Lycurgue est le législateur légendaire de Sparte, traditionnellement considéré comme le fondateur des institutions politiques, sociales et militaires de la cité (la « Grande Rhêtra »). Son existence historique est incertaine et relève en grande partie du mythe.
Lycurgue(250 av. J.-C. — 210 av. J.-C.)
Lycurgue
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Législateur légendaire de Sparte, daté par la tradition entre le IXe et le VIIe siècle av. J.-C.
- Aurait institué la « Grande Rhêtra », socle constitutionnel attribuant le pouvoir à la gérousie (conseil des anciens) et à l'assemblée des citoyens
- Associé à la création de l'agôgê, l'éducation collective et militaire des jeunes Spartiates
- Aurait promu l'égalité entre citoyens (homoioi, « les égaux ») par le partage des terres et l'austérité (eunomia)
- Plutarque lui consacre une « Vie » tout en soulignant l'incertitude entourant son existence réelle
Œuvres & réalisations
Texte constitutionnel fondateur attribué à Lycurgue, qui organise les institutions de Sparte (gérousie, rois, assemblée du peuple). C'est le cœur de l'œuvre législative lycurguéenne.
Conseil de 28 anciens de plus de 60 ans, plus les deux rois, chargé de préparer les lois et de juger. Il équilibre le pouvoir des rois et de l'assemblée.
Système d'éducation publique et militaire imposé aux garçons dès sept ans, fondé sur la discipline, l'endurance et l'esprit de groupe. Il forge l'identité du citoyen-soldat spartiate.
Tables collectives obligatoires où les citoyens mangeaient ensemble, indépendamment de leur fortune. Elles renforçaient l'égalité et la solidarité militaire.
Redistribution légendaire des terres en lots égaux entre les citoyens, visant à supprimer les écarts de richesse. Mesure attribuée à Lycurgue pour fonder une cité d'« égaux » (homoioi).
Organisation politique singulière de Sparte avec deux rois simultanés et un collège de magistrats surveillants. Cet équilibre des pouvoirs est rattaché à la tradition lycurguéenne.
Anecdotes
D'après Plutarque, Lycurgue aurait fait jurer aux Spartiates de respecter ses lois jusqu'à son retour, puis serait parti consulter l'oracle de Delphes pour ne jamais revenir : il se serait laissé mourir de faim afin que sa cité reste à jamais liée par son serment. Une histoire qui montre combien la tradition voulait que ses institutions soient intouchables.
Pour empêcher l'accumulation des richesses, la tradition rapporte que Lycurgue aurait interdit la monnaie d'or et d'argent au profit de lourdes barres de fer trempées dans le vinaigre, sans valeur ailleurs et impossibles à thésauriser. On disait qu'il fallait un attelage de bœufs pour transporter une grosse somme.
Lycurgue aurait institué les repas communs obligatoires (les syssities) où riches et pauvres mangeaient ensemble le même brouet noir, un bouillon de sang et de porc si peu appétissant qu'un roi étranger aurait déclaré comprendre enfin pourquoi les Spartiates ne craignaient pas la mort.
Selon Plutarque, Lycurgue voulut prouver l'importance de l'éducation en présentant deux chiens : l'un de bonne race mais mal dressé se jeta sur un plat, l'autre ordinaire mais bien éduqué se lança sur un lièvre. La nature compte moins que l'apprentissage, voulait-il démontrer aux Spartiates.
La tradition attribue à Lycurgue l'organisation de l'agôgê, l'éducation militaire collective où les garçons spartiates entraient dès l'âge de sept ans pour apprendre l'endurance, la discipline et le combat, fondant ainsi la réputation des guerriers de Sparte.
Sources primaires
« Sur Lycurgue le législateur, on ne peut rien dire absolument qui ne soit sujet à contestation, puisque sa naissance, ses voyages, sa mort, et par-dessus tout son œuvre législative, ont été rapportés de façons diverses. »
« Les Spartiates, abandonnant leurs mauvaises lois, adoptèrent celles de Lycurgue ; et lorsqu'il mourut, ils lui élevèrent un sanctuaire et lui rendent encore aujourd'hui de grands honneurs. »
« Après avoir bâti un temple à Zeus Syllanios et à Athéna Syllania, divisé le peuple en tribus et en obai, on établira un conseil de trente membres avec les rois ; et de saison en saison on convoquera l'assemblée du peuple. »
« Réfléchissant un jour sur Sparte, je me suis demandé comment cette cité, l'une des moins peuplées, s'était révélée la plus puissante et la plus renommée de la Grèce ; et j'ai compris que cela tenait aux institutions de Lycurgue. »
Lieux clés
Cité-État de Laconie dont Lycurgue est considéré comme le législateur fondateur. Ses institutions firent d'elle la première puissance militaire de la Grèce.
Lieu de culte majeur de Sparte où se déroulaient les rites d'endurance des jeunes garçons (la fameuse épreuve de la flagellation). Il illustre l'éducation rude (agôgê) attribuée à Lycurgue.
Grand sanctuaire d'Apollon où, selon la tradition, Lycurgue serait allé consulter la Pythie qui approuva ses lois (la Grande Rhêtra). Il y serait aussi mort volontairement.
Île où, d'après Plutarque, Lycurgue aurait voyagé pour étudier les lois et les institutions, dont il se serait inspiré pour réformer Sparte.
Plaine fertile entourée de montagnes où s'est développée Sparte. Son isolement géographique a favorisé le repli et la singularité du modèle spartiate.
Objets typiques

