Explorateur afro-américain, compagnon de Robert Peary lors de l'expédition au pôle Nord de 1909. Il est probablement le premier homme à avoir atteint le pôle Nord géographique, précédant Peary de quelques minutes.
Matthew Henson(1866 — 1955)
Matthew Henson
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1866 : Naissance à Charles County, Maryland
- 1909 : Participe à l'expédition Peary et atteint probablement le pôle Nord en premier
- 1937 : Admis à l'Explorers Club après des décennies d'exclusion raciale
- 1988 : Réinhumé avec honneurs au cimetière national d'Arlington, aux côtés de Peary
- 2000 : Médaille d'or du Congrès décernée à titre posthume
Œuvres & réalisations
Récit autobiographique dans lequel Henson relate ses multiples expéditions arctiques et son rôle central dans la conquête du pôle Nord. C'est l'un des rares témoignages directs d'un explorateur africain-américain de cette époque, document précieux pour l'histoire de l'exploration polaire.
L'expédition la plus célèbre de Henson, qui aboutit à l'atteinte probable du pôle Nord géographique le 6 avril 1909. Henson y joua un rôle déterminant : construction des traîneaux, communication avec les guides inuits et conduite des attelages dans la phase finale.
Lors de ces sept expéditions préparatoires, Henson perfectionna ses techniques de survie arctique et ses compétences inuites, posant les bases de la réussite finale de 1909. Ces missions permirent aussi de cartographier des régions du Grand Nord alors inconnues des géographes occidentaux.
Grâce à sa maîtrise de l'inuktitut et à sa longue immersion au sein des communautés inuites, Henson constitua un corpus unique d'observations sur les techniques de chasse, de construction et de navigation de ces peuples. Ces données, disséminées dans ses écrits, représentent un apport scientifique souvent méconnu.
Anecdotes
Orphelin dès l'âge de sept ans, Matthew Henson s'embarque à douze ans comme mousse sur le navire marchand Katie Hines. Le capitaine Childs le prend sous son aile et lui enseigne la navigation, la géographie et la lecture, offrant à ce jeune garçon sans famille une éducation qu'il n'aurait jamais pu recevoir autrement.
Lors des expéditions arctiques, Henson apprend la langue des Inuits, l'inuktitut, et maîtrise l'art de conduire les attelages de chiens de traîneau mieux que n'importe quel autre membre de l'équipe. Les Inuits lui donnent le surnom de Mahri-Pahluk, signifiant 'le bon Matthew', témoignant du respect profond qu'ils lui portent et qui le distingue nettement des autres explorateurs occidentaux.
Le 6 avril 1909, Henson est probablement le premier être humain à poser le pied exactement au pôle Nord géographique, précédant Peary d'environ quarante-cinq minutes. Il plante l'emblème de l'expédition dans la glace, mais c'est Peary qui, dans son journal, s'attribue la primeur de la découverte, reléguant délibérément son compagnon au second plan.
De retour aux États-Unis, Henson est largement ignoré par la presse et les institutions scientifiques en raison de la ségrégation raciale alors en vigueur. Pendant vingt-trois ans, il travaille comme simple employé au bureau des douanes de New York, presque oublié de tous, avant que la reconnaissance tardive de ses exploits ne lui soit finalement accordée dans les dernières années de sa vie.
En 1937, à l'âge de soixante et onze ans, Henson devient le premier homme noir admis à l'Explorers Club de New York, l'une des plus prestigieuses organisations d'explorateurs au monde. En 1954, quelques mois avant sa mort, il est reçu à la Maison Blanche par le président Eisenhower, une reconnaissance symbolique mais terriblement tardive de ses contributions à l'exploration polaire.
Sources primaires
I was in the lead that had overshot the mark a couple of miles. We went back then and I could see that my footprints had been the first at the spot.
The Pole at last. The prize of three centuries. My dream and goal for twenty years. Mine at last!
Henson, the most efficient dog driver among the Eskimos and members of the expedition, was indispensable to the success of the polar journey.
I have been to the top of the world and I have seen it. No man of any race has the right to deny what I have seen and what I have done in the service of exploration.
Lieux clés
Lieu de naissance de Matthew Henson en 1866, dans un État marqué par les séquelles de l'esclavage et les tensions de la Reconstruction. Ses origines modestes dans le Sud rural des États-Unis contrastent avec les sommets qu'il atteindra lors de ses explorations polaires.
Point de départ de la dernière et décisive expédition vers le pôle Nord en 1909. Henson et Peary organisèrent depuis ce camp avancé les dernières étapes de leur progression sur la banquise arctique.
Le 6 avril 1909, Henson est probablement le premier homme à fouler ce point extrême du globe, aboutissement de toute une vie d'expéditions et de sacrifices. Cet endroit symbolise l'ultime frontière de l'exploration polaire du début du XXe siècle.
Henson vécut la majeure partie de sa vie adulte à New York, notamment à Harlem, où il travailla comme employé aux douanes fédérales pendant vingt-trois ans. C'est dans cette ville qu'il mourut en 1955, après avoir été progressivement reconnu pour ses exploits.
En 1988, les restes de Matthew Henson furent transférés au cimetière national d'Arlington et réinhumés avec les honneurs militaires, symbole de la reconnaissance posthume accordée à l'explorateur par la nation américaine.
Objets typiques

