cours et fondent l'hypothèse de l'origine mitannienne de Kiya.
Ces blocs portent le nom et les représentations de Kiya avec son titre 'wrt hswt' (Grande Aimée). Ils documentent son statut particulier à la cour d'Amarna et l'existence de son propre sanctuaire solaire, retrouvés en remploi à Hermopolis.
Quatre jarres canopes inscrites au nom de Kiya furent retrouvées dans la tombe KV55, leurs cartouches partiellement martelés. Elles témoignent de la réappropriation de son matériel funéraire après sa disparition de la scène officielle.
Certains reliefs de la tombe royale représentent une épouse royale accompagnée d'un enfant, identifiée comme Kiya par son style de représentation distinctif. Ces scènes funéraires évoquent un rôle maternel d'importance dans la succession.
Lieux clés
Capitale fondée par Akhenaton en l'honneur d'Aton, c'est ici que Kiya vécut et fut représentée sur les murs des temples et palais. Abandonnée peu après la mort du pharaon, ses ruines constituent le principal site archéologique lié à Kiya.
Tombe mystérieuse où furent découverts en 1907 les objets funéraires réutilisés de Kiya, dont ses jarres canopes aux cartouches martelés. Ce site est central pour comprendre l'effacement de sa mémoire après la période amarnienne.
Ville voisine d'Amarna où des milliers de talatat amarniens furent réutilisés comme matériaux de construction. C'est là que furent retrouvés les blocs représentant Kiya et son temple solaire, permettant son identification.
Ancienne capitale religieuse de l'Égypte, où Akhenaton fit d'abord construire des temples à Aton avant de fonder Amarna. Kiya appartenait vraisemblablement à la cour royale dès ces premières années du règne.
Capitale présumée du royaume de Mitanni, patrie hypothétique de Kiya si elle est identifiée à la princesse Tadukhipa. Ce royaume entretenait des alliances diplomatiques étroites avec l'Égypte à travers des mariages royaux.





