Navigatrice polonaise née en 1936, elle devient en 1978 la première femme à accomplir un tour du monde en solitaire à la voile. Son exploit, réalisé à bord du voilier Mazurek, dure 401 jours.
Krystyna Chojnowska-Liskiewicz(1936 — 2021)
Krystyna Chojnowska-Liskiewicz
Pologne
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 15 juillet 1936 à Poznań, Pologne
- 1978 : première femme à boucler un tour du monde en solitaire à la voile
- Le voyage dure 401 jours (1976-1978) à bord du Mazurek
- Ingénieure navale de formation, elle allie compétences techniques et exploit sportif
- Récompensée par de nombreuses distinctions polonaises pour cet exploit
Œuvres & réalisations
Exploit sportif et humain consistant à naviguer seule à la voile autour du globe à bord du Mazurek en 401 jours. Cet accomplissement inscrit définitivement le nom de Chojnowska-Liskiewicz dans l'histoire de la navigation mondiale.
Récit autobiographique de la circumnavigation publié en polonais, traduit en plusieurs langues. L'ouvrage est considéré comme un témoignage précieux sur les conditions de navigation en solitaire dans les années 1970.
Avant son tour du monde, Chojnowska-Liskiewicz travailla comme ingénieure dans les chantiers navals polonais. Cette expertise technique fut déterminante dans la préparation et l'entretien du Mazurek durant la circumnavigation.
Avant son tour du monde, elle s'imposa comme l'une des meilleures navigatrices polonaises en compétition nationale, accumulant une expérience technique indispensable à son futur exploit.
Anecdotes
Krystyna Chojnowska-Liskiewicz était avant tout une ingénieure navale de formation. Diplômée de l'École polytechnique de Gdańsk, elle concevait des navires avant de décider d'en faire naviguer un seule autour du globe — une trajectoire rare pour l'époque, où les femmes étaient quasi absentes des chantiers navals et des grandes traversées océaniques.
Son voilier, le Mazurek, était un Ohlson 33 de 9,5 mètres — une embarcation relativement modeste pour une circumnavigation. Chojnowska-Liskiewicz avait participé activement à son armement et à sa préparation technique, mettant à profit ses compétences d'ingénieure pour optimiser chaque détail avant le départ de Las Palmas de Gran Canaria.
L'exploit s'accomplit dans le contexte particulier de la Pologne communiste : son voyage bénéficiait du soutien de l'État, qui y voyait une vitrine internationale. Pourtant, les communications radio avec sa famille restaient rares et difficiles depuis le milieu de l'océan, rendant son isolement d'autant plus pesant.
Au moment où elle bouclait son tour du monde en mars 1978, elle se trouvait en compétition non officielle avec la Britannique Naomi James, partie elle aussi pour une circumnavigation en solitaire. Chojnowska-Liskiewicz arriva la première à Las Palmas, s'assurant ainsi le titre de première femme à avoir accompli cet exploit dans l'histoire de la navigation mondiale.
À son retour en Pologne, elle fut accueillie en héroïne nationale. Le gouvernement lui décerna de nombreuses distinctions, dont l'Ordre du drapeau du travail. Son exploit fut célébré à la fois comme symbole de la fierté nationale polonaise et comme preuve éclatante de l'émancipation des femmes dans le sport de haut niveau.
Sources primaires
Récit autobiographique dans lequel Krystyna Chojnowska-Liskiewicz décrit jour après jour les étapes de sa circumnavigation, les tempêtes essuyées dans l'Atlantique Sud, les escales techniques et les moments de solitude absolue en haute mer.
Document attestant le départ de Las Palmas de Gran Canaria le 28 mars 1976 et le retour le 21 mars 1978, homologuant ainsi le tour du monde en solitaire de Krystyna Chojnowska-Liskiewicz comme le premier jamais accompli par une femme.
Le principal quotidien polonais de l'époque consacre sa une au retour de la navigatrice, la présentant comme « la fierté de la marine polonaise et une ambassadrice du pays sur tous les océans du monde ».
Lieux clés
Ville de naissance de Krystyna Chojnowska-Liskiewicz en 1936. Cité industrielle et universitaire de Pologne occidentale, elle a forgé le caractère rigoureux et méthodique de la future navigatrice.
Ville portuaire de la Baltique où Chojnowska-Liskiewicz a étudié l'ingénierie navale et développé sa passion pour la voile. C'est dans ce milieu maritime qu'elle a conçu et préparé son projet de circumnavigation.
Port de départ et d'arrivée du tour du monde de Chojnowska-Liskiewicz. Elle y appareilla le 28 mars 1976 et y revint triomphante le 21 mars 1978, bouclant officiellement sa circumnavigation historique.
Voie d'eau artificielle reliant l'Atlantique au Pacifique, traversée par le Mazurek lors de la première partie du voyage. Ce passage était une étape technique cruciale de la circumnavigation par l'ouest.
Pointe méridionale de l'Afrique, redoutée des marins pour ses vents violents et ses mers agitées. Le franchissement de ce cap marqua l'une des étapes les plus périlleuses du périple de Chojnowska-Liskiewicz.
Objets typiques

