Peintre américaine, figure majeure de l'expressionnisme abstrait. Pionnière du mouvement à New York, elle a développé une œuvre puissante longtemps éclipsée par celle de son époux Jackson Pollock, avant d'être pleinement reconnue.
Lee Krasner(1908 — 1984)
Lee Krasner
États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« I like a canvas to breathe and be alive.»
Faits marquants
- Née en 1908 à Brooklyn (New York) dans une famille d'immigrés juifs russes
- Se forme à la National Academy of Design dans les années 1920-1930
- Épouse le peintre Jackson Pollock en 1945, figure centrale de l'expressionnisme abstrait
- Réalise ses grandes séries de collages et de peintures abstraites dans les années 1950-1960
- Première femme peintre à bénéficier d'une rétrospective au Museum of Modern Art (MoMA) en 1984, année de sa mort
Œuvres & réalisations
Petites toiles à la facture dense, faite de signes répétés évoquant une écriture ; l'une de ses contributions majeures à l'abstraction.
Toile peinte juste avant la mort de Pollock, charnière vers un travail plus figuratif et organique.
Immense composition aux formes végétales et corporelles, affirmation puissante de son langage personnel.
Toiles peintes la nuit en bruns et blancs, gestes amples nés de l'insomnie après la mort de Pollock.
Grande toile aux couleurs vives faisant référence à la déesse-terre grecque, célébrant la force vitale et féminine.
Œuvres composées à partir de ses propres dessins découpés, recyclant des travaux jugés ratés.
Toile monumentale aux formes éclatantes, présentée lors de sa rétrospective londonienne.
Anecdotes
Née Lena Krassner à Brooklyn dans une famille d'immigrés juifs venus d'Ukraine, elle change de prénom pour « Lee », volontairement neutre. Dans un milieu artistique dominé par les hommes, ce prénom androgyne lui permet de ne pas être immédiatement cataloguée comme « femme peintre ».
Quand son professeur Hans Hofmann veut la complimenter, il lui dit : « C'est si bon qu'on ne dirait pas que c'est peint par une femme. » Ce compliment maladroit résume tout le sexisme du monde de l'art de l'époque, que Krasner devra combattre toute sa vie.
Insomniaque après la mort de Jackson Pollock, elle se met à peindre la nuit. Comme elle se méfie de sa perception des couleurs sous la lumière artificielle, elle travaille presque uniquement en brun (terre d'ombre) et blanc cassé : c'est la série des « Night Journeys » (Voyages nocturnes).
Krasner était une grande recycleuse de sa propre œuvre : insatisfaite, elle découpait ses anciens dessins et toiles — et parfois des travaux abandonnés de Pollock — pour les recomposer en collages. Détruire pour mieux recréer faisait partie de sa méthode.
Longtemps présentée seulement comme « la femme de Pollock », elle ne fut pleinement reconnue qu'à la fin de sa vie. En 1984, le MoMA de New York lui consacre une grande rétrospective, mais elle meurt quelques mois avant de pouvoir vraiment en savourer la consécration.
Sources primaires
I like a canvas to breathe and be alive. Be alive is the point. — J'aime qu'une toile respire et soit vivante. Être vivante, c'est tout l'enjeu.
Je n'ai jamais cessé de peindre. La peinture n'est pas séparée de la vie ; elle ne fait qu'un avec elle.
Je ne pouvais pas dormir, alors je peignais la nuit. Comme je ne me fiais pas à la couleur sous la lumière du soir, je suis restée dans les bruns et les blancs.
Lieux clés
Quartier de naissance de Lee Krasner, dans une famille d'immigrés juifs d'Ukraine établis aux États-Unis.
Écoles d'art new-yorkaises où Krasner reçut sa formation académique au dessin et à la peinture.
Krasner y étudie à la fin des années 1930 et s'imprègne des idées de l'avant-garde européenne.
Maison et grange-atelier où elle vécut avec Pollock à partir de 1945, et où elle produisit ses grandes œuvres après 1956.
Lieu de sa première grande rétrospective en 1965, marquant sa reconnaissance internationale.
Ville où Lee Krasner meurt en 1984, peu avant la rétrospective que lui consacre le MoMA.
Objets typiques

Outils essentiels de l'expressionniste abstrait, utilisés pour des gestes amples et énergiques sur de grandes toiles.

Support privilégié des peintres de l'École de New York, qui aimaient des dimensions enveloppant le spectateur.

Krasner découpait ses propres dessins et toiles rejetés pour les recomposer ; le collage était au cœur de sa pratique.

La peinture à l'huile, parfois mêlée à d'autres matières, fournissait la matière épaisse et les couleurs de ses compositions.

Après la mort de Pollock, Krasner s'approprie la grange-atelier de Springs, espace devenu mythique de l'expressionnisme abstrait.

Formée au dessin académique, Krasner remplissait des carnets de figures et de natures mortes avant de passer à l'abstraction.
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Vie quotidienne
Matin
Krasner organisait souvent sa matinée autour des affaires pratiques : gestion de la maison de Springs et, du vivant de Pollock, soutien à la carrière de son mari. Elle aimait observer la lumière naturelle avant d'envisager une journée de peinture.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail dans l'atelier, debout devant de grandes toiles, alternant moments d'observation prolongée et gestes rapides. Elle retravaillait, grattait, recommençait sans relâche, exigeante envers elle-même.
Soir
Le soir, surtout après 1956, son insomnie la poussait à peindre tard dans la nuit. C'est ainsi que naquirent les « Night Journeys », réalisées en bruns et blancs sous la lumière artificielle.
Alimentation
Son alimentation était celle d'une New-Yorkaise du XXe siècle, marquée par ses origines juives d'Europe de l'Est. À Springs, le couple recevait souvent amis et artistes autour de repas conviviaux.
Vêtements
Dans l'atelier, elle portait des vêtements de travail tachés de peinture, pratiques et amples. En ville et lors des vernissages, elle soignait davantage son allure, élégante et affirmée.
Habitat
Après 1945, elle vécut dans une maison de bois à Springs, sur Long Island, avec une grange transformée en atelier. Ce lieu, aujourd'hui musée (Pollock-Krasner House), fut le cœur de sa création.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Série « Little Image »
1946-1949
Prophecy
1956
The Seasons
1957
Série « Night Journeys »
1959-1962
Collages des années 1950
vers 1953-1955






