Maurice Ewing est un géophysicien américain pionnier de l'océanographie. Ses recherches sur les fonds marins et la croûte océanique ont fourni des preuves décisives à l'appui de la théorie de la tectonique des plaques.
Maurice Ewing(1906 — 1974)
William Maurice Ewing
États-Unis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1906 au Texas et mort en 1974, il consacre sa carrière à l'étude physique des océans.
- En 1949, il fonde le Lamont Geological Observatory (aujourd'hui Lamont-Doherty), centre majeur des sciences de la Terre.
- Il réalise les premières mesures sismiques de l'épaisseur de la croûte océanique, démontrant qu'elle est bien plus mince que la croûte continentale.
- Avec Bruce Heezen et Marie Tharp, il contribue à la cartographie de la dorsale médio-atlantique et de son rift central.
- Ses travaux apportent des preuves essentielles à la théorie de l'expansion des fonds océaniques et de la tectonique des plaques.
Œuvres & réalisations
Premières expériences de sismique-réfraction en mer démontrant que la croûte océanique est bien plus mince que la croûte continentale.
Mise en évidence d'une couche de l'océan où le son se propage sur des milliers de kilomètres, utilisée pour le sauvetage en mer et plus tard la surveillance acoustique.
Création d'un laboratoire de sciences de la Terre devenu une référence mondiale en océanographie, géophysique et sismologie.
Avec Bruce Heezen et Marie Tharp, mise en évidence de la vallée d'effondrement qui parcourt la dorsale, indice décisif de l'expansion océanique.
Ouvrage de référence (avec Jardetzky et Press) sur la propagation des ondes dans les milieux stratifiés, fondateur pour la géophysique moderne.
Grande synthèse cartographique du plancher de l'Atlantique Nord, l'une des premières représentations détaillées du relief sous-marin.
Collecte systématique de carottes de sédiments océaniques, transformant la vase abyssale en archive du climat et de l'histoire de la Terre.
Anecdotes
En 1935, Maurice Ewing accepte de descendre sur une plage avec des bâtons de dynamite pour provoquer de petites explosions : en mesurant le temps que mettaient les ondes de choc à traverser les roches sous-marines, il a inventé une façon de « radiographier » le fond de l'océan sans le voir.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ewing découvre le « canal SOFAR » : une couche de l'océan où le son se propage sur des milliers de kilomètres sans s'affaiblir. Cette trouvaille a permis de localiser des aviateurs tombés en mer grâce à de petites charges sonores qu'ils larguaient.
En 1953, en analysant les profils du fond de l'Atlantique avec sa cartographe Marie Tharp et son collègue Bruce Heezen, l'équipe d'Ewing met en évidence une immense vallée fendue au sommet de la dorsale médio-atlantique. Ewing fut d'abord sceptique : cette « cicatrice » planétaire était une preuve majeure de la dérive des continents.
Ewing était réputé pour ne presque jamais s'arrêter de travailler : il a passé des mois entiers en mer à bord du navire Vema, multipliant les carottages du fond marin. Sous sa direction, le Lamont Observatory imposa une règle célèbre : chaque navire devait enregistrer en continu les données du fond, jour et nuit, même quand personne ne savait encore à quoi elles serviraient.
Quand Ewing remontait des carottes de sédiments du fond des océans, il y lisait l'histoire du climat : les couches successives de boue contenaient des coquilles de minuscules organismes qui racontaient les anciennes périodes glaciaires, transformant la vase abyssale en véritable archive de la Terre.
Sources primaires
Une vallée centrale (rift) parcourt la crête de la dorsale médio-atlantique sur toute sa longueur, marquant une zone de fracture continue de la croûte océanique.
L'étude de la propagation des ondes élastiques dans des milieux stratifiés fournit les outils théoriques pour interpréter la structure de la croûte terrestre et des fonds océaniques.
Les carottes prélevées dans l'Atlantique Nord révèlent une succession de couches sédimentaires témoignant des variations climatiques et de la circulation des eaux profondes au cours du Quaternaire.
Il existe dans l'océan une couche où la vitesse du son atteint un minimum ; les ondes sonores y restent piégées et peuvent se propager sur de très grandes distances sans s'atténuer.
Lieux clés
Petite ville agricole des plaines du nord du Texas où naît Maurice Ewing en 1906.
Établissement où Ewing fait ses études supérieures en physique et obtient son doctorat, posant les bases de sa carrière de géophysicien.
Centre de recherche en sciences de la Terre fondé par Ewing en 1949, devenu l'un des grands laboratoires mondiaux d'océanographie et de géophysique.
Immense chaîne de montagnes sous-marine au milieu de l'Atlantique, dont Ewing et son équipe révélèrent la vallée centrale (rift), preuve majeure de la tectonique des plaques.
Ville côtière où Ewing s'installe en 1972 pour poursuivre ses recherches marines, et où il meurt en 1974.
Objets typiques

