Marietta Blau(1894 — 1970)
Marietta Blau
Autriche, Cisleithanie
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Marietta Blau (1894-1970) est une physicienne autrichienne pionnière de la méthode photographique de détection des particules. Ses émulsions sensibles ont permis d'enregistrer les rayons cosmiques et les désintégrations nucléaires, ouvrant la voie à la physique des particules.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1894 à Vienne et morte en 1970 dans la même ville.
- Met au point dans les années 1920-1930 la méthode photographique de détection des particules nucléaires à l'Institut du radium de Vienne.
- Découvre en 1937, avec Hertha Wambacher, les 'étoiles de désintégration' provoquées par les rayons cosmiques dans les émulsions.
- Contrainte à l'exil en 1938 après l'Anschluss en raison de ses origines juives, elle travaille au Mexique puis aux États-Unis.
- Nommée plusieurs fois au prix Nobel (notamment par Erwin Schrödinger) mais jamais récompensée, alors que Cecil Powell obtient le Nobel 1950 grâce à des méthodes dérivées des siennes.
Œuvres & réalisations
Invention et perfectionnement de la technique permettant d'enregistrer durablement les trajectoires de particules dans une émulsion. Elle devint une méthode fondamentale de la physique des particules.
Avec Hertha Wambacher, mise en évidence de noyaux atomiques pulvérisés par les rayons cosmiques, visibles sous forme de gerbes étoilées sur les plaques.
Publication internationale qui fit connaître la portée de sa méthode et ouvrit la voie à l'étude des particules de haute énergie.
Récompense décernée à Blau et Wambacher pour leurs travaux, l'une des rares reconnaissances officielles obtenues par Blau de son vivant.
Démonstration que les protons laissent des traces mesurables dans l'émulsion, base de toute la détection photographique ultérieure des particules chargées.
Recherches à Columbia, Brookhaven et l'Université de Miami sur l'analyse des particules produites par les accélérateurs, avec des procédés d'automatisation de la mesure.
Anecdotes
Comme beaucoup de femmes scientifiques de son époque, Marietta Blau travailla pendant des années à l'Institut du radium de Vienne sans recevoir le moindre salaire. C'est sa famille qui finançait ses recherches, et elle donnait des cours particuliers pour gagner sa vie tout en révolutionnant la détection des particules.
En 1937, Blau et son élève Hertha Wambacher exposèrent des plaques photographiques pendant des mois au sommet du Hafelekar, à 2300 mètres d'altitude près d'Innsbruck. En les développant, elles découvrirent d'étranges figures en forme d'étoile : la trace de noyaux atomiques pulvérisés par les rayons cosmiques, qu'on baptisa « étoiles de désintégration ».
Lors de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie en 1938, Blau, qui était juive, dut fuir précipitamment. Le comble : sa collaboratrice Hertha Wambacher était membre du parti nazi. C'est Albert Einstein en personne qui aida Blau à trouver un poste à Mexico pour échapper à la persécution.
Le physicien Erwin Schrödinger proposa plusieurs fois Marietta Blau pour le prix Nobel, mais elle ne l'obtint jamais. En 1950, Cecil Powell reçut le Nobel de physique grâce à la méthode des émulsions photographiques qu'elle avait inventée et perfectionnée.
Toute sa vie, Blau manipula des sources radioactives et passa des journées entières penchée sur son microscope. Elle mourut d'un cancer en 1970, une maladie probablement liée à des années d'exposition aux rayonnements, à une époque où l'on en ignorait encore les dangers.
Sources primaires
Les autrices décrivent l'observation, sur des émulsions photographiques exposées en haute altitude, de gerbes de particules lourdes émises simultanément depuis un même point, interprétées comme la désintégration de noyaux atomiques sous l'effet des rayons cosmiques.
Blau démontre que des protons (rayons H) éjectés de la paraffine ou de l'aluminium laissent des traces enregistrables dans l'émulsion photographique, posant les bases de la détection des particules chargées par voie photographique.
Les rapports détaillent la mise au point d'émulsions plus sensibles et les méthodes d'exposition prolongée permettant de mesurer la portée et l'énergie des particules ionisantes.
Lieux clés
Ville natale de Blau et siège de l'Institut du radium où elle mena ses recherches majeures. Elle y revint à la fin de sa vie et y mourut en 1970.
Où Blau étudia la physique et obtint son doctorat en 1919, à une époque où les femmes accédaient à peine aux études supérieures.
Station d'altitude (environ 2300 m) où Blau et Wambacher exposèrent leurs plaques aux rayons cosmiques, révélant les « étoiles de désintégration » en 1937.
Refuge de Blau après l'Anschluss : grâce à Einstein, elle obtint un poste à l'Institut polytechnique national pour fuir la persécution nazie.
Laboratoire américain où Blau poursuivit ses travaux sur les traces de particules issues des accélérateurs, après son émigration aux États-Unis.