Arme principale de l'hoplite spartiate, longue d'environ deux à trois mètres, maniée en formation serrée dans la phalange. Elle incarne la puissance militaire fondée par les lois de Lycurgue.

Grand bouclier rond de bronze que chaque citoyen-soldat devait protéger au péril de sa vie. La maxime spartiate « avec ton bouclier ou sur ton bouclier » résume l'idéal de courage transmis par l'éducation lycurguéenne.

Lourdes barres ou broches de fer trempées dans le vinaigre que la tradition attribue à Lycurgue pour remplacer l'or et l'argent. Encombrantes et sans valeur ailleurs, elles devaient décourager la richesse et la corruption.

Vêtement de laine simple et la cape écarlate des soldats spartiates, choisie selon la tradition pour masquer le sang des blessures. La sobriété de la tenue reflète l'égalité voulue par les lois de Lycurgue.

Bouillon de porc, de sang et de vinaigre servi lors des repas communs (syssities). Réputé immangeable pour les étrangers, il symbolisait la frugalité et l'égalité imposées à tous les citoyens.

Bâton de bois autour duquel on enroulait une bande de cuir pour écrire un message secret, lisible seulement avec un bâton de même diamètre. Cet outil de chiffrement militaire est associé à l'organisation rigoureuse de Sparte.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Dans la Sparte façonnée par les lois de Lycurgue, le jeune citoyen se lève tôt pour l'entraînement physique : course, lutte et maniement des armes. La journée commence dans la rigueur et le froid, car le confort est banni de l'éducation.
Après-midi
L'après-midi est consacré aux exercices militaires collectifs, à l'apprentissage de l'obéissance et de la vie en groupe. Les jeunes garçons sont surveillés par des aînés et apprennent à supporter la faim, la douleur et la discipline.
Soir
Le soir, les citoyens se réunissent pour le repas commun (syssitie) dans leur table de quinze convives. On y mange le célèbre brouet noir et l'on écoute les anciens parler de courage, de lois et de devoir envers la cité.
Alimentation
L'alimentation spartiate est volontairement frugale : pain d'orge, fromage, figues, olives et le fameux brouet noir à base de porc, de sang et de vinaigre. La sobriété de la table reflète l'égalité voulue par Lycurgue et la préparation à l'endurance guerrière.
Vêtements
Les Spartiates portent des vêtements simples de laine non teinte ; les soldats arborent une cape rouge. Les enfants vont souvent pieds nus et reçoivent un seul manteau par an pour s'endurcir au froid comme à la chaleur.
Habitat
Les maisons spartiates sont volontairement modestes, construites, selon la tradition, à la hache et à la scie seulement, sans luxe ni ornement. Cette austérité décourage l'étalage de richesse et reflète l'idéal de simplicité des lois de Lycurgue.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Grande Rhêtra
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.
La gérousie (conseil des Anciens)
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.
L'agôgê (éducation collective)
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.
Les syssities (repas communs)
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.
Le partage des terres (klèroi)
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.
La double royauté et les éphores
vers IXe-VIIe s. av. J.-C.