Appareil enregistrant les ondes de choc produites par de petites explosions pour mesurer l'épaisseur et la structure de la croûte sous l'océan. C'était l'instrument clé des premières « radiographies » des fonds marins d'Ewing.

Long tube métallique enfoncé dans le fond marin pour en extraire une colonne de sédiments intacte. Ces carottes permettaient de lire l'histoire climatique et géologique des océans couche par couche.

Instrument envoyant des impulsions sonores vers le fond et mesurant leur écho pour dessiner le relief sous-marin. Les profils continus qu'il produisait ont nourri les cartes de la dorsale médio-atlantique.

Ancienne goélette transformée en laboratoire flottant du Lamont Observatory, sillonnant les océans pour collecter données et carottes. Sous Ewing, il accumula un nombre record de kilomètres de relevés du fond marin.

Capteur remorqué derrière le navire pour mesurer les variations du champ magnétique du plancher océanique. Ces mesures révélèrent les bandes magnétiques qui confirmèrent l'expansion des fonds marins.

Petite charge explosive larguée en mer pour produire un son détectable à très grande distance via le canal sonore profond. Elle servait à localiser des aviateurs ou marins en détresse pendant la guerre.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Lorsqu'il était en mer, Ewing commençait tôt, vérifiant les enregistrements sismiques et acoustiques accumulés pendant la nuit. À terre, au Lamont, ses matinées se passaient à analyser des profils du fond marin et à organiser les expéditions.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux calculs, à la rédaction d'articles et aux réunions avec ses étudiants et chercheurs. Il supervisait de près le traitement des données rapportées par les navires comme le Vema.
Soir
Réputé infatigable, Ewing prolongeait souvent ses journées tard le soir, relisant des résultats ou préparant des campagnes. En mer, il restait disponible à toute heure pour réagir aux mesures inattendues.
Alimentation
Lors des longues campagnes océanographiques, il partageait l'ordinaire des équipages : repas simples préparés à bord, conserves et rations adaptées aux semaines passées loin des côtes au milieu du XXe siècle.
Vêtements
Sur le pont, il portait des vêtements de travail robustes et imperméables adaptés au climat marin ; dans le cadre universitaire, il revêtait le costume sobre des scientifiques américains de son époque.
Habitat
Sa vie professionnelle se partageait entre les cabines exiguës des navires de recherche et les bâtiments du Lamont Observatory, installés sur les hauteurs boisées des Palisades surplombant le fleuve Hudson.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Mesures sismiques de la croûte océanique
à partir de 1935
Découverte du canal sonore SOFAR
1944
Fondation du Lamont Geological Observatory
1949
Identification du rift de la dorsale médio-atlantique
1953
Elastic Waves in Layered Media
1957
The Floors of the Oceans: The North Atlantic
1959
Programme de carottage des sédiments profonds
années 1950-1960






