Mary Cartwright(1900 — 1998)

Mary Cartwright

Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

6 min de lecture

SciencesMathématicien(ne)XXe sièclePremière moitié et milieu du 20e siècle, marqués par les deux guerres mondiales et l'essor des mathématiques appliquées

Mathématicienne britannique pionnière de la théorie des systèmes dynamiques. Ses travaux sur les équations différentielles non linéaires annoncent la théorie du chaos. Elle fut la première femme mathématicienne élue à la Royal Society.

Questions fréquentes

Mary Cartwright (1900-1998) est une mathématicienne britannique qui a ouvert la voie à la théorie du chaos bien avant que le terme n'existe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a montré que des équations simples, comme celle décrivant un amplificateur radio, peuvent produire des comportements imprévisibles — une idée révolutionnaire pour l'époque. Elle fut aussi la première femme mathématicienne élue à la Royal Society en 1947, et la première à diriger la London Mathematical Society.

Faits marquants

  • Née le 17 décembre 1900 à Aynho (Angleterre)
  • Première femme mathématicienne élue Fellow de la Royal Society en 1947
  • Collabore avec John Littlewood dès 1938 sur les équations non linéaires liées au radar, posant des bases de la future théorie du chaos
  • Première femme présidente de la London Mathematical Society (1961-1963)
  • Anoblie (Dame Commander) en 1969 ; décédée le 3 avril 1998

Œuvres & réalisations

Travaux sur les équations différentielles non linéaires (avec J. E. Littlewood) (1945-1947)

Découverte que des équations simples peuvent produire des solutions d'une complexité chaotique. Ces résultats préfigurent la théorie du chaos née dans les années 1960-70.

« Integral Functions » (livre) (1956)

Ouvrage de référence sur la théorie des fonctions entières, publié dans la prestigieuse collection des Cambridge Tracts in Mathematics.

Élection à la Royal Society (1947)

Première femme mathématicienne admise dans la plus ancienne académie scientifique du monde.

Présidence de la London Mathematical Society (1961-1963)

Première femme à diriger la principale société savante de mathématiques du Royaume-Uni.

Médaille Sylvester de la Royal Society (1964)

Récompense prestigieuse pour ses contributions aux mathématiques ; elle en est la première lauréate féminine.

Médaille De Morgan de la London Mathematical Society (1968)

La plus haute distinction de la société, qu'elle est la première femme à recevoir, couronnant l'ensemble de son œuvre.

Anecdotes

En 1938, le Conseil britannique de la recherche radio (Radio Research Board) lance un appel aux mathématiciens : les ingénieurs n'arrivent pas à comprendre le comportement étrange de certains amplificateurs radio, décrits par des équations différentielles. Mary Cartwright et son collègue J. E. Littlewood relèvent le défi et découvrent que les solutions sont d'une complexité insoupçonnée — un travail qui annonce, des décennies à l'avance, la future théorie du chaos.

En 1947, Mary Cartwright devient la première femme mathématicienne élue « Fellow » de la Royal Society, la plus ancienne académie scientifique du monde, fondée en 1660. Il aura fallu près de trois siècles pour qu'une mathématicienne y entre.

Née en 1900, elle étudie les mathématiques à Oxford juste après la Première Guerre mondiale, à une époque où les femmes y sont une infime minorité : l'université n'a accepté de décerner ses diplômes aux femmes qu'à partir de 1920.

De 1949 à 1968, elle dirige Girton College à Cambridge, l'un des premiers collèges universitaires britanniques réservés aux femmes. Diriger un collège tout en poursuivant des recherches de pointe était alors exceptionnel.

Elle collectionne les « premières » pour une femme : première présidente de la London Mathematical Society (1961), première femme à recevoir la médaille Sylvester (1964) puis la médaille De Morgan (1968). En 1969, la reine la fait Dame Commandeur de l'Empire britannique.

Sources primaires

M. L. Cartwright & J. E. Littlewood, « On non-linear differential equations of the second order », Journal of the London Mathematical Society (1945)
Étude de l'équation de van der Pol forcée montrant que ses solutions peuvent présenter des comportements extraordinairement complexes et non périodiques, là où l'on attendait des oscillations régulières.
M. L. Cartwright, « Integral Functions », Cambridge University Press (Cambridge Tracts in Mathematics) (1956)
Traité de référence sur la théorie des fonctions entières, synthèse de ses recherches en analyse complexe menées dès les années 1930.
M. L. Cartwright, « Forced oscillations in nearly sinusoidal systems », Journal of the Institution of Electrical Engineers (1948)
Présentation, destinée aussi aux ingénieurs, des phénomènes d'oscillations forcées dans les systèmes électroniques presque sinusoïdaux.

Lieux clés

Aynho, Northamptonshire

Village anglais où Mary Cartwright naît en 1900, fille d'un pasteur. C'est le cadre de son enfance.

St Hugh's College, Oxford

Collège d'Oxford où elle étudie les mathématiques au début des années 1920, parmi les rares femmes admises. Elle y poursuit aussi son doctorat sous la direction de G. H. Hardy.

Girton College, Cambridge

Collège pour femmes où elle est enseignante puis directrice (Mistress) de 1949 à 1968. Le cœur de sa carrière universitaire.

Université de Cambridge

Ville et université où elle mène l'essentiel de ses recherches en analyse et en systèmes dynamiques.

Royal Society, Londres

Académie scientifique britannique où elle est élue Fellow en 1947, première mathématicienne à recevoir cet honneur.

Voir aussi