Marlon Brando(1924 — 2004)

Marlon Brando

États-Unis

7 min de lecture

SpectacleActeur/triceRéalisateur/triceXXe siècleHollywood et le cinéma américain de l'après-guerre à la fin du XXe siècle, marqué par l'essor de l'Actors Studio et du Nouvel Hollywood

Marlon Brando (1924-2004) est un acteur et réalisateur américain considéré comme l'un des plus influents du cinéma du XXe siècle. Figure majeure de la « Méthode » de l'Actors Studio, il a révolutionné le jeu d'acteur par son naturalisme et son intensité.

Questions fréquentes

Marlon Brando (1924-2004) est bien plus qu'une star de cinéma : il a transformé la manière même de jouer. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a imposé la « Méthode » de l'Actors Studio, une technique où l'acteur puise dans ses propres émotions pour incarner son personnage. Imagine un jeu d'une authenticité brute, avec des gestes naturels et des silences lourds de sens, à l'opposé des grands gestes théâtraux d'avant. Son rôle de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir (1947 au théâtre, 1951 au cinéma) a sidéré le public : Brando hurlait, transpirait, bégayait, donnant l'impression de ne pas jouer. Ce naturalisme a ouvert la voie à des acteurs comme Robert De Niro ou Al Pacino.

Faits marquants

  • Né le 3 avril 1924 à Omaha (Nebraska) et mort le 1er juillet 2004 à Los Angeles
  • Révélé en 1951 dans le rôle de Stanley Kowalski dans « Un tramway nommé Désir » d'Elia Kazan
  • Oscar du meilleur acteur en 1955 pour « Sur les quais » (On the Waterfront)
  • Second Oscar en 1973 pour « Le Parrain » de Coppola, qu'il refuse en signe de protestation contre le traitement des Amérindiens à Hollywood
  • Interprète emblématique du colonel Kurtz dans « Apocalypse Now » (1979)

Œuvres & réalisations

Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire) (1947 (théâtre), 1951 (film))

Dans le rôle de Stanley Kowalski, Brando impose un jeu brut et instinctif qui révolutionne le théâtre puis le cinéma américains.

L'Équipée sauvage (The Wild One) (1953)

Brando y incarne un chef de bande motard et devient une icône de la révolte adolescente des années 1950.

Sur les quais (On the Waterfront) (1954)

Film d'Elia Kazan sur les dockers de New York qui vaut à Brando son premier Oscar du meilleur acteur.

Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty) (1962)

Grande fresque tournée en partie à Tahiti ; ce tournage marque le début de l'attachement de Brando à la Polynésie.

Le Parrain (The Godfather) (1972)

Dans le rôle du patriarche mafieux Vito Corleone, Brando livre une composition légendaire et remporte (sans l'accepter) un second Oscar.

Apocalypse Now (1979)

Brando y joue l'inquiétant colonel Kurtz dans ce film phare du Nouvel Hollywood sur la guerre du Viêt Nam.

Anecdotes

Lors de la cérémonie des Oscars de 1973, Marlon Brando remporte l'Oscar du meilleur acteur pour « Le Parrain », mais il refuse de venir le chercher. À sa place, il envoie Sacheen Littlefeather, une militante amérindienne, qui décline le prix sur scène pour protester contre la façon dont Hollywood traitait les peuples autochtones. C'est l'un des gestes politiques les plus célèbres de l'histoire du cinéma.

Pour incarner le vieux parrain mafieux Vito Corleone alors qu'il n'avait que 47 ans, Brando glissa du coton dans ses joues lors de l'essai (puis une prothèse dentaire pendant le tournage) afin de se donner un visage tombant de bouledogue et une voix feutrée. Le réalisateur Francis Ford Coppola avait dû insister auprès du studio, qui ne voulait pas de Brando, jugé trop difficile.

Dans « Sur les quais » (1954), Brando improvise l'une des répliques les plus citées du cinéma américain : « J'aurais pu être un champion » (« I coulda been a contender »), prononcée dans un taxi face à son frère. Cette scène, jouée tout en retenue et en émotion contenue, devint le symbole du nouveau jeu d'acteur « naturaliste » qu'il incarnait.

Passionné par la Polynésie après le tournage des « Révoltés du Bounty » à Tahiti (1962), Brando acheta en 1966 l'atoll de Tetiaroa, au large de Tahiti. Il rêvait d'en faire un lieu protégé et écologique, et y séjourna régulièrement loin d'Hollywood.

Très engagé, Brando participa en 1963 à la Marche sur Washington pour les droits civiques aux côtés de Martin Luther King, puis soutint activement les luttes amérindiennes. Il alla jusqu'à risquer son image de star pour défendre des causes politiques, ce qui était rare pour un acteur de son niveau de célébrité.

Sources primaires

Sur les quais (On the Waterfront), réplique de Terry Malloy (1954)
« J'aurais pu avoir de la classe. J'aurais pu être un champion. J'aurais pu être quelqu'un, au lieu d'un bon à rien, ce que je suis. »
Songs My Mother Taught Me, autobiographie de Marlon Brando (1994)
Brando y raconte son enfance difficile dans le Nebraska, sa mère alcoolique et passionnée de théâtre, et sa découverte du jeu d'acteur à New York.
Discours de Sacheen Littlefeather aux Oscars, au nom de Marlon Brando (27 mars 1973)
Elle déclare que Brando « ne peut malheureusement pas accepter ce prix très généreux » en raison du traitement réservé aux Indiens d'Amérique par l'industrie du cinéma.
Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire) de Tennessee Williams, rôle de Stanley Kowalski (1947 (théâtre) / 1951 (film))
Le cri déchirant « Stella ! » lancé par Stanley au pied de l'escalier devint l'une des scènes les plus imitées du théâtre et du cinéma américains.

Lieux clés

Omaha, Nebraska (États-Unis)

Ville natale de Marlon Brando, au cœur des plaines américaines, où il passe une enfance marquée par les difficultés familiales.

Actors Studio, New York

Lieu mythique où Brando se forme à la « Méthode » de jeu d'acteur. C'est là que se façonne le style naturaliste qui le rendra célèbre.

Broadway, New York

Quartier des théâtres new-yorkais où Brando triomphe en 1947 dans « Un tramway nommé Désir », révélant son immense talent.

Hollywood, Los Angeles (Californie)

Capitale mondiale du cinéma où Brando tourne ses plus grands films et devient une légende du grand écran.

Atoll de Tetiaroa, Polynésie française

Petit atoll au large de Tahiti que Brando achète en 1966, séduit par la Polynésie. Il en fait son refuge loin de la célébrité.

Voir aussi