Marcel Duchamp(1887 — 1968)

Marcel Duchamp

États-Unis, France

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, marquée par les avant-gardes artistiques (dadaïsme, surréalisme) et la remise en cause des conventions de l'art occidental.

Marcel Duchamp (1887-1968) est un artiste français, figure majeure de l'art du XXe siècle. Inventeur du ready-made, il bouleverse la définition même de l'œuvre d'art et influence profondément l'art conceptuel et contemporain.

Questions fréquentes

Marcel Duchamp (1887-1968) est un artiste français qui a révolutionné la définition même de l'art au XXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a inventé le ready-made : prendre un objet manufacturé ordinaire, comme un urinoir ou une roue de bicyclette, et le présenter comme œuvre d'art. Ce geste a déplacé l'art du savoir-faire manuel vers l'idée et le choix de l'artiste, ouvrant la voie à l'art conceptuel. Moins un peintre qu'un provocateur, il a remis en cause les conventions avec des œuvres comme Fontaine (1917) et L.H.O.O.Q. (1919), faisant de lui une figure majeure des avant-gardes dada et surréaliste.

Citations célèbres

« Ce sont les regardeurs qui font les tableaux.»

Faits marquants

  • 1912 : peint Nu descendant un escalier n°2, refusé au Salon des Indépendants puis scandale à l'Armory Show de New York en 1913
  • 1913 : crée la Roue de bicyclette, premier ready-made
  • 1917 : présente Fontaine, un urinoir signé R. Mutt, œuvre fondatrice de l'art conceptuel
  • 1923 : laisse inachevé Le Grand Verre (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même)
  • 1968 : meurt à Neuilly-sur-Seine, son œuvre posthume Étant donnés est dévoilée

Œuvres & réalisations

Nu descendant un escalier n° 2 (1912)

Tableau décomposant le mouvement comme une suite d'images mécaniques ; il fit scandale à l'Armory Show de New York en 1913.

Roue de bicyclette (1913)

Premier ready-made : une roue de vélo montée sur un tabouret, inaugurant l'art de l'objet choisi.

Fontaine (1917)

Urinoir signé « R. Mutt », œuvre la plus célèbre et la plus provocatrice de Duchamp, fondatrice de l'art conceptuel.

L.H.O.O.Q. (1919)

Reproduction de la Joconde affublée d'une moustache, manifeste irrévérencieux contre le culte des chefs-d'œuvre.

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le Grand Verre) (1915-1923)

Œuvre majeure et énigmatique sur verre, restée volontairement inachevée, fruit de huit années de recherches.

Boîte-en-valise (1935-1941)

Musée portatif rassemblant des reproductions miniatures de ses œuvres dans une mallette.

Étant donnés (1946-1966)

Dernière œuvre, réalisée en secret pendant vingt ans, installation que l'on découvre par deux trous dans une porte ; révélée après sa mort.

Anecdotes

En 1917, Duchamp achète un urinoir en porcelaine dans un magasin sanitaire, le retourne, le signe « R. Mutt » et l'intitule « Fontaine ». Il le présente à une exposition new-yorkaise censée tout accepter… mais le jury refuse de l'exposer ! Ce scandale est aujourd'hui considéré comme l'un des actes fondateurs de l'art du XXe siècle.

Duchamp était un passionné d'échecs au point d'arrêter presque l'art pour devenir joueur professionnel dans les années 1920. Il représenta même la France lors d'olympiades d'échecs et déclarait que « tous les joueurs d'échecs sont des artistes ».

En 1919, Duchamp prend une reproduction de la Joconde, lui dessine une moustache et un bouc, puis inscrit dessous les lettres « L.H.O.O.Q. ». Lues à voix haute en français, ces lettres forment une plaisanterie irrévérencieuse, façon de se moquer du culte des chefs-d'œuvre.

Pendant plus de vingt ans, Duchamp travailla en secret à une dernière œuvre, « Étant donnés », sans rien dire à presque personne. On ne la découvrit qu'après sa mort, en 1969 : une installation que l'on regarde par deux trous percés dans une vieille porte de bois.

Duchamp s'inventa un alter ego féminin nommé « Rrose Sélavy » (jeu de mots sur « Eros, c'est la vie ») et se fit photographier déguisé en femme par son ami Man Ray, signant certaines œuvres sous ce nom.

Sources primaires

« The Richard Mutt Case », revue The Blind Man, n°2 (mai 1917)
« Que M. Mutt ait fabriqué ou non la fontaine de ses propres mains n'a aucune importance. Il l'a CHOISIE. Il a pris un article ordinaire de la vie, l'a disposé de façon que sa signification utilitaire disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue — il a créé une pensée nouvelle pour cet objet. »
Conférence « The Creative Act » (Le Processus créatif), Houston (1957)
« En dernière analyse, c'est le spectateur qui fait le tableau. » Duchamp affirme que l'artiste seul ne réalise pas l'acte créateur : le public l'achève en interprétant l'œuvre.
Entretiens avec Pierre Cabanne (1967)
« J'ai voulu remettre la peinture au service de l'esprit. » Duchamp y explique son rejet de la « peinture rétinienne », celle qui ne flatte que l'œil sans nourrir la pensée.

Lieux clés

Blainville-Crevon (Normandie)

Village de Seine-Maritime où Marcel Duchamp naît en 1887, dans une famille de la bourgeoisie cultivée qui donnera plusieurs artistes.

Paris

Ville où Duchamp se forme à la peinture (académie Julian) et fréquente les milieux d'avant-garde cubiste avant la Première Guerre mondiale.

New York

Ville américaine où Duchamp s'installe dès 1915 et où il devient une figure centrale du dadaïsme new-yorkais. Il y présente « Fontaine » en 1917.

Philadelphie (Philadelphia Museum of Art)

Musée qui conserve la plus grande collection d'œuvres de Duchamp, dont « Le Grand Verre » et l'installation posthume « Étant donnés ».

Neuilly-sur-Seine

Commune près de Paris où Marcel Duchamp meurt en 1968. Il est enterré au cimetière monumental de Rouen.

Voir aussi