Le lamassu est une divinité protectrice de la Mésopotamie antique, représentée comme un génie ailé au corps de taureau (ou de lion), aux ailes d'aigle et à tête humaine barbue. Placées en gardiennes aux portes des palais et des cités assyriennes, ces figures monumentales repoussaient les forces du mal.
Lamassu
Lammasu
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Génie protecteur de la mythologie mésopotamienne associant tête humaine, corps de taureau ou de lion et ailes d'aigle
- Statues colossales érigées aux portes des palais assyriens, notamment sous Sargon II à Dur-Sharrukin (Khorsabad), vers 710 av. J.-C.
- Souvent sculpté avec cinq pattes pour paraître immobile de face et en marche de profil
- Exemplaires majeurs conservés au Louvre, au British Museum et au musée de l'Oriental Institute de Chicago
- Un lamassu monumental de Nimroud a été détruit par Daech en 2015, symbole du saccage du patrimoine mésopotamien
Œuvres & réalisations
Lamassu colossaux gardant les portes de la nouvelle capitale assyrienne. Devenus emblématiques, ils sont aujourd'hui au Louvre.
Parmi les plus anciens grands gardiens connus, partagés entre le British Museum et le Metropolitan Museum de New York.
Gardiens monumentaux d'un palais que le roi voulait le plus grand de tous, ornés d'inscriptions vantant ses constructions.
Gardiens d'une des portes de la cité, restés en place jusqu'à leur destruction en 2015. Symbole de la protection des remparts.
Reprise perse achéménide du motif assyrien, preuve de la diffusion du lamassu au-delà de la Mésopotamie.
Anecdotes
Vus de face, les lamassu semblent immobiles, solidement plantés ; mais de profil, on dirait qu'ils marchent. Le secret ? Les sculpteurs assyriens leur ont donné cinq pattes ! Ainsi la statue paraît complète et vivante sous tous les angles.
Les plus grands lamassu dépassent quatre mètres de haut et pèsent jusqu'à trente tonnes, taillés dans un seul bloc de pierre. Pour les déplacer, des centaines d'hommes les tiraient sur d'énormes traîneaux — une scène que les Assyriens ont eux-mêmes gravée sur les murs de leurs palais.
En 1843, le consul français Paul-Émile Botta déterre à Khorsabad d'immenses taureaux ailés à tête humaine. Quelques années plus tard, deux d'entre eux traversent la Méditerranée jusqu'à Paris : on peut encore les admirer au musée du Louvre, dans la grande cour de Khorsabad.
Entre les pattes des lamassu, les scribes gravaient de longues inscriptions cunéiformes racontant les victoires du roi. Ce texte servait à la fois de signature royale et de protection magique : la parole écrite renforçait la garde de la créature.
En 2015, le groupe État islamique a détruit plusieurs lamassu de la région de Mossoul, dont celui de la porte de Nergal à Ninive, âgé de près de 2 700 ans. Aujourd'hui, des moulages, des photographies et des reconstitutions numériques tentent de préserver leur mémoire.
Sources primaires
Mon dieu m'a délaissé et a disparu, ma déesse m'a abandonné et se tient à l'écart. Le bon génie (shêdu) qui marchait à mes côtés s'est éloigné, ma protectrice (lamassu) a pris la fuite.
Des taureaux protecteurs de pierre, gardiens veillant sur les pas du roi, je les fis dresser à droite et à gauche de ses portes.
À ses portes, je fis façonner et dresser de grands taureaux ailés et des génies de calcaire blanc, afin qu'ils repoussent le méchant et gardent les pas de qui les franchit.
Que le bon shêdu et la bonne lamassu se tiennent jour et nuit à la porte du palais, et qu'ils n'en partent jamais.
Lieux clés
Capitale fondée par Sargon II au VIIIe siècle av. J.-C. Ses portes étaient gardées par les lamassu les plus célèbres, aujourd'hui au Louvre.
Grande capitale assyrienne sur le Tigre, ornée du palais de Sennacherib. La porte de Nergal y portait de monumentaux taureaux ailés.
Ancienne capitale du roi Assurnasirpal II. Son palais comptait parmi les premiers grands lamassu mis au jour par les archéologues.
Cité royale perse où les rois achéménides reprirent le motif du taureau ailé à tête humaine, héritier direct des lamassu assyriens.
À Paris, la cour de Khorsabad expose les taureaux ailés de Sargon II. C'est l'un des lieux où l'on peut voir des lamassu authentiques.
Conserve plusieurs lamassu provenant de Nimroud et de Ninive, rapportés au XIXe siècle par Austen Henry Layard.
Objets typiques

Coiffe surmontée de plusieurs paires de cornes que porte le lamassu. En Mésopotamie, ce couvre-chef est le signe réservé aux dieux et aux êtres divins.

Bloc monumental de gypse ou d'albâtre dans lequel le lamassu est taillé, mi-statue mi-bas-relief. Adossé au mur, il encadre l'entrée des palais.

Long texte gravé entre les pattes du lamassu, racontant les exploits et les titres du roi. Il sert de signature et renforce la protection par la parole écrite.

Petit cylindre de pierre gravé que l'on roulait sur l'argile fraîche pour laisser une empreinte. Beaucoup montrent des génies ailés protecteurs comme le lamassu.

Petite statuette de terre cuite à l'image d'un génie gardien, enterrée dans une boîte de briques sous le sol des portes et des pièces. Elle protégeait la maison des démons.

Grandes ailes d'oiseau de proie greffées sur le corps du taureau ou du lion. Elles relient le lamassu au ciel et symbolisent sa puissance surnaturelle.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, le premier rayon de soleil éclaire le visage d'albâtre du lamassu dressé à la porte du palais. Immobile depuis la nuit, il accueille les visiteurs et jauge leurs intentions avant qu'ils ne franchissent le seuil.
Après-midi
Sous le soleil brûlant de Mésopotamie, le gardien reste figé, mais ses cinq pattes donnent l'illusion qu'il s'avance. Dignitaires, ambassadeurs et scribes passent entre ses pattes en lisant les inscriptions gravées dans la pierre.
Soir
Au crépuscule, c'est l'heure des démons : le lamassu monte sa garde contre les esprits malfaisants comme Lamashtu, qu'on croyait rôder dans l'ombre. La lueur des torches fait danser les ombres sur ses ailes déployées.
Alimentation
Génie divin, le lamassu ne mange pas de nourriture humaine. Il se « nourrit » des offrandes déposées à ses pieds : encens, libations de bière ou de vin, et parfums brûlés pour s'attirer sa faveur.
Vêtements
Il porte la tiare à cornes des dieux et une longue barbe soigneusement bouclée et tressée. Son corps de taureau ou de lion est couvert d'une fourrure finement ciselée, et de puissantes ailes d'aigle complètent sa silhouette.
Habitat
Sa demeure est le seuil : portes des palais et remparts des cités comme Dur-Sharrukin, Ninive ou Nimroud. Taillé dans l'albâtre ou le gypse, mi-statue mi-relief, il fait corps avec le mur qu'il protège.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Taureaux ailés du palais de Sargon II à Dur-Sharrukin
vers 713 av. J.-C.
Lamassu du palais d'Assurnasirpal II à Nimroud
vers 870 av. J.-C.
Taureaux ailés du palais « sans rival » de Sennacherib à Ninive
vers 690 av. J.-C.
Lamassu de la porte de Nergal à Ninive
VIIe siècle av. J.-C.
Taureaux ailés de la Porte de toutes les nations à Persépolis
vers 475 av. J.-C.






