Mahmoud Darwich(1941 — 2008)

Mahmoud Darwich

État de Palestine

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LettresPolitiquePoète(sse)Écrivain(e)XXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, marquée par la création de l'État d'Israël (1948), l'exode palestinien (Nakba), les guerres israélo-arabes et la longue lutte nationale palestinienne.

Mahmoud Darwich (1941-2008) est un poète palestinien considéré comme la voix nationale de son peuple. Figure majeure de la poésie arabe contemporaine, il a fait de l'exil, de la perte de la terre et de l'identité palestinienne les grands thèmes de son œuvre.

Questions fréquentes

Mahmoud Darwich (1941-2008) est un poète palestinien devenu le porte-parole de tout un peuple. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a transformé l'exil, la perte de la terre et l'identité palestinienne en une poésie universelle. Contrairement à un simple militant, il a su donner une dimension humaine et lyrique à la cause nationale, ce qui a touché des lecteurs bien au-delà du monde arabe. Son poème Carte d'identité (1964), avec son célèbre cri « Inscris ! Je suis arabe », a fait de lui une icône dès ses 23 ans.

Citations célèbres

« Inscris : je suis arabe »
« Nous avons sur cette terre ce qui rend la vie digne d'être vécue »

Faits marquants

  • Naît en 1941 à al-Birwa, village de Galilée détruit en 1948 lors de la création d'Israël
  • Publie en 1964 le poème 'Carte d'identité' (Bitaqat hawiyya), qui le rend célèbre dans tout le monde arabe
  • Rejoint en 1973 l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et siège à son comité exécutif jusqu'en 1993
  • Rédige en 1988 la Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine proclamée par Yasser Arafat
  • Meurt en 2008 aux États-Unis ; ses obsèques à Ramallah donnent lieu à un deuil national palestinien

Œuvres & réalisations

Rameaux d'olivier (Awraq al-Zaytoun) (1964)

Premier grand recueil, qui contient « Carte d'identité » et impose Darwich comme la voix d'une jeunesse palestinienne.

Un amant de Palestine (Ashiq min Filastin) (1966)

Recueil où l'amour de la femme et l'amour de la terre se confondent, fixant l'un des grands motifs de son œuvre.

Une mémoire pour l'oubli (Dhakira li-l-nisyan) (1987)

Récit poétique en prose sur le siège de Beyrouth de 1982, considéré comme l'un de ses textes majeurs.

Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine (1988)

Texte fondateur proclamé à Alger, rédigé par Darwich : la poésie au service d'un acte politique historique.

Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? (1995)

Recueil intime où le poète revient sur l'enfance, le père et le village perdu.

Murale (Jidariyya) (2000)

Long poème méditatif écrit après une grave maladie, où Darwich dialogue avec la mort et l'éternité.

État de siège (Halat Hisar) (2002)

Poème écrit pendant la réoccupation de Ramallah, méditation sur la vie quotidienne sous l'occupation et le désir de paix.

Anecdotes

En 1948, lorsque Mahmoud Darwich a sept ans, son village natal d'al-Birwa, en Galilée, est rasé pendant la guerre qui suit la création d'Israël. Sa famille fuit au Liban, puis revient clandestinement quelques mois plus tard. Mais le recensement est passé : aux yeux de l'administration israélienne, Mahmoud est désormais un « présent-absent », présent sur la terre mais absent des registres. Ce paradoxe marquera toute son œuvre.

À vingt-trois ans, Darwich publie le poème « Carte d'identité », qui commence par ce cri : « Inscris ! Je suis arabe. » Récité et chanté dans tout le monde arabe, le texte devient un véritable hymne. Le jeune poète, jusque-là inconnu, se réveille célèbre, mais aussi surveillé par les autorités.

Dans les années 1960, en raison de ses poèmes et de son engagement, Darwich est arrêté à plusieurs reprises et assigné à résidence : il lui est interdit de quitter Haïfa sans autorisation. C'est en partie pour échapper à cette surveillance qu'il quitte le pays en 1970, commençant une longue vie d'exil entre Moscou, Le Caire, Beyrouth, Tunis et Paris.

En 2000, le ministre israélien de l'Éducation propose d'inscrire quelques poèmes de Darwich au programme des lycées. La polémique est si vive qu'elle menace de faire tomber le gouvernement : preuve qu'un poète, par ses seuls vers, pouvait ébranler un débat national.

À sa mort en 2008, après une opération du cœur à Houston, le président palestinien décrète trois jours de deuil national. Des dizaines de milliers de personnes assistent à ses funérailles à Ramallah : un hommage populaire d'une ampleur rarement vue pour un poète.

Sources primaires

Carte d'identité (recueil Rameaux d'olivier) (1964)
Inscris ! Je suis arabe. Le numéro de ma carte d'identité est cinquante mille. J'ai huit enfants, et le neuvième viendra après l'été. Cela te met-il en colère ?
Sur cette terre (recueil Moins de roses) (1986)
Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l'hésitation d'avril, l'odeur du pain à l'aube, les avis d'une femme sur les hommes, les écrits d'Eschyle, le commencement de l'amour.
Une mémoire pour l'oubli (1987)
Je veux l'odeur du café. Je ne veux rien d'autre que l'odeur du café. Je veux cinq minutes. Je veux une trêve de cinq minutes pour le café.
Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine (rédigée par Darwich) (15 novembre 1988)
Le Conseil national palestinien proclame, au nom de Dieu et au nom du peuple arabe palestinien, l'établissement de l'État de Palestine sur notre terre palestinienne, avec pour capitale Jérusalem.
État de siège (2002)
Ici, sur les pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps, près des jardins aux ombres brisées, nous faisons ce que font les prisonniers, ce que font les chômeurs : nous cultivons l'espoir.

Lieux clés

Al-Birwa (Galilée)

Village natal de Darwich, détruit en 1948 et remplacé par des localités israéliennes. Il devient dans son œuvre le symbole du paradis perdu et de la terre confisquée.

Haïfa

Ville où le jeune Darwich travaille comme journaliste pour la presse de gauche et milite. C'est là qu'il est surveillé et assigné à résidence dans les années 1960.

Beyrouth

Capitale libanaise où Darwich s'installe avec l'OLP dans les années 1970. Il y vit le siège de 1982, qui inspire son récit Une mémoire pour l'oubli.

Paris

Une des grandes étapes de son exil, où il vit et écrit dans les années 1980-1990 et dirige la revue littéraire Al-Karmel.

Ramallah

Ville de Cisjordanie où Darwich revient s'installer en 1996. Il y est enterré sur la colline d'al-Rabweh, où un mémorial et un musée lui sont consacrés.

Houston (Texas)

Ville américaine où Darwich meurt en 2008 des suites d'une opération du cœur, loin de la terre dont il a chanté l'absence toute sa vie.

Voir aussi