Philosophe naturelle et femme de lettres anglaise du XVIIe siècle (1623-1673), elle développa ses propres théories sur la nature de la matière, s'inspirant de l'atomisme tout en proposant un matérialisme vitaliste original. Première femme à assister à une séance de la Royal Society en 1667.
Margaret Cavendish(1617 — 1673)
Margaret Cavendish
royaume d'Angleterre
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1623 à Colchester (Angleterre), morte en 1673
- Publie 'Poems and Fancies' en 1653, œuvre mêlant poésie et théorie atomiste
- Rédige 'Observations upon Experimental Philosophy' en 1666, critique de la méthode expérimentale
- Assiste en 1667 à une séance de la Royal Society — première femme à y être admise
- Développe un matérialisme vitaliste : la matière est animée d'une raison propre, contre Descartes
Œuvres & réalisations
Premier ouvrage majeur de Cavendish, mêlant poésie et spéculations atomistes inspirées de Lucrèce. C'est l'un des premiers textes à vulgariser les théories atomiques en langue anglaise.
Première exposition systématique de sa philosophie de la nature, développant sa théorie du matérialisme vitaliste selon laquelle toute matière est douée d'une forme de perception propre.
Autobiographie exceptionnelle pour une femme de son époque, offrant un témoignage précieux sur l'éducation des femmes, la guerre civile et la vie d'une intellectuelle au XVIIe siècle.
Critique rigoureuse des méthodes de la Royal Society, notamment de la Micrographia de Robert Hooke. Cavendish y défend la supériorité de la raison sur l'observation instrumentale.
Roman utopique et philosophique considéré comme l'un des premiers textes de science-fiction. Une femme y devient impératrice d'un monde fantastique, permettant à Cavendish d'explorer ses théories sous forme narrative.
Biographie de son mari le duc de Newcastle, précieux document historique sur la guerre civile et l'exil royaliste, révélant aussi beaucoup sur la propre trajectoire intellectuelle de Cavendish.
Version révisée et approfondie de ses théories philosophiques, représentant la synthèse la plus aboutie de sa pensée sur la matière, le mouvement et la perception universelle.
Anecdotes
En mai 1667, Margaret Cavendish devint la première femme à assister à une séance de la Royal Society de Londres. Sa visite provoqua un tel émoi que des foules se massèrent dans les rues pour apercevoir la célèbre « Mad Madge ». Les membres les plus éminents, dont Robert Boyle et Robert Hooke, lui firent une démonstration de leurs expériences avec le microscope et d'autres instruments.
Margaret Cavendish était réputée dans toute l'Europe pour ses tenues vestimentaires spectaculaires et déconcertantes, mêlant éléments masculins et féminins dans des compositions entièrement inventées. À la cour en exil de la reine Henriette-Marie à Paris, ses toilettes suscitaient autant d'admiration que de moqueries. Cette extravagance vestimentaire était pour elle une manière revendicatrice d'affirmer une identité hors norme.
En 1653, Margaret Cavendish publia ses « Poems and Fancies » sous son propre nom, à une époque où les femmes qui écrivaient utilisaient presque toujours un pseudonyme masculin ou restaient anonymes. Elle justifia cette audace dans la préface en la revendiquant pleinement, faisant d'elle une pionnière de la visibilité intellectuelle féminine dans l'Angleterre du XVIIe siècle.
Son roman « The Blazing World » (1666) est aujourd'hui considéré comme l'un des premiers textes de science-fiction de la littérature mondiale. Une femme y devient impératrice d'un monde fantastique peuplé d'hommes-bêtes, et Cavendish s'y insère elle-même comme personnage, réalisant l'un des premiers exemples d'autofiction en littérature anglaise.
Pendant les années d'exil continental avec son mari William Cavendish, Margaret rencontra et correspondit avec des philosophes majeurs comme Descartes, Hobbes et Gassendi. Sans aucune éducation formelle, elle s'engagea avec eux dans de véritables débats philosophiques sur la nature de la matière, réfutant parfois leurs positions dans ses propres ouvrages publiés.
Sources primaires
My atomes are not those of Epicurus, nor those of Des Cartes, but mine owne: and therefore I desire all my Readers and Friends, not to compare them with those of other Philosophers.
I desire all my Readers and Friends, not to Mistake Me for one that desires Fame; for I dare Declare, that I had rather be unknown, than have an ill Fame.
Art cannot introduce new matter, but only works upon the matter that nature hath given; neither can it go beyond the compass of nature, nor beyond the ability of natural parts.
By this Lady's means, the Emperor came to know the several natures of the inhabitants of that world, their several manners of government, their several sciences, arts and trades.
My father was a gentleman, which title is grounded and given by merit, not by princes; and 'tis the act of time, not favour. And though my brothers and sisters were several in number, yet we were bred virtuously, modestly, civilly, honourably.
Lieux clés
Ville natale de Margaret Lucas en 1623, dans une famille aisée de la gentry. La ville fut assiégée et dévastée pendant la guerre civile, forçant sa famille à se disperser et Margaret à rejoindre la cour royale en exil.
Cité des Pays-Bas espagnols où Margaret épousa William Cavendish en 1645 durant leur exil commun. Le couple y résida plusieurs années et y fréquenta les cercles intellectuels européens réfugiés autour de la cour d'Henriette-Marie.
Ville où Margaret vécut en exil à partir de 1644 auprès de la cour d'Henriette-Marie, et où elle rencontra Descartes et Hobbes dont les idées influencèrent durablement sa propre philosophie naturelle.
Résidence principale des Cavendish après la Restauration de 1660, vaste domaine ducal où Margaret écrivit l'essentiel de ses œuvres de maturité et vécut jusqu'à sa mort en 1673.
Institution savante fondée en 1662 que Cavendish visita en mai 1667, devenant la première femme à y assister à une séance. Robert Boyle et Robert Hooke lui firent des démonstrations expérimentales qui alimentèrent ses critiques publiées.
Objets typiques

