Mathématicienne britannique pionnière de la théorie des systèmes dynamiques. Ses travaux sur les équations différentielles non linéaires annoncent la théorie du chaos. Elle fut la première femme mathématicienne élue à la Royal Society.
Mary Cartwright(1900 — 1998)
Mary Cartwright
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 17 décembre 1900 à Aynho (Angleterre)
- Première femme mathématicienne élue Fellow de la Royal Society en 1947
- Collabore avec John Littlewood dès 1938 sur les équations non linéaires liées au radar, posant des bases de la future théorie du chaos
- Première femme présidente de la London Mathematical Society (1961-1963)
- Anoblie (Dame Commander) en 1969 ; décédée le 3 avril 1998
Œuvres & réalisations
Découverte que des équations simples peuvent produire des solutions d'une complexité chaotique. Ces résultats préfigurent la théorie du chaos née dans les années 1960-70.
Ouvrage de référence sur la théorie des fonctions entières, publié dans la prestigieuse collection des Cambridge Tracts in Mathematics.
Première femme mathématicienne admise dans la plus ancienne académie scientifique du monde.
Première femme à diriger la principale société savante de mathématiques du Royaume-Uni.
Récompense prestigieuse pour ses contributions aux mathématiques ; elle en est la première lauréate féminine.
La plus haute distinction de la société, qu'elle est la première femme à recevoir, couronnant l'ensemble de son œuvre.
Anecdotes
En 1938, le Conseil britannique de la recherche radio (Radio Research Board) lance un appel aux mathématiciens : les ingénieurs n'arrivent pas à comprendre le comportement étrange de certains amplificateurs radio, décrits par des équations différentielles. Mary Cartwright et son collègue J. E. Littlewood relèvent le défi et découvrent que les solutions sont d'une complexité insoupçonnée — un travail qui annonce, des décennies à l'avance, la future théorie du chaos.
En 1947, Mary Cartwright devient la première femme mathématicienne élue « Fellow » de la Royal Society, la plus ancienne académie scientifique du monde, fondée en 1660. Il aura fallu près de trois siècles pour qu'une mathématicienne y entre.
Née en 1900, elle étudie les mathématiques à Oxford juste après la Première Guerre mondiale, à une époque où les femmes y sont une infime minorité : l'université n'a accepté de décerner ses diplômes aux femmes qu'à partir de 1920.
De 1949 à 1968, elle dirige Girton College à Cambridge, l'un des premiers collèges universitaires britanniques réservés aux femmes. Diriger un collège tout en poursuivant des recherches de pointe était alors exceptionnel.
Elle collectionne les « premières » pour une femme : première présidente de la London Mathematical Society (1961), première femme à recevoir la médaille Sylvester (1964) puis la médaille De Morgan (1968). En 1969, la reine la fait Dame Commandeur de l'Empire britannique.
Sources primaires
Étude de l'équation de van der Pol forcée montrant que ses solutions peuvent présenter des comportements extraordinairement complexes et non périodiques, là où l'on attendait des oscillations régulières.
Traité de référence sur la théorie des fonctions entières, synthèse de ses recherches en analyse complexe menées dès les années 1930.
Présentation, destinée aussi aux ingénieurs, des phénomènes d'oscillations forcées dans les systèmes électroniques presque sinusoïdaux.
Lieux clés
Village anglais où Mary Cartwright naît en 1900, fille d'un pasteur. C'est le cadre de son enfance.
Collège d'Oxford où elle étudie les mathématiques au début des années 1920, parmi les rares femmes admises. Elle y poursuit aussi son doctorat sous la direction de G. H. Hardy.
Collège pour femmes où elle est enseignante puis directrice (Mistress) de 1949 à 1968. Le cœur de sa carrière universitaire.
Ville et université où elle mène l'essentiel de ses recherches en analyse et en systèmes dynamiques.
Académie scientifique britannique où elle est élue Fellow en 1947, première mathématicienne à recevoir cet honneur.
Objets typiques

Surface murale sur laquelle les mathématiciens écrivent et effacent équations et démonstrations. C'était l'outil central de l'enseignement et de la recherche à Cambridge.

Cahiers couverts de calculs, d'esquisses de solutions et de notes manuscrites. C'est là que naissaient, ligne après ligne, les démonstrations.

Appareil électronique dont le comportement instable, modélisé par l'équation de van der Pol, a déclenché les recherches de Cartwright. Ses oscillations « étranges » étaient un casse-tête pour les ingénieurs.

Instrument qui affiche sous forme de courbe l'évolution d'un signal électrique dans le temps. Il permettait de visualiser les oscillations complexes que Cartwright et Littlewood étudiaient mathématiquement.

Calculatrice de bureau à manivelle ou électromécanique, utilisée pour les calculs numériques fastidieux avant l'ère des ordinateurs.

Robe noire portée par les universitaires de Cambridge lors des cérémonies et de la vie de collège. Comme directrice de Girton, Cartwright la revêtait souvent.
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Vie quotidienne
Matin
Levée tôt dans ses appartements de Girton College, Mary Cartwright commençait souvent la journée par la lecture du courrier et la préparation de ses cours. Le matin était un moment précieux pour la réflexion mathématique, au calme, avant l'agitation du collège.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre l'enseignement, les rencontres avec étudiantes et collègues, et les tâches administratives de directrice. Elle consacrait aussi du temps à ses recherches, couvrant carnets et tableaux de calculs.
Soir
Les soirées étaient rythmées par les dîners en commun (« High Table ») de la vie de collège, où professeurs et invités échangeaient. Elle y discutait sciences, littérature et affaires universitaires, puis revenait souvent à ses travaux.
Alimentation
Elle prenait ses repas à la table commune du collège, selon la tradition universitaire britannique : cuisine simple et copieuse, thé l'après-midi, et dîners plus formels le soir. La nourriture y reflétait les restrictions du rationnement durant et après la guerre.
Vêtements
Vêtements sobres et pratiques d'universitaire de la première moitié du 20e siècle : jupes, chemisiers et vestes de bonne coupe. Lors des cérémonies et de la vie officielle du collège, elle revêtait la toge académique noire.
Habitat
Comme directrice, elle logeait dans les appartements réservés à la Mistress au sein de Girton College, vaste bâtiment de brique rouge entouré de jardins, à la périphérie de Cambridge. Ce cadre mêlait vie privée et fonctions officielles.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Travaux sur les équations différentielles non linéaires (avec J. E. Littlewood)
1945-1947
« Integral Functions » (livre)
1956
Élection à la Royal Society
1947
Présidence de la London Mathematical Society
1961-1963
Médaille Sylvester de la Royal Society
1964
Médaille De Morgan de la London Mathematical Society
1968






