Margot Fonteyn (1919-1991) est considérée comme l'une des plus grandes ballerines du XXe siècle. Prima ballerina assoluta du Royal Ballet de Londres, elle forma avec Rudolf Noureev l'un des duos les plus célèbres de l'histoire de la danse classique.
Margot Fonteyn(1919 — 1991)
Margot Fonteyn
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née Margaret Evelyn Hookham le 18 mai 1919 à Reigate, Angleterre
- Nommée prima ballerina assoluta du Royal Ballet de Londres en 1955, titre exceptionnel rarement attribué
- À partir de 1962, forme avec Rudolf Noureev l'un des partenariats les plus légendaires de l'histoire du ballet
- Interprète de référence des grands rôles classiques : Aurore dans La Belle au bois dormant, Giselle, Odette/Odile dans Le Lac des cygnes
- Décède le 21 février 1991 au Panama
Œuvres & réalisations
Reprise du ballet romantique du XIXe siècle de Jean Coralli et Jules Perrot, cette version avec Noureev reste l'une des interprétations les plus célébrées de l'histoire de la danse. Le contraste entre la sobriété de Fonteyn et la fougue de Noureev en fit un événement artistique mondial.
Ballet néoclassique en un acte chorégraphié par Frederick Ashton sur la musique de César Franck, créé spécialement pour Fonteyn. Considéré comme un chef-d'œuvre de l'esthétique classique britannique de l'après-guerre, il est resté au répertoire du Royal Ballet.
Ballet en trois actes d'Ashton sur une musique de Hans Werner Henze, entièrement conçu pour les qualités artistiques de Fonteyn. Le rôle de l'ondine — être aquatique à mi-chemin entre le monde humain et l'invisible — est souvent décrit comme son interprétation la plus personnelle.
La version du Royal Ballet du grand classique de Tchaïkovski, dans laquelle Fonteyn dansa les deux rôles antagonistes avec une maîtrise technique et dramatique qui en fit la référence internationale pendant plusieurs décennies.
Création mondiale de la version de Kenneth MacMillan au Royal Opera House, avec Noureev dans le rôle de Roméo. Filmée et diffusée à l'international, cette interprétation de Juliette à l'âge de 46 ans démontra l'exceptionnelle capacité d'incarnation de Fonteyn au-delà des conventions liées à l'âge.
Série en six épisodes présentée et coécrite par Fonteyn, retraçant l'histoire du ballet du XVIIe siècle au XXe. Diffusée dans plus de trente pays, elle constitue à ce jour un document pédagogique de référence sur l'évolution de la danse classique occidentale.
Anecdotes
Lorsque Rudolf Noureev déserta l'Union soviétique en 1961, Margot Fonteyn n'était pas immédiatement partante pour danser avec ce jeune inconnu de 24 ans alors qu'elle en avait 42. C'est finalement à la demande pressante de la directrice du Royal Ballet qu'elle accepta. Le soir de leur première, dans Giselle en 1962, le public londonien leur accorda plus de 40 rappels — certains chroniqueurs évoquent même 89 rappels lors d'une représentation à Vienne.
Margot Fonteyn commença le ballet à l'âge de quatre ans, à Ealing, en Angleterre. Lorsque son père, ingénieur chez une compagnie de tabac, fut muté à Shanghai au début des années 1930, la jeune Margaret Hookham continua ses cours dans la concession internationale de la ville avec une professeure russe, Vera Volkova, ce qui lui forgea des bases techniques d'une rigueur exceptionnelle.
En 1955, Margot Fonteyn épousa Roberto de Arias, homme politique panaméen et futur ambassadeur. Neuf ans plus tard, en 1964, Arias fut victime d'un attentat qui le laissa tétraplégique. Fonteyn, alors au sommet de sa gloire internationale, multiplia les tournées et les galas pour financer ses soins pendant plus de vingt ans, jusqu'à sa propre mort en 1991.
La reine Élisabeth II lui décerna le titre de Dame Commander of the Order of the British Empire (DBE) en 1956, faisant d'elle l'une des premières artistes de la danse à recevoir cet honneur en Grande-Bretagne. Fonteyn avait alors 37 ans, un âge où la plupart des danseuses classiques ont déjà pris leur retraite ; elle continua pourtant à se produire sur scène jusqu'à 60 ans.
En 1979, la BBC consacra à Margot Fonteyn une série documentaire intitulée The Magic of Dance, qu'elle présenta elle-même. Ce projet, qui mêlait archives filmées et reconstitutions pédagogiques, lui permit de transmettre sa passion pour l'histoire du ballet à un très large public, bien au-delà du cercle des aficionados. La série fut diffusée dans plusieurs dizaines de pays.
Sources primaires
I have never thought of dancing as something separate from living. Every experience in my life has gone into my dancing, and every role I have danced has taught me something about life.
Ballet is the art of transformation: the dancer transforms herself, her partner, and the audience, transporting them to a world that exists only for the duration of the music.
Tu es la raison pour laquelle j'ai chorégraphié Ondine. Sans toi, l'œuvre n'existerait pas — tu en es l'âme, la voix, la substance.
Miss Fonteyn, loin d'être éclipsée par la fougue de Noureev, s'est révélée sa parfaite égale : là où il brûle, elle illumine ; là où il bondit, elle s'envole.
Lieux clés
Ville de naissance de Margaret Evelyn Hookham, le 18 mai 1919, future Margot Fonteyn. Elle y débuta ses premières leçons de danse dès l'âge de quatre ans.
Scène principale du Royal Ballet, c'est ici que Fonteyn forgea l'essentiel de sa carrière et que se tinrent ses plus grands triomphes, dont la légendaire première avec Noureev en 1962.
Ville où son père fut muté dans les années 1930, et où la jeune Margaret Hookham perfectionna sa technique auprès de la pédagogue Vera Volkova, expérience fondatrice de sa formation classique.
Fonteyn y dansa à plusieurs reprises en tournée et c'est dans cette ville que Noureev fit défection en 1961, événement qui allait transformer la carrière de la danseuse britannique.
Ranch au Panama où Fonteyn s'installa avec son mari Roberto de Arias après sa paralysie en 1964, consacrant ses dernières années à son soin et à l'élevage. Elle y mourut le 21 février 1991.
Objets typiques

