Fulvie(76 av. J.-C. — 39 av. J.-C.)
Fulvie
Rome antique
6 min de lecture
Fulvie est une aristocrate romaine de la fin de la République, célèbre pour son engagement politique exceptionnel pour une femme de son temps. Épouse successive de Clodius, Curion puis Marc Antoine, elle dirigea la résistance armée contre Octave durant la guerre de Pérouse.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 83 av. J.-C. dans une grande famille de la noblesse romaine
- Épouse de Publius Clodius Pulcher, tribun de la plèbe, jusqu'à l'assassinat de celui-ci en 52 av. J.-C.
- Mariée à Marc Antoine vers 47-46 av. J.-C., elle devient une actrice influente de la politique romaine
- Organise et dirige la résistance contre Octave lors de la guerre de Pérouse (41-40 av. J.-C.)
- Meurt en exil à Sicyone, en Grèce, en 40 av. J.-C.
Œuvres & réalisations
Fulvie organisa et soutint la résistance armée contre Octave aux côtés de Lucius Antonius, fait exceptionnel pour une femme romaine.
Elle transforma les funérailles de son mari en manifestation politique et témoigna au procès de son meurtrier Milon.
En l'absence d'Antoine parti en Orient, elle défendit sa cause, soutint ses partisans et négocia avec les sénateurs.
Son effigie en Victoire circula sur des pièces, signe inédit de la visibilité publique d'une femme romaine.
Selon Cassius Dion, elle ceignit l'épée et s'adressa elle-même aux soldats, assumant un rôle militaire sans précédent.
Elle prit parti dans la querelle sur l'installation des vétérans, défendant les cités italiennes menacées de confiscations.
Anecdotes
Lorsque son premier mari, le tribun Clodius, fut tué en 52 av. J.-C. sur la voie Appienne, Fulvie exposa son corps ensanglanté dans l'atrium de leur maison. Bouleversée, la foule porta la dépouille jusqu'au Forum et l'incendia à l'intérieur de la Curie, le bâtiment du Sénat, qui partit lui aussi en flammes.
Fulvie est considérée comme la première femme romaine réelle — et non une déesse — à figurer sur des monnaies. Vers 43-41 av. J.-C., son profil apparaît sous les traits de la Victoire ailée, et une cité de Phrygie fut même rebaptisée « Fulvia » en son honneur.
Pendant la guerre de Pérouse (41-40 av. J.-C.), Fulvie soutint militairement Lucius Antonius, le frère de Marc Antoine, contre Octave. Les archéologues ont retrouvé sur place des balles de fronde en plomb (glandes) gravées d'insultes, dont plusieurs visent directement Fulvie : preuve qu'elle était reconnue comme une véritable cheffe ennemie.
Selon l'historien Cassius Dion, après l'assassinat de Cicéron en 43 av. J.-C. — l'orateur qui l'avait violemment attaquée, elle et Marc Antoine, dans ses discours — Fulvie aurait transpercé de ses épingles à cheveux en or la langue de la tête coupée exposée au Forum. L'épisode, peut-être amplifié, illustre la cruauté des proscriptions.
À la mort de Fulvie en 40 av. J.-C., réfugiée en Grèce, Marc Antoine et Octave saisirent l'occasion de se réconcilier : ils rejetèrent sur elle la responsabilité de la guerre civile et scellèrent leur paix par le traité de Brundisium.
Sources primaires
Fulvie ne se souciait ni de filer la laine ni de tenir un ménage, et ne daignait pas dominer un mari sans gloire : elle voulait gouverner celui qui gouvernait et commander celui qui commandait.
Fulvie ceignit une épée, donna le mot d'ordre aux soldats et, en maintes occasions, les harangua elle-même.
Fulvie, qui n'avait de la femme que le corps, mettait tout en confusion par les armes et la discorde.
Fulvie, épouse d'Antoine, et Lucius, son frère, levèrent une armée contre Octave et s'enfermèrent dans Pérouse, qui fut aussitôt assiégée.
Antoine se laisse gouverner par cette femme avide, à qui il doit rendre des comptes comme à une maîtresse exigeante.
Lieux clés
Capitale de la République où Fulvie naquit, vécut et mena ses activités politiques au cœur des intrigues de l'aristocratie.
Centre politique de Rome où la foule, après les funérailles de Clodius, incendia le bâtiment du Sénat en 52 av. J.-C.
Ville d'Étrurie où Fulvie et Lucius Antonius furent assiégés par Octave avant de capituler en 40 av. J.-C.
Cité grecque où Fulvie, ayant fui l'Italie après la défaite de Pérouse, retrouva brièvement Marc Antoine.
Ville du Péloponnèse où Fulvie, malade et abandonnée, mourut en exil en 40 av. J.-C.






