Louis-Philippe Ier

Louis-Philippe Ier

1773 — 1850

France

LettresPhilosophiePolitiqueMusiqueArts visuelsXIXe siècleMonarchie de Juillet (1830-1848), entre Restauration et Deuxième République

Roi des Français de 1830 à 1848, Louis-Philippe Ier accède au pouvoir après la révolution des Trois Glorieuses. Sa Monarchie de Juillet incarne le triomphe de la bourgeoisie libérale avant d'être renversée par la révolution de 1848.

Faits marquants

  • Né le 6 octobre 1773 à Paris, fils du duc d'Orléans (Philippe Égalité)
  • Proclamé roi des Français le 9 août 1830 après la révolution des Trois Glorieuses (27-29 juillet 1830)
  • Son règne, la Monarchie de Juillet, repose sur la Charte révisée et un suffrage censitaire très restreint
  • Abdique le 24 février 1848 sous la pression de la révolution populaire
  • Meurt en exil à Claremont (Angleterre) le 26 août 1850

Œuvres & réalisations

Musée national de Versailles « À toutes les gloires de la France » (1837)

Louis-Philippe transforma le château de Versailles en musée historique national, réunissant près de 3 000 tableaux et 200 sculptures couvrant toute l'histoire de France. Ce projet de réconciliation nationale reste son œuvre la plus durable et fait de Versailles le premier grand musée d'histoire française.

Retour des cendres de Napoléon Ier aux Invalides (1840)

Louis-Philippe organisa le transfert solennel des restes de Napoléon depuis Sainte-Hélène jusqu'à Paris, devant des centaines de milliers de spectateurs. Cet événement politique majeur visait à réconcilier la France avec son passé impérial et à renforcer la légitimité orléaniste.

Inauguration de l'Arc de Triomphe (1836)

Commencé sous Napoléon en 1806, l'Arc de Triomphe fut achevé et inauguré sous Louis-Philippe, qui y fit graver la liste des victoires militaires françaises. Ce geste unissait symboliquement l'héritage révolutionnaire, impérial et monarchique.

Érection de l'obélisque de Louxor place de la Concorde (1836)

L'obélisque offert par le vice-roi d'Égypte fut érigé à la place où avait fonctionné la guillotine sous la Révolution, effaçant symboliquement ce lieu traumatique. Cette inauguration illustre la diplomatie culturelle et le goût pour les grands travaux de la Monarchie de Juillet.

Mémoires (rédigés en exil) (1800-1848, publiés posthumément)

Louis-Philippe rédigea des mémoires retraçant sa vie tumultueuse, de la Révolution à la Monarchie de Juillet. Ces écrits constituent une source précieuse sur la vie politique et le parcours exceptionnel de ce prince devenu roi par la volonté nationale.

Anecdotes

Louis-Philippe aimait se promener dans les rues de Paris avec un simple parapluie, sans escorte ni cérémonie. Cette habitude lui valut le surnom de « roi-citoyen » et devint le symbole de sa monarchie bourgeoise. Le caricaturiste Charles Philipon en fit un emblème moqueur, représentant souvent sa tête en forme de poire, image qui fit l'objet de poursuites judiciaires répétées.

Avant de devenir roi, Louis-Philippe vécut dix-neuf ans d'exil. Il enseigna la géographie dans un collège de Reichenau, en Suisse, sous le pseudonyme de « Monsieur Chabos ». Cette vie modeste l'éloigna de l'étiquette royale et forgea son image de prince libéral et instruit, proche des réalités ordinaires.

Jeune homme, Louis-Philippe combattit dans les armées révolutionnaires françaises et fut présent aux batailles de Valmy et de Jemappes en 1792 aux côtés du général Dumouriez. Il fut ainsi le seul roi de France à avoir porté les armes sous le drapeau tricolore, ce qui lui conférait une légitimité patriotique unique parmi les monarques de son époque.

En 1837, Louis-Philippe inaugura le musée de Versailles qu'il avait fait transformer à ses propres frais avec la devise « À toutes les gloires de la France ». Ce projet monumental visait à réconcilier tous les Français autour de leur histoire commune, des Mérovingiens à Napoléon, en réunissant près de 3 000 tableaux et 200 sculptures.

Le 15 décembre 1840, Louis-Philippe organisa le retour solennel des cendres de Napoléon Ier depuis Sainte-Hélène jusqu'aux Invalides à Paris. L'événement fut d'une ampleur extraordinaire : le cercueil traversa Paris dans un froid glacial devant des centaines de milliers de spectateurs, dans un geste politique ambigu cherchant à s'approprier la gloire napoléonienne.

Sources primaires

Mémoires de Louis-Philippe, duc d'Orléans (rédigés entre 1800 et 1848, publiés posthumément)
Je me suis toujours regardé comme un citoyen revêtu de la plus haute magistrature de l'État, et c'est comme citoyen que j'ai cherché à remplir mes devoirs envers la France.
Proclamation de Louis-Philippe acceptant la lieutenance générale du royaume (31 juillet 1830)
La Charte sera désormais une vérité. Je suis Français, j'ai partagé vos combats pour la liberté, je n'en renierai jamais les principes.
Charte constitutionnelle révisée de 1830 (9 août 1830)
Le gouvernement du Roi cherchera à se tenir également éloigné de deux excès également à éviter : le retour vers les institutions de l'Ancien Régime et les entreprises révolutionnaires.
Discours du trône à l'ouverture de la session parlementaire (23 décembre 1830)
Nous chercherons à nous tenir dans ce juste milieu également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal.
Lettre de Louis-Philippe à son fils le duc d'Aumale (vers 1840)
Le roi des Français n'est pas le roi de France. Je règne non par droit divin, mais par la volonté nationale, et c'est à la nation que je dois compte de mes actes.

Lieux clés

Palais-Royal, Paris

Résidence ancestrale des Orléans, le Palais-Royal fut le berceau politique de Louis-Philippe avant son accession au trône. C'est là qu'il reçut la délégation de députés qui lui proposa la couronne en juillet 1830.

Château de Versailles

Louis-Philippe transforma Versailles en musée national de l'histoire de France, inauguré en 1837, en y consacrant une fortune personnelle considérable. Il reste aujourd'hui son œuvre la plus durable et la plus visitée.

Château de Neuilly-sur-Seine

Résidence estivale préférée de Louis-Philippe et de sa famille, symbole de la vie bourgeoise et familiale de la monarchie orléaniste. Le château fut démoli après 1848 ; il ne reste aujourd'hui que l'avenue qui porte son nom.

Hôtel de Ville de Paris

C'est sur le balcon de l'Hôtel de Ville, enveloppé dans le drapeau tricolore aux côtés de La Fayette, que Louis-Philippe obtint sa légitimité populaire en juillet 1830. Cette scène symbolique lui permit de s'imposer face aux républicains.

Claremont House, Surrey (Angleterre)

Lieu d'exil final de Louis-Philippe après la révolution de 1848, où il s'éteignit le 26 août 1850. Cette demeure anglaise fut son dernier refuge, comme elle l'avait été pour d'autres souverains déchus d'Europe.

Voir aussi