Linda B. Buck(1947 — ?)

Linda B. Buck

États-Unis

6 min de lecture

SciencesBiologisteXXIe siècleTournant des 20e et 21e siècles, âge d'or de la biologie moléculaire et du décryptage du génome, marqué par la compréhension des mécanismes sensoriels au niveau cellulaire et génétique.

Linda Brown Buck est une biologiste américaine née en 1947. Elle a élucidé le fonctionnement du système olfactif, en découvrant la grande famille de gènes codant les récepteurs des odeurs. Ses travaux lui ont valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2004, partagé avec Richard Axel.

Questions fréquentes

Linda B. Buck est une biologiste américaine née en 1947 à Seattle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a percé le mystère de l'odorat en découvrant la famille de gènes qui code les récepteurs des odeurs. Avec Richard Axel, elle a publié en 1991 un article fondateur dans la revue Cell qui a révolutionné notre compréhension du système olfactif. Ses travaux lui ont valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2004.

Faits marquants

  • Née le 29 janvier 1947 à Seattle (État de Washington)
  • Publie en 1991 avec Richard Axel la découverte de la famille de gènes des récepteurs olfactifs
  • Reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2004, conjointement avec Richard Axel
  • Professeure et chercheuse au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle

Œuvres & réalisations

Découverte de la famille des gènes des récepteurs olfactifs (avec Richard Axel) (1991)

Identification d'environ mille gènes codant les récepteurs des odeurs : la base moléculaire de l'odorat, et la plus grande famille de gènes des mammifères.

Article fondateur dans la revue Cell (1991)

Publication scientifique qui pose les fondations de toute la recherche moderne sur l'olfaction et est citée des milliers de fois.

Démonstration de la règle « un neurone, un récepteur » (Années 1990-2000)

Travaux montrant que chaque neurone sensoriel du nez n'exprime qu'un seul type de récepteur, et comment le cerveau combine ces signaux pour reconnaître une odeur.

Cartographie des signaux olfactifs vers le bulbe olfactif (Années 1990-2000)

Recherches sur la manière dont les informations odorantes captées par le nez sont organisées et transmises au cerveau.

Prix Nobel de physiologie ou médecine (2004)

Récompense suprême honorant ses découvertes sur les récepteurs des odeurs et l'organisation du système olfactif.

Conférence Nobel « Unraveling the Sense of Smell » (2004)

Exposé de référence où elle synthétise des décennies de recherche sur le fonctionnement de l'odorat.

Anecdotes

En 1991, Linda Buck et Richard Axel publient une découverte stupéfiante : le nez humain repose sur une immense famille d'environ mille gènes, dédiés uniquement à la détection des odeurs. C'est la plus grande famille de gènes connue chez les mammifères, et elle explique enfin comment nous distinguons des milliers de parfums différents.

Buck a été aiguillée vers l'odorat après avoir lu, vers 1985, un article scientifique suggérant qu'il devait exister des récepteurs spécialisés pour les molécules odorantes. Fascinée par ce mystère non résolu, elle décide de consacrer ses recherches à percer le code moléculaire du sens le plus négligé par la science.

Elle et Axel ont démontré une règle élégante du système olfactif : chaque neuron du nez ne fabrique qu'un seul type de récepteur. Le cerveau reconstitue ensuite une odeur comme on lit un mot, en combinant les signaux de plusieurs récepteurs activés à la fois.

En 2004, elle reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine, partagé avec Richard Axel. Elle fait partie du petit nombre de femmes lauréates dans cette catégorie, et reçoit son prix à Stockholm des mains du roi de Suède.

En 2008, Linda Buck fait preuve d'une grande honnêteté scientifique : elle demande la rétractation d'un de ses articles (paru dans Nature en 2001) parce que certains résultats ne pouvaient pas être reproduits par son équipe. Pour les chercheurs, reconnaître publiquement une erreur est une marque d'intégrité essentielle.

Sources primaires

Buck L. & Axel R., « A novel multigene family may encode odorant receptors », revue Cell (1991)
Une nouvelle famille de gènes multiples pourrait coder les récepteurs des odeurs : une base moléculaire pour la reconnaissance des odeurs.
Linda B. Buck, conférence Nobel « Unraveling the Sense of Smell » (Démêler le sens de l'odorat) (2004)
La perception des odeurs commence par l'interaction des molécules odorantes avec des récepteurs situés sur les neurones sensoriels de la cavité nasale.
Autobiographie de Linda B. Buck, site officiel du prix Nobel (nobelprize.org) (2004)
Je suis née à Seattle, dans l'État de Washington. Mon père était ingénieur et adorait fabriquer des objets ; ma mère raffolait des jeux de mots et des énigmes.

Lieux clés

Seattle (État de Washington, États-Unis)

Ville natale de Linda Buck, où elle reviendra travailler après une longue carrière sur la côte est. Le cadre de son enfance et de la dernière partie de sa carrière.

Université de Washington, Seattle

Elle y obtient en 1972 son diplôme en psychologie puis en microbiologie, hésitant longtemps sur sa voie avant de choisir la biologie.

UT Southwestern Medical Center, Dallas (Texas)

Centre où Linda Buck obtient en 1980 son doctorat en immunologie, sa première grande spécialisation scientifique.

Université Columbia, New York

Dans le laboratoire de Richard Axel, Buck mène les recherches qui aboutissent à la découverte des récepteurs olfactifs en 1991.

Fred Hutchinson Cancer Research Center, Seattle

Institut de recherche où elle dirige son laboratoire à partir de 2002, poursuivant l'étude de l'odorat et de son traitement par le cerveau.

Stockholm (Suède)

Ville où elle reçoit le prix Nobel en décembre 2004 et prononce sa conférence Nobel sur le sens de l'odorat.

Voir aussi