Biographie

Peintre américaine, figure majeure de l'expressionnisme abstrait. Pionnière du mouvement à New York, elle a développé une œuvre puissante longtemps éclipsée par celle de son époux Jackson Pollock, avant d'être pleinement reconnue.

Lee Krasner(1908 — 1984)

Lee Krasner

États-Unis

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe siècleAmérique du XXe siècle, essor de l'École de New York et de l'expressionnisme abstrait après la Seconde Guerre mondiale

Questions fréquentes

Lee Krasner (1908-1984) est une peintre américaine majeure de l'expressionnisme abstrait, mouvement qui a fait de New York le centre mondial de l'art après 1945. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a été une pionnière dans un milieu dominé par les hommes, développant un langage personnel fait de gestes amples et de collages audacieux. Longtemps éclipsée par son époux Jackson Pollock, elle a dû lutter contre le sexisme ambiant, comme le montre cette remarque de son professeur Hans Hofmann : « C'est si bon qu'on ne dirait pas que c'est peint par une femme. » Son œuvre, redécouverte à partir des années 1980, est aujourd'hui reconnue comme essentielle.

Citations célèbres

« I like a canvas to breathe and be alive.»

Faits marquants

  • Née en 1908 à Brooklyn (New York) dans une famille d'immigrés juifs russes
  • Se forme à la National Academy of Design dans les années 1920-1930
  • Épouse le peintre Jackson Pollock en 1945, figure centrale de l'expressionnisme abstrait
  • Réalise ses grandes séries de collages et de peintures abstraites dans les années 1950-1960
  • Première femme peintre à bénéficier d'une rétrospective au Museum of Modern Art (MoMA) en 1984, année de sa mort

Œuvres & réalisations

Série « Little Image » (1946-1949)

Petites toiles à la facture dense, faite de signes répétés évoquant une écriture ; l'une de ses contributions majeures à l'abstraction.

Prophecy (1956)

Toile peinte juste avant la mort de Pollock, charnière vers un travail plus figuratif et organique.

The Seasons (1957)

Immense composition aux formes végétales et corporelles, affirmation puissante de son langage personnel.

Série « Night Journeys » (1959-1962)

Toiles peintes la nuit en bruns et blancs, gestes amples nés de l'insomnie après la mort de Pollock.

Gaea (1966)

Grande toile aux couleurs vives faisant référence à la déesse-terre grecque, célébrant la force vitale et féminine.

Collages des années 1950 (vers 1953-1955)

Œuvres composées à partir de ses propres dessins découpés, recyclant des travaux jugés ratés.

Combat (1965)

Toile monumentale aux formes éclatantes, présentée lors de sa rétrospective londonienne.

Anecdotes

Née Lena Krassner à Brooklyn dans une famille d'immigrés juifs venus d'Ukraine, elle change de prénom pour « Lee », volontairement neutre. Dans un milieu artistique dominé par les hommes, ce prénom androgyne lui permet de ne pas être immédiatement cataloguée comme « femme peintre ».

Quand son professeur Hans Hofmann veut la complimenter, il lui dit : « C'est si bon qu'on ne dirait pas que c'est peint par une femme. » Ce compliment maladroit résume tout le sexisme du monde de l'art de l'époque, que Krasner devra combattre toute sa vie.

Insomniaque après la mort de Jackson Pollock, elle se met à peindre la nuit. Comme elle se méfie de sa perception des couleurs sous la lumière artificielle, elle travaille presque uniquement en brun (terre d'ombre) et blanc cassé : c'est la série des « Night Journeys » (Voyages nocturnes).

Krasner était une grande recycleuse de sa propre œuvre : insatisfaite, elle découpait ses anciens dessins et toiles — et parfois des travaux abandonnés de Pollock — pour les recomposer en collages. Détruire pour mieux recréer faisait partie de sa méthode.

Longtemps présentée seulement comme « la femme de Pollock », elle ne fut pleinement reconnue qu'à la fin de sa vie. En 1984, le MoMA de New York lui consacre une grande rétrospective, mais elle meurt quelques mois avant de pouvoir vraiment en savourer la consécration.

Sources primaires

Oral history interview with Lee Krasner, Archives of American Art (Smithsonian Institution) (1964-1968)
I like a canvas to breathe and be alive. Be alive is the point. — J'aime qu'une toile respire et soit vivante. Être vivante, c'est tout l'enjeu.
Entretien de Lee Krasner avec Cindy Nemser, « Art Talk » (1975)
Je n'ai jamais cessé de peindre. La peinture n'est pas séparée de la vie ; elle ne fait qu'un avec elle.
Déclaration de Lee Krasner sur son travail nocturne (série Night Journeys) (vers 1959-1962)
Je ne pouvais pas dormir, alors je peignais la nuit. Comme je ne me fiais pas à la couleur sous la lumière du soir, je suis restée dans les bruns et les blancs.

Lieux clés

Brooklyn, New York

Quartier de naissance de Lee Krasner, dans une famille d'immigrés juifs d'Ukraine établis aux États-Unis.

Cooper Union et National Academy of Design (Manhattan)

Écoles d'art new-yorkaises où Krasner reçut sa formation académique au dessin et à la peinture.

Atelier de Hans Hofmann, Greenwich Village

Krasner y étudie à la fin des années 1930 et s'imprègne des idées de l'avant-garde européenne.

Pollock-Krasner House, Springs (East Hampton, Long Island)

Maison et grange-atelier où elle vécut avec Pollock à partir de 1945, et où elle produisit ses grandes œuvres après 1956.

Whitechapel Gallery, Londres

Lieu de sa première grande rétrospective en 1965, marquant sa reconnaissance internationale.

New York City

Ville où Lee Krasner meurt en 1984, peu avant la rétrospective que lui consacre le MoMA.

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