Outil principal de son activité intellectuelle intense, Cavendish écrivit des millions de mots tout au long de sa vie, parfois en dictant à des secrétaires, parfois de sa propre main. Sa productivité littéraire extraordinaire était l'une des choses les plus commentées par ses contemporains.

Les œuvres de Descartes, Hobbes, Gassendi et Boyle circulaient dans les cercles intellectuels qu'elle fréquentait en exil. Elle les étudiait attentivement pour forger ses propres théories matérialistes vitalistes, souvent en réfutation directe de leurs positions.

Lors de sa visite à la Royal Society en 1667, on lui montra des expériences avec le microscope de Robert Hooke. Elle en critiqua les limites dans ses Observations, estimant que l'instrument induisait des illusions plutôt qu'il ne révélait la vérité de la nature.

Margaret Cavendish était célèbre pour ses costumes extraordinaires, mêlant influences masculines et féminines avec des décolletés audacieux et des ornements inhabituels. Ses tenues suscitaient la fascination et les commentaires de ses contemporains partout en Europe.

L'éclairage à la bougie était indispensable pour les longues séances de travail nocturne dans son cabinet. Margaret Cavendish était réputée pour son assiduité au travail intellectuel, y compris tard le soir dans ses appartements du château de Welbeck.

Elle rédigeait ses idées dans des cahiers manuscrits avant de les développer en ouvrages publiés. Son mari William Cavendish, lui-même auteur, l'encourageait activement et contribuait parfois à la révision de ses textes avant impression.
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Vie quotidienne
Matin
Margaret se levait souvent tard après de longues soirées de travail ou de lecture. Ses matinées commençaient par une toilette soignée avec l'aide de ses dames de compagnie, car ses tenues vestimentaires élaborées nécessitaient une préparation minutieuse. Elle pouvait ensuite recevoir des lettres, des visiteurs ou consulter ses manuscrits en cours.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'écriture, à la dictée ou à la révision de ses textes dans son cabinet particulier, entourée de livres et de papiers. À Welbeck Abbey, elle s'entretenait parfois avec son mari, lui-même philosophe et passionné d'équitation, ou participait à des promenades dans les jardins du vaste domaine ducal.
Soir
Les soirées se déroulaient souvent en compagnie du duc de Newcastle et de leurs invités autour d'un dîner raffiné, animé par des conversations philosophiques et littéraires où Margaret prenait une part active. Elle prolongeait ensuite volontiers sa veillée par la lecture ou l'écriture à la lueur des chandelles avant de se retirer.
Alimentation
La table ducale des Cavendish était richement pourvue en viandes rôties, gibiers, poissons, pâtisseries et vins. Margaret avait connu les privations de l'exil durant la guerre civile, mais à la Restauration, le niveau de vie à Welbeck Abbey était celui d'une grande maison aristocratique anglaise, avec une cuisine abondante rythmée par les saisons et le calendrier liturgique.
Vêtements
Margaret Cavendish était réputée dans toute l'Europe pour ses tenues vestimentaires extraordinaires et provocatrices, portant des robes aux décolletés jugés indécents combinées à des éléments masculins comme les pourpoints et les manteaux. Cette extravagance revendiquée était pour elle une forme d'expression de son identité intellectuelle singulière et de son refus des conventions imposées aux femmes de son rang.
Habitat
Après la Restauration de 1660, les Cavendish résidaient principalement à Welbeck Abbey dans le Nottinghamshire, un vaste château ducal que William faisait rénover et agrandir. Ils disposaient également d'une maison à Londres utilisée lors des séjours dans la capitale. Pendant les années d'exil, le couple avait vécu dans des résidences louées à Anvers et Rotterdam dans des conditions bien plus modestes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Portrait baroque dans la tradition des grands peintres de cour anglais du XVIIe siècle, avec clair-obscur dramatique, costumes extravagants et accessoires philosophiques soulignant l'identité intellectuelle singulière de Cavendish.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore d'une grande demeure aristocratique anglaise du XVIIe siècle, entre le crépitement du foyer et le grattement de la plume sur le parchemin, dans le recueillement propice au travail intellectuel.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Poems and Fancies
1653
Philosophical and Physical Opinions
1655
A True Relation of My Birth, Breeding, and Life
1656
Observations upon Experimental Philosophy
1666
The Description of a New World, Called the Blazing World
1666
The Life of the Thrice Noble Prince William Cavendishe
1667
Grounds of Natural Philosophy
1668






