Makara

Makara

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MythologieSpiritualitéCultureAvant J.-C.Antiquité indienne, époque védique et période classique de l'hindouisme (à partir du IIe millénaire av. J.-C.)

Le makara est une créature aquatique hybride de la mythologie hindoue, mêlant des traits de crocodile, d'éléphant et de poisson. Il sert de monture (vahana) aux divinités Varuna, dieu des eaux, et Ganga, déesse du Gange.

Questions fréquentes

Le makara est une créature aquatique hybride qui mêle des traits de crocodile, d'éléphant et de poisson. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'est pas une divinité à part entière, mais un vahana (monture) essentiel : il porte Varuna, le dieu des eaux et de l'ordre cosmique, et Ganga, la déesse du Gange. Sa fonction dépasse le simple transport : il relie le monde divin à l'élément liquide, source de vie et de fertilité. Pour comprendre son importance, il faut imaginer que, dans les sculptures de temples, voir une déesse chevauchant cette créature permet d'identifier presque à coup sûr Ganga.

Faits marquants

  • Le makara est une créature hybride associant crocodile, éléphant et poisson dans l'iconographie hindoue
  • Il est la monture (vahana) du dieu des eaux Varuna et de la déesse du fleuve Ganga
  • Il constitue le signe astrologique hindou correspondant au Capricorne (Makara rashi)
  • Son motif orne fréquemment les portails de temples (makara-torana) en Inde et en Asie du Sud-Est
  • Il apparaît dans l'art bouddhique et hindou dès l'Antiquité, diffusé jusqu'en Asie du Sud-Est

Œuvres & réalisations

Monture (vahana) de Varuna et de Ganga (Antiquité et période classique)

Le makara définit l'iconographie de ces deux divinités des eaux : reconnaître la créature permet d'identifier la déesse Ganga dans une sculpture.

Makara Rashi, signe du zodiaque (Astrologie védique classique)

Le makara nomme le signe correspondant au Capricorne dans l'astrologie indienne (jyotisha), associé au solstice d'hiver.

Fête de Makara Sankranti (Célébrée chaque année (vers le 14 janvier))

Festival des récoltes marquant l'entrée du Soleil dans le signe de Makara et le retour des jours plus longs.

Motif de la makara-torana (Période classique et médiévale)

Modèle d'arche ornementale qui structure l'entrée des temples hindous, de l'Inde jusqu'à l'Asie du Sud-Est.

Emblème de Kamadeva (Makaradhvaja) (Période classique de l'hindouisme)

Le makara orne la bannière du dieu de l'amour, devenant un symbole littéraire et poétique du désir.

Anecdotes

Le makara sert de monture (vahana) à deux divinités majeures : Varuna, le dieu des eaux et de l'ordre cosmique, et Ganga, la déesse qui personnifie le fleuve sacré du Gange. Quand on voit une déesse chevaucher cette créature dans une sculpture indienne, c'est presque toujours Ganga.

Le makara a donné son nom à un signe du zodiaque indien : Makara Rashi correspond au Capricorne occidental, lui aussi représenté comme une créature mi-animale, mi-poisson. Chaque année, la fête de Makara Sankranti (vers le 14 janvier) célèbre l'entrée du Soleil dans ce signe et marque la fin de l'hiver.

Kamadeva, le dieu de l'amour et du désir, porte un étendard orné d'un makara : on l'appelle pour cela Makaradhvaja, « celui dont la bannière porte le makara ». La créature aquatique symbolise ici la puissance irrésistible des sentiments.

Dans l'architecture des temples hindous, le makara décore les arches monumentales appelées makara-torana, où deux créatures crachent des guirlandes ou des feuillages. Il sert aussi de gargouille : les eaux des rituels s'écoulent souvent par une bouche de makara sculptée (le praṇāla).

Le makara est un assemblage de plusieurs animaux : selon les époques, on lui donne une mâchoire de crocodile, une trompe d'éléphant, des écailles et une queue de poisson, parfois des pattes de félin. Cette hybridité illustre l'idée qu'il appartient au monde mystérieux et fertile des eaux.

Sources primaires

Rigveda, hymnes à Varuna (vers 1500-1200 av. J.-C.)
Varuna est célébré comme le souverain des eaux et de l'ordre cosmique (rita), maître des fleuves et des océans dont le makara deviendra plus tard la monture.
Brihat Samhita de Varahamihira (VIe siècle apr. J.-C.)
Ce traité encyclopédique décrit les règles d'iconographie et d'astrologie indiennes, dont le signe de Makara (le Capricorne) et les conventions de représentation des montures divines.
Vishnu Purana (Ier millénaire apr. J.-C.)
Les Purana détaillent les attributs et les véhicules (vahana) des divinités, associant le fleuve Ganga et les eaux à la créature makara.
Reliefs des toranas de Sanchi (Ier siècle av. J.-C.)
Sur les portiques sculptés du grand stupa, des makara apparaissent crachant des végétaux et encadrant des scènes, parmi les plus anciennes représentations connues de la créature.

Lieux clés

Gangotri, source du Gange

Lieu sacré où l'on situe la descente du Gange sur Terre ; Ganga, déesse du fleuve, y est représentée chevauchant un makara.

Varanasi (Bénarès), berges du Gange

Ville sainte vouée au culte du fleuve, où l'imagerie de Ganga et de sa monture makara est omniprésente sur les temples et les ghats.

Stupa de Sanchi

Site bouddhique du Madhya Pradesh dont les portiques sculptés comptent parmi les plus anciennes figurations connues du makara.

Temples de Khajuraho

Ensemble de temples médiévaux où se déploient de remarquables makara-torana finement sculptées.

Angkor (Cambodge)

Cité-temple khmère où le makara orne linteaux et balustrades, témoignant de la diffusion du motif en Asie du Sud-Est.

Prambanan (Java, Indonésie)

Grand complexe hindou javanais où le makara apparaît sculpté aux escaliers et entrées des sanctuaires.

Voir aussi