Marthe Gautier (1925-2022) est une pédiatre et chercheuse française. Ses travaux de culture cellulaire furent décisifs dans la découverte, en 1958-1959, de l'anomalie chromosomique à l'origine de la trisomie 21. Sa contribution, longtemps minorée, a relancé le débat sur la reconnaissance des femmes en science.
Marthe Gautier(1925 — 2022)
Marthe Gautier
République démocratique du Congo
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 10 septembre 1925 à Montenils (Seine-et-Marne), issue d'une famille d'agriculteurs
- Médecin pédiatre, elle se forme à la culture cellulaire lors d'un séjour aux États-Unis (1955-1956)
- En 1958, elle réalise les cultures cellulaires permettant d'observer un chromosome surnuméraire à l'origine de la trisomie 21
- La découverte est publiée en 1959, mais le crédit en revient longtemps surtout à Jérôme Lejeune
- Décédée le 30 avril 2022, elle est devenue une figure de la lutte pour la reconnaissance des femmes scientifiques
Œuvres & réalisations
De retour des États-Unis, elle monte presque seule et avec très peu de moyens un laboratoire capable de cultiver des cellules humaines, condition indispensable à la découverte.
Première communication présentant la méthode de culture appliquée aux chromosomes humains, ouvrant la voie au résultat décisif.
Article fondateur identifiant la trisomie 21 : première maladie humaine reliée à une anomalie du nombre de chromosomes, événement majeur de la médecine.
Après les chromosomes, elle se consacre à la recherche sur le foie et ses maladies, menant une longue carrière scientifique loin des projecteurs.
Témoignage publié dans lequel elle livre sa version des faits, relançant le débat sur la reconnaissance de son rôle.
Distinction qui consacre, sur le tard, l'importance de sa contribution scientifique et fait d'elle un symbole de la lutte pour la reconnaissance des femmes en science.
Anecdotes
En 1955, Marthe Gautier obtient une bourse pour partir un an aux États-Unis, à Harvard, où elle apprend une technique encore rare : faire pousser des cellules humaines en laboratoire. De retour à Paris en 1956, elle découvre qu'aucun laboratoire de culture cellulaire n'existe en France et le monte presque seule, avec très peu de moyens, dans le service du professeur Turpin.
À l'époque, on croyait depuis 1923 que l'être humain possédait 48 chromosomes. Ce n'est qu'en 1956 que deux chercheurs prouvent qu'il en a en réalité 46. Marthe Gautier travaille donc juste au moment où la science vient de corriger une erreur vieille de trente ans, et c'est dans ce contexte qu'elle compte, en 1958, 47 chromosomes dans les cellules d'enfants atteints de trisomie 21.
Marthe Gautier n'avait pas de microscope équipé d'un appareil photo pour immortaliser sa découverte. Les précieuses lames furent confiées à un jeune chercheur, Jérôme Lejeune, pour être photographiées ailleurs. Quand l'article historique parut en 1959, le nom de Lejeune figurait en premier, et celui de Gautier, mal orthographié « Gauthier », en deuxième : le début d'une longue bataille pour la reconnaissance.
En 2014, à 88 ans, Marthe Gautier devait recevoir une médaille lors d'un grand congrès de génétique à Bordeaux. Un huissier de justice fut envoyé pour enregistrer son intervention et la cérémonie fut perturbée. Cet épisode, très médiatisé, relança le débat national sur la place des femmes dans l'histoire des sciences.
Sources primaires
L'analyse établit la présence de 47 chromosomes au lieu de 46 chez les enfants atteints de mongolisme, le chromosome surnuméraire étant un petit chromosome acrocentrique.
Elle y raconte comment elle a réalisé les cultures cellulaires et compté les chromosomes, et comment les photographies déterminantes furent prises hors de son laboratoire, expliquant le déséquilibre dans l'attribution de la découverte.
Le comité reconnaît le rôle scientifique majeur joué par Marthe Gautier dans les travaux de culture cellulaire ayant conduit à l'identification de l'anomalie chromosomique, tout en appelant à la prudence sur la reconstitution exacte des faits.
Lieux clés
Village rural où Marthe Gautier naît en 1925 dans une famille d'agriculteurs. C'est de là qu'elle part faire des études de médecine à Paris.
Ville où elle fait ses études de médecine et devient interne des hôpitaux, spécialisée en cardiologie pédiatrique. Elle y mènera toute sa carrière de chercheuse.
Lieu de son séjour de recherche en 1955-1956. Elle y apprend la culture de cellules humaines, technique alors inexistante en France.
Dans le service du professeur Raymond Turpin, Marthe Gautier installe son laboratoire de culture cellulaire. C'est là qu'elle compte 47 chromosomes en 1958.
Ville du congrès de génétique de 2014 où devait lui être remise une médaille. La cérémonie controversée donna une résonance nationale à la question de sa reconnaissance.
Objets typiques

Instrument permettant de grossir les cellules pour observer et compter les chromosomes au cœur de leur noyau. C'est l'outil central de la cytogénétique.

Récipient stérile dans lequel les cellules humaines sont nourries pour se multiplier. Maîtriser cette technique fut la grande compétence rapportée des États-Unis par Marthe Gautier.

Petite plaque de verre sur laquelle on étale les chromosomes d'une cellule en division pour les examiner. Ce sont ces lames qui portaient la preuve de la découverte.

Dispositif photographique couplé au microscope pour fixer l'image des chromosomes. Faute d'en posséder un, Marthe Gautier dut confier ses lames à un collègue, ce qui pesa sur l'attribution de la découverte.

Image classée de l'ensemble des chromosomes d'une personne, rangés par paires. C'est sur un caryotype que le chromosome 21 supplémentaire de la trisomie devient visible.

Machine qui fait tourner très vite les tubes pour séparer les cellules du liquide. Elle est indispensable à la préparation des échantillons avant l'observation.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une pédiatre chercheuse des années 1950 commence souvent à l'hôpital, au chevet des enfants malades, en blouse blanche. Marthe Gautier examine ses petits patients avant de gagner son laboratoire.
Après-midi
L'après-midi se passe au laboratoire de culture cellulaire, à entretenir les cultures, préparer les lames et observer patiemment les cellules au microscope. Compter des chromosomes minuscules demandait des heures de concentration et une grande minutie.
Soir
Le soir, elle lit les revues scientifiques internationales, souvent en anglais, pour suivre les découvertes récentes en génétique. C'est aussi le moment de noter ses résultats et de préparer ses communications.
Alimentation
Dans la France de l'après-guerre, l'alimentation reste simple et la cantine hospitalière nourrit le personnel. Les repas se composent de plats traditionnels : soupes, légumes, viande quand on en trouve, pain.
Vêtements
Au travail, la blouse blanche de médecin et de chercheuse est l'uniforme. En ville, Marthe Gautier porte les tenues sobres et élégantes d'une femme active du milieu du XXe siècle.
Habitat
Elle vit dans un appartement parisien, comme beaucoup de médecins de l'époque, à proximité des hôpitaux. Le confort moderne (chauffage, téléphone) se généralise progressivement dans ces années-là.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Création du premier laboratoire français de culture cellulaire humaine
1956-1958
« Les chromosomes humains en culture de tissus » (note préliminaire, Académie des sciences)
janvier 1959
« Étude des chromosomes somatiques de neuf enfants mongoliens »
1959
Carrière de recherche à l'Inserm en hépatologie
années 1960-1970
« Cinquantenaire de la trisomie 21. Retour sur une découverte »
2009
Officier de la Légion d'honneur
2014






