Peintre vénitienne de la Renaissance tardive (1554-1590), fille et élève du Tintoret. Surnommée « la Tintoretta », elle était réputée pour ses portraits d'une grande finesse psychologique. Très demandée à la cour, elle refusa les invitations de Philippe II d'Espagne et de l'empereur Maximilien II pour rester à Venise.
Marietta Robusti(1554 — 1590)
Marietta Robusti
république de Venise
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1554 à Venise, fille de Jacopo Robusti dit le Tintoret
- Surnommée « la Tintoretta » en référence à son père
- Formée dans l'atelier paternel, elle participa probablement à plusieurs œuvres collectives
- Sollicitée par Philippe II d'Espagne et l'empereur Maximilien II, elle refusa de quitter Venise
- Décédée en 1590, à seulement 36 ans, après l'accouchement de son premier enfant
Œuvres & réalisations
Parfois attribué à Marietta, ce tableau témoigne de la finesse psychologique caractéristique de ses portraits : le regard du vieil homme est d'une mélancolie saisissante, le rendu des textures exceptionnel.
Plusieurs portraits de femmes nobles venetiennes lui sont attribués avec plus ou moins de certitude. Ils se distinguent par une attention particulière aux bijoux, aux tissus et à l'expression intérieure du modèle.
Un autoportrait conservé aux Offices de Florence lui est parfois attribué. S'il est authentifié, il constitue un rare témoignage de femme peintre s'affirmant par le regard comme sujet autant qu'artiste.
Marietta était particulièrement prisée pour les portraits de l'aristocratie vénitienne. Ce type d'œuvre, commandé par les grandes familles, lui valut sa réputation de portraitiste de cour.
Anecdotes
Marietta Robusti grandit dans l'atelier de son père, le célèbre Tintoret, déguisée en garçon afin de pouvoir l'accompagner partout sans susciter la méfiance. Cette ruse lui permit de se former à la peinture dès le plus jeune âge, dans un monde artistique alors presque exclusivement masculin.
Sa renommée atteignit les cours royales d'Europe : Philippe II d'Espagne et l'empereur Maximilien II lui proposèrent chacun de rejoindre leur cour avec honneurs et richesses. Marietta refusa les deux invitations, préférant rester à Venise auprès de son père, qui ne supportait pas l'idée de la voir partir.
Son père Jacopo Tintoret, conscient du talent exceptionnel de sa fille, refusa longtemps de la marier de peur de la perdre. Ce n'est que vers 1580 qu'il accepta de lui trouver un époux — à la condition expresse que le mari élu, Mario Augusta, un orfèvre, s'installe auprès d'eux à Venise.
À sa mort prématurée en 1590, Marietta n'avait que 36 ans. Son père fut anéanti par ce deuil. Le biographe Carlo Ridolfi rapporte que le Tintoret ne se remit jamais tout à fait de la disparition de celle qu'il considérait comme sa plus brillante élève et sa fille bien-aimée.
Marietta était également musicienne réputée : elle chantait et jouait du luth avec talent, ce qui contribuait à sa légende à la cour vénitienne. Ses contemporains la décrivaient comme une femme d'une culture et d'une grâce rares, aussi habile avec le pinceau qu'avec les cordes d'un instrument.
Sources primaires
Marietta, figlia del Tintoretto, fu dotata di singolare ingegno nella pittura, e massimamente nei ritratti, nei quali superò molti valenti artefici. Fu richiesta dall'imperatore e dal re di Spagna, ma non volle abbandonare il padre.
La Tintoretta, così chiamata per esser figlia del gran Tintoretto, lasciò opere di grande valentia, specie nel ritrarre le figure con vera somiglianza e vivo spirito.
Sa Majesté le Roi d'Espagne a exprimé le désir d'avoir à sa cour la fille du Tintoret, fort renommée pour ses portraits, mais le père n'a point consenti à la laisser partir.
Nelle botteghe veneziane più illustri, les filles de peintres apprennent dès l'enfance les secrets du métier, et certaines parviennent à une maestria que peu d'hommes égalent.
Lieux clés
C'est dans ce quartier du Cannaregio que Marietta grandit et se forma à la peinture. L'atelier paternel était à la fois école, lieu de vie et centre de production artistique pour toute la famille.
Lieu emblématique du travail du Tintoret, où Marietta collabora probablement aux grands cycles peints. Ces salles constituent encore aujourd'hui la plus grande concentration d'œuvres tintorettiennes.
Après l'incendie de 1577, l'atelier du Tintoret reçut de grandes commandes pour redécorer les salles officielles. Marietta participa probablement à ces travaux collectifs d'envergure.
Paroisse du quartier de Sant'Angelo, c'est là que Marietta Robusti fut enterrée à sa mort en 1590. L'église conserve également des œuvres du Tintoret commandées pour ce quartier.
Cœur commercial de Venise où résidaient orfèvres, marchands et artisans. Mario Augusta, l'époux de Marietta, y exerçait son métier d'orfèvre, inscrivant la famille dans l'élite artisanale de la Sérénissime.
Objets typiques

