Salonnière parisienne du XVIIIe siècle, elle tint l'un des salons les plus influents des Lumières, accueillant d'Alembert, Diderot, Fontenelle et Montesquieu. Mécène généreuse et épistolière remarquable, elle joua un rôle central dans la diffusion des idées des Lumières en Europe.
Madame Geoffrin(1699 — 1777)
Marie-Thérèse Rodet Geoffrin
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1699 : Naissance à Paris dans une famille bourgeoise
- Années 1740 : Ouverture de son célèbre salon rue Saint-Honoré, qui devient un foyer des Lumières
- Elle finance et soutient la publication de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
- 1766 : Voyage en Pologne à l'invitation du roi Stanisław August Poniatowski, qu'elle avait fréquenté dans son salon
- 1777 : Décès à Paris, laissant une correspondance abondante témoignant de son influence européenne
Œuvres & réalisations
Plus de deux cents lettres échangées avec le futur roi de Pologne, qui appelait Madame Geoffrin 'maman'. Cette correspondance est un document exceptionnel sur les relations entre les Lumières françaises et les cours d'Europe centrale.
Madame Geoffrin contribua financièrement à la publication des illustrations de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, soutenant ainsi l'œuvre intellectuelle la plus ambitieuse du siècle des Lumières.
Son salon hebdomadaire, réunissant le lundi les artistes et le mercredi les gens de lettres, fut pendant près de trente ans le principal foyer intellectuel parisien, influençant la diffusion des idées des Lumières en Europe.
Madame Geoffrin commanda et acheta des tableaux à de nombreux artistes, contribuant à leur carrière et témoignant de son engagement pour les arts figuratifs au-delà des seules lettres et philosophie.
Madame Geoffrin entretint une relation épistolaire avec l'impératrice Catherine II, autre grande protectrice des philosophes, illustrant l'étendue de son réseau de souverains éclairés à travers l'Europe.
Anecdotes
Madame Geoffrin avait une façon légendaire de mettre fin aux conversations interminables de son salon : elle prononçait d'un ton calme mais ferme la formule 'Voilà qui est bien', signalant à ses hôtes que la soirée touchait à sa fin. Ce signal imparable était si connu que les habitués l'attendaient avec une sorte de respect craintif — aucun philosophe, si brillant fût-il, n'osait s'y opposer.
Généreuse mécène, Madame Geoffrin contribua financièrement à la publication des planches gravées de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, l'une des entreprises intellectuelles les plus ambitieuses du siècle. Elle prenait ainsi un risque réel, car l'ouvrage fut interdit par le Conseil du roi en 1759, et son soutien public aux philosophes lui valut des critiques dans les milieux conservateurs.
En 1766, à 67 ans, Madame Geoffrin accomplit un voyage extraordinaire jusqu'à Varsovie pour rendre visite à son protégé Stanisław August Poniatowski, qu'elle appelait 'mon fils' et qui lui répondait 'ma mère'. Ce périple de plusieurs semaines en carrosse à travers l'Europe fit sensation : une bourgeoise parisienne reçue comme une reine par les cours d'Autriche et de Pologne.
Madame Geoffrin organisait ses dîners selon un calendrier rigoureusement fixé : les lundis étaient réservés aux peintres et sculpteurs, les mercredis aux hommes de lettres et philosophes. Cette organisation lui permettait de mélanger arts et pensée tout en évitant que les uns ne monopolisent les débats des autres, faisant de son salon un véritable carrefour des idées et des créations.
La fille de Madame Geoffrin, Madame de la Ferté-Imbault, était profondément hostile aux philosophes que sa mère recevait. Elle alla jusqu'à fonder une société parodique, l'Ordre de la Persévérance, pour tourner en dérision les réunions philosophiques. La tension entre mère et fille illustrait les fractures que les Lumières créaient jusque dans les familles bourgeoises parisiennes.
Sources primaires
Je suis votre mère, mon fils, et je vous aime comme telle. Votre bonheur m'est aussi cher que s'il était le mien propre.
Elle n'avait point lu, point étudié ; mais elle avait beaucoup observé, beaucoup retenu, et sur les hommes et sur les choses, et elle jugeait de tout avec une sagacité naturelle qui suppléait à l'instruction.
Madame Geoffrin avait une bonté réelle, une générosité sans ostentation, et un art de recevoir qui mettait chacun à son aise. On venait chez elle non pour y briller, mais pour y penser librement.
Madame Geoffrin a le don de plaire et de faire valoir les autres ; son salon est le rendez-vous de tout ce que Paris compte d'esprits distingués.
Lieux clés
C'est dans cet hôtel particulier parisien que Madame Geoffrin tint son célèbre salon de 1749 à 1777, accueillant les plus grands esprits des Lumières lors de ses dîners du lundi et du mercredi.
Née à Paris en 1699 dans une famille bourgeoise, Marie-Thérèse Rodet y passa toute sa vie, incarnant le modèle de la salonnière parisienne au cœur du siècle des Lumières.
Madame Geoffrin fut reçue en grande pompe par le roi Stanisław August Poniatowski au Château Royal de Varsovie lors de son voyage de 1766, événement qui fit d'elle une célébrité internationale.
Sur le chemin de Varsovie en 1766, Madame Geoffrin fit étape à Vienne où elle fut reçue par l'impératrice Marie-Thérèse, témoignage de la réputation européenne de son salon.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Correspondance avec Stanisław August Poniatowski
1750-1777
Financement des planches de l'Encyclopédie
1751-1772
Salon littéraire et artistique de la rue Saint-Honoré
1749-1777
Mécénat artistique (commandes à Boucher, Vien et autres peintres)
1750-1777
Correspondance avec Catherine II de Russie
1764-1777
Voir aussi
Personnages liés

Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de Lambert

Denis Diderot
1713 — 1784

Françoise-Louise de Warens
1699 — 1762

Jean-Jacques Rousseau
1712 — 1778

Madame de Staël
1766 — 1817

Montesquieu
1689 — 1755
