Acteur, metteur en scène et théoricien russe, cofondateur du Théâtre d'art de Moscou en 1898. Il élabore une méthode de jeu fondée sur la sincérité émotionnelle qui révolutionne l'art dramatique mondial.
Konstantin Stanislavski(1863 — 1938)
Konstantin Stanislavski
Union soviétique, Empire russe
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Aimez l'art en vous-même et non vous-même dans l'art.»
« Il n'y a pas de petits rôles, il n'y a que de petits acteurs.»
Faits marquants
- Né en 1863 à Moscou dans une riche famille d'industriels
- Cofonde en 1898 le Théâtre d'art de Moscou avec Vladimir Nemirovitch-Dantchenko
- Crée en 1898 les pièces majeures d'Anton Tchekhov, dont 'La Mouette'
- Développe sa 'méthode' (system) de formation de l'acteur, exposée dans 'La Formation de l'acteur' (1936)
- Meurt en 1938 à Moscou
Œuvres & réalisations
Production fondatrice qui sauve la pièce et la réputation de Tchekhov, et lance le Théâtre d'art de Moscou.
Confirme l'alliance entre Stanislavski et Tchekhov et le style intime, psychologique, de la troupe.
Sommet du réalisme psychologique du Théâtre d'art, attentif aux silences et aux non-dits.
Plongée dans la misère sociale qui montre la portée engagée du théâtre naturaliste.
Dernière grande pièce de Tchekhov, créée par la troupe, devenue un classique du répertoire mondial.
Autobiographie où il raconte son parcours et expose la naissance de ses idées sur le jeu.
Méthode de jeu fondée sur la vérité émotionnelle qui influence tout le théâtre et le cinéma du XXe siècle.
Ouvrage majeur où il présente sa méthode sous forme de journal d'un élève comédien.
Anecdotes
Né Konstantin Alekseïev dans une famille d'industriels parmi les plus riches de Moscou, il choisit le nom de scène « Stanislavski » pour que ses proches n'aient pas honte de le voir monter sur les planches en amateur. Pendant des années, il mena une double vie : patron d'usine de fils d'or le jour, comédien passionné le soir.
En juin 1897, Stanislavski et Vladimir Nemirovitch-Dantchenko se retrouvent dans le restaurant moscovite du Bazar slave pour discuter d'un théâtre nouveau. La conversation dure dix-huit heures, de l'après-midi jusqu'au petit matin : ils y dessinent dans le détail ce qui deviendra le Théâtre d'art de Moscou.
La pièce « La Mouette » de Tchekhov avait été un fiasco retentissant à Saint-Pétersbourg en 1896, au point que l'auteur jura de ne plus jamais écrire pour la scène. La reprise par le Théâtre d'art en 1898 fut un tel triomphe que la mouette devint l'emblème de la troupe, brodé sur son rideau encore aujourd'hui.
Aux répétitions, Stanislavski lançait son célèbre « Je ne crois pas ! » (Ne viériou !) dès qu'un acteur sonnait faux. Cette exigence de vérité poussait les comédiens à fouiller leurs souvenirs et leurs émotions pour rendre chaque geste sincère.
En octobre 1928, lors du gala des trente ans du Théâtre d'art, Stanislavski est victime d'une crise cardiaque en pleine représentation. Il ne remontera plus jamais sur scène et consacrera sa dernière décennie à écrire et transmettre sa « méthode ».
Sources primaires
Aimez l'art en vous-même, et non vous-même dans l'art.
Ce petit mot « si » agit comme un levier qui nous soulève hors du monde réel pour nous porter dans celui de l'imagination.
Il n'existe pas de petits rôles, il n'existe que de petits acteurs.
Le théâtre commence au vestiaire : tout, dans la maison, doit respirer le respect du travail de l'acteur et du spectateur.
Lieux clés
Ville natale de Stanislavski, où il vécut, travailla et mourut. Capitale culturelle russe où il révolutionna l'art dramatique.
Théâtre qu'il cofonde en 1898 et où il met en scène les pièces de Tchekhov et de Gorki. Laboratoire de son fameux « système ».
Lieu de la conversation de dix-huit heures avec Nemirovitch-Dantchenko en 1897 qui donna naissance au Théâtre d'art. Restaurant célèbre de la rue Nikolskaïa.
Propriété familiale à la campagne près de Moscou où Stanislavski passait ses étés et jouait du théâtre amateur dès sa jeunesse. Tchekhov y séjourna et s'en inspira.
Ville de la Côte d'Azur où Stanislavski séjourna pour soigner sa santé fragile et travailla à la rédaction de ses ouvrages théoriques.
Objets typiques

Silhouette d'une mouette devenue le symbole du Théâtre d'art de Moscou après le triomphe de la pièce de Tchekhov en 1898. Elle orne le rideau de scène et le logo de la troupe.

Cahier de régie où Stanislavski notait minutieusement déplacements, intentions et émotions de chaque rôle. Outil de travail central de sa méthode de répétition.

Petites lunettes posées sur le nez sans branches, accessoire courant des hommes cultivés de la fin du XIXe siècle. Stanislavski le portait, comme nombre d'intellectuels russes de son temps.

Grande bouilloire russe en métal servant à préparer le thé en continu, présente dans presque tous les foyers. Pour son théâtre naturaliste, Stanislavski exigeait sur scène de vrais objets du quotidien comme celui-ci.

Reconstitution fidèle d'intérieurs, avec meubles, tentures et objets réels, là où le théâtre traditionnel se contentait de toiles peintes. Cette recherche d'illusion vraie était une marque du Théâtre d'art.

Tenture qui s'ouvre et se ferme au début et à la fin des actes, marquant l'entrée dans la fiction. Celui du Théâtre d'art portait la mouette emblématique.
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Vie quotidienne
Matin
Jeune homme, Stanislavski commençait sa journée par les affaires familiales : il dirigeait une usine de fils d'or et d'argent héritée de son père. Le matin était consacré aux comptes, aux ouvriers et à la marche de l'entreprise.
Après-midi
L'après-midi glissait peu à peu vers sa vraie passion : lectures de pièces, croquis de décors et longues répétitions au théâtre. Il y travaillait chaque détail, reprenant inlassablement les acteurs jusqu'à obtenir la justesse.
Soir
Le soir appartenait à la scène : représentations devant le public ou répétitions tardives. Stanislavski jouait lui-même de grands rôles tout en observant et dirigeant sa troupe depuis la salle.
Alimentation
Comme la bourgeoisie moscovite de son temps, il prenait des repas copieux ponctués de thé brûlant servi au samovar. Soupes (comme le bortsch), pain noir, poissons et plats russes traditionnels composaient l'ordinaire.
Vêtements
Il portait le costume sombre, le col empesé et le pince-nez de l'homme cultivé de la Belle Époque russe. Grand et élégant, il soignait son allure, à la ville comme à la scène.
Habitat
Issu d'une famille fortunée, il vécut dans de vastes demeures moscovites et passa ses étés au domaine campagnard de Lioubimovka. Après la révolution de 1917, ses biens furent confisqués, mais l'État soviétique lui laissa un logement à Moscou.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mise en scène de « La Mouette » (Tchekhov)
1898
Mise en scène d'« Oncle Vania » (Tchekhov)
1899
Mise en scène des « Trois Sœurs » (Tchekhov)
1901
Mise en scène des « Bas-fonds » (Gorki)
1902
Mise en scène de « La Cerisaie » (Tchekhov)
1904
Ma vie dans l'art
1924