Henson maîtrisait mieux que quiconque la conduite des attelages de chiens inuits, seul moyen de transport efficace sur la banquise arctique. Il construisait et réparait lui-même les traîneaux selon les techniques apprises de ses compagnons inuits.

Grâce à son apprentissage auprès des Inuits, Henson portait des tenues de survie entièrement confectionnées en peaux d'animaux arctiques, bien plus adaptées aux températures extrêmes que les équipements occidentaux de l'époque.

Henson apprit à chasser le phoque et l'ours polaire avec le harpon traditionnel inuit, une compétence vitale pour assurer l'alimentation des membres de l'expédition lors des longues traversées de la banquise.

Ces instruments de précision permettaient de calculer la latitude et de s'orienter dans l'immensité blanche de l'Arctique. Henson les utilisait pour mesurer les progrès de l'expédition et vérifier leur position par rapport au pôle.

Ration de survie composée de viande séchée mélangée à de la graisse animale, constituant l'aliment de base de l'expédition. Henson gérait soigneusement ces provisions, dont le calcul précis conditionna la réussite ou l'échec des tentatives successives vers le pôle.

Ces outils permettaient de traverser les zones de glace fragmentée appelées hummocks et de progresser sur un terrain extrêmement accidenté. La maîtrise de ces équipements, combinée aux techniques inuites, permettait à Henson de guider la troupe dans les passages les plus difficiles.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Lors des expéditions polaires, Henson se levait avant l'aube pour nourrir les chiens de traîneau et vérifier l'état des attelages. Il préparait ensuite l'équipement de la journée avec les guides inuits, évaluant les conditions de la banquise et décidant de la route à emprunter pour éviter les zones de glace brisée.
Après-midi
Les journées de progression sur la banquise duraient parfois seize heures en été polaire, profitant du soleil permanent. Henson guidait souvent le groupe de tête, utilisant ses compétences de navigation et sa connaissance du terrain arctique pour frayer un chemin à travers les hummocks chaotiques qui ralentissaient l'avance vers le pôle.
Soir
En fin de journée, Henson construisait avec les Inuits des igloos où toute l'équipe pouvait se réchauffer et dormir. Il préparait les repas à partir de pemmican ou de viande de phoque fraîchement chassée, puis réparait les traîneaux endommagés avant de s'endormir dans ses sacs de couchage en fourrure, prêt pour une nouvelle journée de marche.
Alimentation
Lors des expéditions, l'alimentation reposait principalement sur du pemmican, des biscuits de survie et de la viande de phoque ou d'ours polaire chassée en chemin. Henson avait adopté les habitudes alimentaires inuites et consommait parfois la viande crue ou à peine cuite, apportant les graisses et les vitamines indispensables à la survie dans le Grand Nord.
Vêtements
Henson portait des vêtements entièrement confectionnés selon les techniques inuites : anoraks et pantalons en peau de caribou, mitaines et bottes en peau de phoque imperméabilisées à la graisse animale. Cette tenue, bien plus efficace que les équipements européens, lui permettait de supporter des températures descendant jusqu'à moins cinquante degrés Celsius.
Habitat
Pendant les expéditions, Henson vivait dans des igloos construits de ses propres mains, des tentes arctiques renforcées ou à bord du navire Roosevelt qui servait de base avancée. De retour à New York, il habitait un appartement modeste à Harlem avec son épouse Lucy Ross, loin du monde de glace qui avait constitué l'essentiel de sa vie d'explorateur.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
A Negro Explorer at the North Pole
1912
Huitième expédition arctique Peary-Henson — atteinte du pôle Nord
1909
Premières expéditions arctiques au Groenland avec Peary
1891-1906
Contributions ethnographiques sur la culture inuite
1891-1909






