Maat
Maât
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Déesse égyptienne de la justice, de la vérité et de l'ordre cosmique, Maât est une figure centrale de la religion et de la pensée morale de l'Égypte ancienne. Représentée avec une plume d'autruche sur la tête, elle incarne le principe universel d'équilibre et d'harmonie qui régit le cosmos, la société et l'au-delà.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« « Je n'ai pas commis l'iniquité. Je n'ai pas volé. Je n'ai pas tué. » (Extrait de la Confession Négative du Livre des Morts, prononcée devant Maât, vers 1550 av. J.-C.) »
Faits marquants
- Maât est attestée dès l'Ancien Empire égyptien (vers 2700 av. J.-C.) dans les Textes des Pyramides, ce qui en fait l'une des plus anciennes divinités abstraites connues.
- Son nom désigne à la fois la déesse et le concept philosophique fondamental de l'ordre, de la vérité et de la justice qui structure la civilisation égyptienne.
- Dans la scène du « jugement des morts » (psychostasie), décrite dans le Livre des Morts (vers 1550 av. J.-C.), le cœur du défunt est pesé sur une balance face à la plume de Maât.
- Le pharaon était considéré comme le garant de Maât sur terre : son rôle premier était de maintenir l'ordre cosmique et social en son nom.
- Maât est fille de Rê, le dieu soleil, ce qui illustre son lien avec la lumière, la vérité et l'origine divine de l'ordre universel selon la tradition religieuse égyptienne.
Œuvres & réalisations
Recueil de formules funéraires dont le chapitre 125 est entièrement consacré au jugement de Maât. Ce texte fondamental révèle la pensée morale et religieuse de l'Égypte ancienne sur la justice divine.
Plus anciens textes religieux du monde, gravés dans les pyramides de Saqqara. Ils attestent dès l'Ancien Empire du rôle central de Maât dans l'idéologie royale et cosmique égyptienne.
Extension démocratisée des Textes des Pyramides, peints à l'intérieur des cercueils des nobles et des riches bourgeois. Maât y est invoquée comme garante de la résurrection.
Texte de sagesse attribué au vizir Ptahhotep sous l'Ancien Empire, considéré comme l'une des premières œuvres philosophiques de l'humanité. Il fait de Maât le principe directeur d'une vie juste et équilibrée.
Récit littéraire du Moyen Empire dans lequel un paysan injustement dépossédé plaide neuf fois sa cause devant un grand officier royal. Ce texte illustre concrètement l'idéal de Maât appliqué à la justice sociale.
À Dendérah, Edfoû et Philæ, Maât est représentée aux côtés des divinités grecques dans un syncrétisme religieux. Ces images témoignent de la longévité exceptionnelle de son culte sur plus de trois millénaires.
Anecdotes
Lors du jugement des morts, appelé la « pesée de l'âme », le cœur du défunt était placé sur un plateau d'une balance face à la plume de Maât. Si le cœur était aussi léger que la plume, le défunt accédait au paradis des champs d'Iârou. S'il était plus lourd, alourdi par les fautes commises, le monstre Ammit le dévorait instantanément.
Le pharaon avait pour mission sacrée de « faire Maât » — c'est-à-dire maintenir l'ordre cosmique, la justice et l'harmonie sur terre. À chaque cérémonie religieuse, il offrait symboliquement une statuette de Maât aux dieux pour signifier qu'il accomplissait correctement son devoir divin.
Maât n'avait pas de temple à elle seule au sens classique du terme : elle était partout. Son principe était inscrit dans les murs de tous les temples d'Égypte. On la retrouve dans les scènes de jugement des papyrus funéraires, peinte ou sculptée en compagnie de Thot, dieu de l'écriture et de la sagesse.
Les juges et les magistrats égyptiens portaient parfois une petite représentation de Maât autour du cou comme symbole de leur charge. Rendre la justice, c'était littéralement « parler Maât » — une expression qui signifiait dire la vérité et agir avec équité.
La confession négative, célébre texte du Livre des Morts, liste 42 fautes que le défunt devait nier devant 42 juges divins, chacun associé à une province d'Égypte. Ce rituel montrait que Maât n'était pas seulement une déesse abstraite, mais un code de conduite moral très concret pour les Égyptiens ordinaires.
Sources primaires
« Je n'ai pas commis d'iniquité contre des hommes. Je n'ai pas maltraité des animaux. Je n'ai pas fait de mal à la place de la justice. »
« Maât est grande et son efficacité dure. Elle n'a pas été troublée depuis le temps d'Osiris. »
« Le roi vit de Maât, il se nourrit de Maât, Maât est son pain, Maât est sa bière. »
« Ne déplace pas les bornes aux limites des champs, ne déplace pas la corde d'arpentage. Ne sois pas avide de terres supplémentaires en empiétant sur les limites de la veuve. »
Représentation iconographique de la scène de pesée du cœur devant Osiris, avec Thot notant le résultat et Maât symbolisée par sa plume sur la balance.
Lieux clés
Grand complexe religieux où Maât était vénérée aux côtés d'Amon et des grandes divinités du panthéon. De nombreuses scènes d'offrande de Maât par le pharaon y sont sculptées sur les murs.
Lieu mythologique souterrain où se déroulait la pesée du cœur en présence d'Osiris, de Thot et des 42 juges divins. Maât y présidait la balance, tenant sa plume comme étalon de vérité.
Site des plus anciennes pyramides et des premiers Textes des Pyramides où Maât est mentionnée. Ce lieu témoigne de l'ancienneté de son culte dès l'Ancien Empire.
Village des artisans constructeurs des tombes royales, où un petit temple était dédié à Maât et Hathor. Les artisans y rendaient hommage à la déesse avant d'entamer leurs travaux sacrés.
Cité sainte d'Osiris, dieu des morts et juge suprême aux côtés de Maât. C'est ici que se tenaient les grands mystères funéraires égyptiens et que la justice divine était le plus solennellement célébrée.






