Maat
Maât
Déesse égyptienne personnifiant la vérité, la justice et l'ordre cosmique (maât), vénérée par la civilisation égyptienne antique depuis l'Ancien Empire. Fille de Rê, elle est représentée avec une plume d'autruche sur la tête, symbole de l'équilibre universel. Son principe guide le comportement des pharaons et la pesée des âmes dans l'au-delà.
Citations célèbres
« « Je suis ce qui était, ce qui est et ce qui sera. » (parole attribuée par la tradition à la déesse Maât, transmise dans les textes des temples) »
« « Nul mortel n'a soulevé mon voile. » (formule associée à Maât dans les traditions sacerdotales égyptiennes) »
Faits marquants
- Attestée dès l'Ancien Empire (vers 2700 avant J.-C.) dans les Textes des Pyramides comme principe fondateur de la royauté égyptienne
- Sa plume d'autruche sert de contrepoids lors de la pesée du cœur des défunts dans le Livre des Morts (chapitre 125), face au dieu Anubis
- Le pharaon était considéré comme le garant de Maât sur terre : 'faire régner Maât' était l'une de ses obligations fondamentales
- Associée à Thot, dieu de la sagesse, qui consignait le résultat du jugement des âmes
- Son culte est documenté à Deir el-Médineh, Karnak et dans de nombreux temples à travers toute l'Égypte
Œuvres & réalisations
Recueil de formules funéraires dont le chapitre 125 est entièrement consacré au jugement de Maât. Ce texte fondamental révèle la pensée morale et religieuse de l'Égypte ancienne sur la justice divine.
Plus anciens textes religieux du monde, gravés dans les pyramides de Saqqara. Ils attestent dès l'Ancien Empire du rôle central de Maât dans l'idéologie royale et cosmique égyptienne.
Extension démocratisée des Textes des Pyramides, peints à l'intérieur des cercueils des nobles et des riches bourgeois. Maât y est invoquée comme garante de la résurrection.
Texte de sagesse attribué au vizir Ptahhotep sous l'Ancien Empire, considéré comme l'une des premières œuvres philosophiques de l'humanité. Il fait de Maât le principe directeur d'une vie juste et équilibrée.
Récit littéraire du Moyen Empire dans lequel un paysan injustement dépossédé plaide neuf fois sa cause devant un grand officier royal. Ce texte illustre concrètement l'idéal de Maât appliqué à la justice sociale.
À Dendérah, Edfoû et Philæ, Maât est représentée aux côtés des divinités grecques dans un syncrétisme religieux. Ces images témoignent de la longévité exceptionnelle de son culte sur plus de trois millénaires.
Anecdotes
Lors du jugement des morts, appelé la « pesée de l'âme », le cœur du défunt était placé sur un plateau d'une balance face à la plume de Maât. Si le cœur était aussi léger que la plume, le défunt accédait au paradis des champs d'Iârou. S'il était plus lourd, alourdi par les fautes commises, le monstre Ammit le dévorait instantanément.
Le pharaon avait pour mission sacrée de « faire Maât » — c'est-à-dire maintenir l'ordre cosmique, la justice et l'harmonie sur terre. À chaque cérémonie religieuse, il offrait symboliquement une statuette de Maât aux dieux pour signifier qu'il accomplissait correctement son devoir divin.
Maât n'avait pas de temple à elle seule au sens classique du terme : elle était partout. Son principe était inscrit dans les murs de tous les temples d'Égypte. On la retrouve dans les scènes de jugement des papyrus funéraires, peinte ou sculptée en compagnie de Thot, dieu de l'écriture et de la sagesse.
Les juges et les magistrats égyptiens portaient parfois une petite représentation de Maât autour du cou comme symbole de leur charge. Rendre la justice, c'était littéralement « parler Maât » — une expression qui signifiait dire la vérité et agir avec équité.
La confession négative, célébre texte du Livre des Morts, liste 42 fautes que le défunt devait nier devant 42 juges divins, chacun associé à une province d'Égypte. Ce rituel montrait que Maât n'était pas seulement une déesse abstraite, mais un code de conduite moral très concret pour les Égyptiens ordinaires.
Sources primaires
« Je n'ai pas commis d'iniquité contre des hommes. Je n'ai pas maltraité des animaux. Je n'ai pas fait de mal à la place de la justice. »
« Maât est grande et son efficacité dure. Elle n'a pas été troublée depuis le temps d'Osiris. »
« Le roi vit de Maât, il se nourrit de Maât, Maât est son pain, Maât est sa bière. »
« Ne déplace pas les bornes aux limites des champs, ne déplace pas la corde d'arpentage. Ne sois pas avide de terres supplémentaires en empiétant sur les limites de la veuve. »
Représentation iconographique de la scène de pesée du cœur devant Osiris, avec Thot notant le résultat et Maât symbolisée par sa plume sur la balance.
Galerie
RamessesIX-OstraconPresentingMaat MetropolitanMuseum
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5 — Keith Schengili-Roberts

La tombe de Sethi 1er (KV.17) (Vallée des Rois, Thèbes ouest) (2081846676)
Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France
Comet 67P on 19 September 2014 NavCam mosaic
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 igo — ESA/Rosetta/NAVCAM, CC BY-SA IGO 3.0
2017 UN Geneva Open Day Maat Statue
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Credits to Mourad Ben Abdallah / Wikimedia Commons
Comet 67P True color
Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