Outil de travail quotidien de la ballerine, Fonteyn en usait plusieurs paires par semaine et les personnalisait soigneusement (cousus à la main, darnings sur la pointe). Elle est l'une des premières danseuses dont les chaussons ont été conservés dans les collections du Victoria & Albert Museum de Londres.

Le tutu long dit 'romantique', hérité du XIXe siècle, était le costume emblématique de Fonteyn dans Giselle. Ses costumières l'ajustaient systématiquement pour allonger visuellement sa silhouette et amplifier la fluidité de ses bras.

Même au sommet de sa célébrité, Fonteyn effectuait sans exception sa classe quotidienne d'une heure et demie à la barre chaque matin, rituel fondateur de la discipline du danseur classique professionnel.

Poudre appliquée sur les pointes pour éviter de glisser sur le plateau, la boîte à résine est un accessoire indispensable des coulisses. Fonteyn insistait pour que la quantité soit dosée avec précision — trop peu risquait une chute, trop la freinait dans ses glissés.

Fonteyn travaillait en étroite collaboration avec les chefs d'orchestre et annotait les partitions pour synchroniser les nuances de son interprétation avec la musique. Ses carnets de répétition révèlent une musicalité analytique peu commune chez les danseuses de son époque.

Le grand miroir des salles de répétition du Royal Opera House de Covent Garden était l'espace où Fonteyn affûtait quotidiennement ses lignes et ses expressions. Elle décrivit un jour le miroir comme 'le juge le plus impitoyable et le plus honnête'.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Chaque matin sans exception, quelle que soit la fatigue ou les douleurs articulaires, Fonteyn arrivait au Royal Opera House avant 9h30 pour sa classe quotidienne d'une heure et demie. Cette discipline — héritée de son apprentissage rigoureux — était selon elle 'la seule façon de maintenir le corps en état de vérité'. Elle prenait ensuite un petit-déjeuner léger, souvent du thé et des toasts, avant les premières répétitions.
Après-midi
Les après-midi étaient consacrés aux répétitions de spectacle, parfois quatre à cinq heures d'affilée sous la direction du chorégraphe ou du maître de ballet. Fonteyn était connue pour sa ponctualité absolue et sa capacité à prendre des notes détaillées dans un carnet qu'elle gardait toujours en répétition. Elle consultait régulièrement les musiciens pour affiner sa synchronisation avec la partition.
Soir
Les soirs de représentation, Fonteyn arrivait dans les loges deux heures à l'avance pour se préparer : maquillage théâtral élaboré, coiffure strictement fixée, pose minutieuse des chaussons. Elle décrivait les minutes précédant son entrée en scène comme 'un état de grâce suspendue entre le réel et l'imaginaire'. Après le spectacle, elle participait souvent aux réceptions diplomatiques ou artistiques qui faisaient partie de la vie sociale du Royal Ballet.
Alimentation
Fonteyn suivait un régime alimentaire peu calorique mais équilibré, typique des danseuses classiques de haut niveau de son époque : légumes, poisson, fruits, peu de viandes rouges. Elle évitait l'alcool en période intense de représentations mais appréciait un verre de vin lors des dîners mondains. Sa morphologie naturellement fine lui évita les régimes drastiques que d'autres danseuses s'imposaient.
Vêtements
En dehors de la scène, Fonteyn était reconnue pour son élégance discrète et raffinée, fréquemment habillée par des couturiers britanniques et français. Elle portait volontiers des robes ajustées mettant en valeur sa posture de danseuse, et des chaussures à talon modéré. Sur scène, ses costumes — notamment ses tutus romantiques — étaient systématiquement ajustés sur mesure pour optimiser ses lignes.
Habitat
Pendant sa période londonienne active, Fonteyn habitait un appartement élégant dans le West End, à courte distance de Covent Garden. Après son mariage avec Roberto de Arias en 1955, elle partagea son temps entre Londres, New York et le Panama. Dans ses dernières années, elle vécut sur le ranch familial au Panama, dans un cadre rural dépouillé et loin des feux de la rampe.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Giselle (avec Rudolf Noureev)
1962
Symphonic Variations
1946
Le Lac des cygnes (Odette/Odile)
1952
The Magic of Dance (série documentaire BBC)
1979