Voilier de 9,5 mètres construit sur un plan de conception suédoise. C'est à bord du Mazurek que Chojnowska-Liskiewicz a parcouru plus de 40 000 milles nautiques en 401 jours, affrontant tous les océans du globe.

Instrument de navigation astronomique permettant de mesurer la hauteur des astres pour déterminer la position du bateau en haute mer. En 1976-1978, le GPS n'existait pas encore et le sextant était indispensable à toute navigation au long cours.

Cartes nautiques représentant les fonds marins, les courants, les ports et les zones dangereuses. Chojnowska-Liskiewicz emportait des dizaines de cartes couvrant tous les océans traversés lors de sa circumnavigation.

Émetteur-récepteur à ondes courtes permettant des communications sur de longues distances. C'était le seul moyen pour la navigatrice de maintenir un contact sporadique avec la Pologne et de recevoir les bulletins météorologiques.

Registre officiel dans lequel le navigateur consigne chaque jour la position, la vitesse, la météo et les incidents. Le journal de bord du Mazurek a servi de base au récit autobiographique que Chojnowska-Liskiewicz publiera après son retour.

Combinaison imperméable et vêtements thermiques indispensables pour tenir la barre par mauvais temps. Lors des tempêtes de l'Atlantique Sud et du passage au cap de Bonne-Espérance, ces équipements étaient vitaux pour la navigatrice.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Chojnowska-Liskiewicz prenait sa position au sextant en observant le soleil levant, calculait sa route et consignait les données dans son journal de bord. Elle inspectait ensuite les voiles, le gréement et la coque pour détecter toute avarie survenue pendant la nuit.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la navigation active : réglage des voiles selon le vent, réparations mineures de l'équipement, écoute des bulletins météo à la radio HF, et entretien du moteur auxiliaire ou des instruments de navigation lorsque la mer le permettait.
Soir
En soirée, elle prenait une nouvelle position astronomique aux étoiles, planifiait l'étape du lendemain et rédigeait son journal de bord. Avant de s'accorder quelques heures de sommeil par quarts, elle programmait une alarme pour vérifier régulièrement la route et éviter tout abordage.
Alimentation
À bord du Mazurek, l'alimentation reposait essentiellement sur des conserves, des aliments lyophilisés et des provisions sèches (riz, pâtes, légumineuses) emportées au départ. Lorsque la mer était calme, elle pouvait compléter ses repas par des poissons pêchés à la traîne.
Vêtements
En mer, Chojnowska-Liskiewicz portait des vêtements fonctionnels : pull en laine, combinaison de quart imperméable et bottes de mer par mauvais temps. Dans les zones tropicales, elle optait pour des tenues légères, mais conservait toujours un ciré à portée de main.
Habitat
Le Mazurek offrait un espace de vie très réduit : une couchette étroite dans la cabine avant, un carré équipé d'une table à cartes, d'un réchaud à gaz et d'un poste radio. Vivre dans cet espace confiné pendant plus d'un an exigeait une organisation rigoureuse et une adaptation permanente aux mouvements du bateau.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Circumnavigation en solitaire à la voile — première mondiale féminine
28 mars 1976 – 21 mars 1978
Pierwsza dookoła świata (La première autour du monde)
1979
Carrière d'ingénieure navale à Gdańsk
Années 1960–1970
Palmarès national de voile en compétition
Années 1960–1970