Marietta hérite des pratiques de l'atelier du Tintoret, qui utilisait des pigments d'une grande richesse : lapis-lazuli, vermillon, ocre de Venise. La palette était l'outil central de son quotidien d'artiste.

Marietta était réputée pour ses talents musicaux autant que picturaux. Le luth, instrument noble et à la mode dans les cours vénitiennes, accompagnait les réunions de l'élite chez lesquelles elle était invitée.

Les miroirs de Murano, chef-d'œuvre de la verrerie vénitienne, étaient indispensables aux portraitistes pour observer les jeux de lumière et contrôler les effets de reflets sur les visages peints.

Comme dans tout atelier de la Renaissance, les études au crayon ou à la plume précédaient les travaux peints. Marietta y consignait croquis de visages, drapés et compositions avant de passer à la toile.

La dentelle de Venise, produite notamment à Burano, était un symbole de raffinement. Les portraits attribués à Marietta montrent une attention particulière aux textiles, qu'elle représentait avec une précision remarquable.

L'atelier du Tintoret était connu pour ses grandes compositions nocturnes aux lumières dramatiques. Marietta, formée à cette école, utilisait des sources de lumière artificielle pour étudier les effets d'ombre et de clair-obscur.
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Vie quotidienne
Matin
Marietta se levait tôt pour profiter de la lumière naturelle du matin, la plus précieuse pour un portraitiste. Elle préparait ses pigments avec Mario ou un assistant, broyant les couleurs à l'huile de lin, avant de recevoir ses modèles — nobles vénitiennes, sénateurs ou marchands — dans la partie claire de l'atelier familial.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux longues séances de pose, parfois agrémentées de musique : Marietta jouait du luth entre deux couches de peinture pour détendre ses modèles et obtenir des expressions plus naturelles. Elle collaborait aussi aux grandes commandes collectives de l'atelier paternel.
Soir
Le soir, à la lumière des chandeliers, Marietta retravaillait les détails fins — dentelles, bijoux, reflets dans les yeux — qui faisaient la réputation de ses portraits. Les repas réunissaient la famille Robusti dans une maison animée, fréquentée par les artistes et lettrés du quartier.
Alimentation
La cuisine vénitienne de l'époque mêlait poissons des lagunes (sardines, seppie en noir d'encre), légumes de la terra ferma, polenta de maïs — nouvelle denrée alors encore rare — et épices venues d'Orient via le grand commerce de la Sérénissime. Le vin des Colli Euganei accompagnait les repas de la famille.
Vêtements
Marietta portait des robes à manches larges pratiques pour peindre, souvent en drap de laine teinte, avec un tablier de travail pour protéger ses vêtements des pigments. Pour recevoir ou être reçue, elle revêtait les tenues de l'élite vénitienne : velours, col de dentelle de Burano et coiffe ornée, comme on les voit dans ses propres portraits.
Habitat
La famille vivait dans une maison spacieuse du Cannaregio, dont les étages supérieurs donnaient sur un canal. L'atelier du Tintoret occupait le rez-de-chaussée et l'entresol, envahi de toiles de toutes tailles, d'échelles, de mannequins articulés et de moulages en plâtre. Après son mariage, Marietta continua d'y travailler quotidiennement.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Palette vénitienne tardive aux ombres profondes et lumières ambrées, drapés somptueux, finesse psychologique des visages dans la tradition manièriste du Tintoret.
Ambiance sonore
L'atelier vénitien de la Tintoretta : eau des canaux, cloches d'église, sons de luth et murmure des pigments mélangés à l'huile dans la lumière dorée du Cannaregio.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Portrait d'une dame vénitienne
vers 1580
Autoportrait présumé
vers 1580
Portrait d'un sénateur vénitien
vers 1583






