Artiste suisse-allemande majeure du mouvement surréaliste, peintre, sculptrice et créatrice d'objets. Elle est célèbre pour son objet provocateur « Déjeuner en fourrure », une tasse recouverte de fourrure, devenu une icône de l'art du XXe siècle.
Méret Oppenheim
Méret Elisabeth Oppenheim
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1913 à Berlin, dans une famille germano-suisse
- Crée en 1936 le « Déjeuner en fourrure » (tasse, soucoupe et cuillère recouvertes de fourrure), acquis par le MoMA de New York
- Fréquente les surréalistes à Paris dès les années 1930 (André Breton, Man Ray)
- Reçoit en 1975 le Grand Prix de la Ville de Bâle pour l'ensemble de son œuvre
- Meurt en 1985 à Bâle, en Suisse
Œuvres & réalisations
Tasse, soucoupe et cuillère recouvertes de fourrure, œuvre la plus célèbre du surréalisme-objet, acquise par le MoMA dès sa création.
Paire de souliers blancs ficelés et servis sur un plat comme une volaille, détournement ironique des rôles féminins.
Série photographique où elle pose nue derrière une presse, image emblématique du surréalisme parisien.
Repas servi sur le corps d'une femme nue, performance présentée à l'exposition surréaliste EROS à Paris.
Autoportrait en radiographie, montrant son crâne paré de bijoux, méditation sur l'identité et la mortalité.
Sculpture-fontaine en forme de colonne spiralée envahie par la végétation, installée dans le centre de Berne.
Anecdotes
En 1936, attablée au Café de Flore à Paris avec Pablo Picasso et Dora Maar, Méret Oppenheim portait un bracelet de métal recouvert de fourrure qu'elle avait dessiné. Picasso plaisanta en disant qu'on pouvait tout recouvrir de fourrure, et elle répondit : « Même cette tasse et cette soucoupe ! » De cette boutade naquit son œuvre la plus célèbre, une tasse à thé entièrement gainée de fourrure.
Le titre « Le Déjeuner en fourrure » ne vient pas de l'artiste mais d'André Breton, le chef de file des surréalistes, qui fit allusion à deux œuvres scandaleuses du XIXe siècle : « Le Déjeuner sur l'herbe » de Manet et « La Vénus à la fourrure » de Sacher-Masoch. L'objet fut acheté par le Musée d'Art moderne de New York dès 1936, alors que Méret n'avait que 23 ans.
Très jeune, à Paris, elle pose pour le photographe Man Ray, qui la saisit nue derrière une presse d'imprimerie dans la série « Érotique voilée » (1933). Ces images firent d'elle une figure célèbre du surréalisme bien avant que son propre travail ne soit largement connu.
Après son succès fulgurant, Oppenheim traversa près de vingt ans de crise et de doute, détruisant des œuvres et doutant de son talent. Elle finit par surmonter cette dépression et connut une grande reconnaissance dans les années 1960 et 1970.
En 1975, en recevant le Prix d'art de la ville de Bâle, elle prononça un discours resté célèbre sur la liberté et l'androgynie de l'esprit créateur, refusant qu'on l'enferme dans une « art féminin ». Elle y affirmait que la création n'a ni sexe ni genre.
Sources primaires
Picasso et Dora Maar admiraient mon bracelet recouvert de fourrure. Picasso dit que l'on pouvait tout recouvrir de fourrure, et j'ai répondu : même cette tasse et cette soucoupe.
La liberté ne se donne pas, il faut la prendre. L'esprit est androgyne et n'a pas de sexe ; aucune création n'est masculine ou féminine en elle-même.
Object (Le Déjeuner en fourrure) : tasse, soucoupe et cuillère recouvertes de fourrure de gazelle de Chine, acquis par le musée en 1936.
Lieux clés
Quartier de Berlin où Méret Oppenheim naît en 1913, dans une famille cultivée d'origine allemande et suisse.
Village suisse du Tessin où vivait sa grand-mère, l'écrivaine Lisa Wenger, et où Méret passa une partie de son enfance dans un milieu artistique.
Capitale où elle s'installe en 1932, rejoint les surréalistes et crée ses œuvres les plus célèbres. Le cœur de sa carrière de jeune artiste.
Ville suisse où elle vécut et travailla longuement, et où se trouve sa fontaine-sculpture inaugurée en 1983.
Ville suisse liée à son enfance, qui lui décerna son prix d'art en 1975 et où elle mourut en 1985.
Objets typiques

Tasse, soucoupe et cuillère entièrement gainées de fourrure de gazelle, qui rendent l'objet inutilisable et troublant. C'est l'icône absolue de l'art-objet surréaliste.

Bijou de métal recouvert de fourrure qu'elle portait à Paris et qui inspira sa célèbre tasse. Il mêlait élégance et étrangeté animale.

Paire d'escarpins blancs liés et présentés sur un plat comme une volaille rôtie, coiffés de papillotes. Un détournement ironique des codes de la féminité et de la cuisine bourgeoise.

Outils de la peintre, qu'elle a pratiquée toute sa vie en parallèle de ses objets. Sa peinture explorait le rêve, la nature et les visions intérieures.

Objets ludiques liés au jeu, au déguisement et aux fêtes surréalistes. Oppenheim aimait brouiller les identités et jouer avec l'androgynie.
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Vie quotidienne
Matin
Le matin, dans son atelier parisien puis bernois, Méret Oppenheim notait ses rêves de la nuit, source essentielle de son inspiration surréaliste. Elle dessinait et préparait ses idées d'objets et de tableaux avant de s'y mettre concrètement.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail manuel : peinture à l'huile, assemblage d'objets, recherche de matériaux insolites comme des fourrures, du métal ou des os. Elle expérimentait sans cesse, mêlant artisanat et imagination.
Soir
Le soir, surtout dans sa jeunesse parisienne, elle retrouvait les surréalistes dans les cafés de Montparnasse et de Saint-Germain. On y discutait d'art, de poésie et de politique, et l'on inventait des jeux collectifs comme le cadavre exquis.
Alimentation
Femme de son temps vivant entre la France et la Suisse, elle partageait les repas de café et de bistrot : pain, fromages, vin, plats simples. La nourriture, comme dans « Le Festin », devenait parfois matière à art et à provocation.
Vêtements
Elle aimait une élégance personnelle et anticonformiste, mêlant vêtements modernes et accessoires inventés comme son bracelet de fourrure. Refusant les codes figés du féminin, elle jouait volontiers de l'androgynie dans son allure.
Habitat
Elle vécut dans des ateliers et appartements modestes à Paris, puis en Suisse à Berne et Bâle. Ses lieux de vie étaient des espaces de création, encombrés de matériaux, d'esquisses et d'objets en cours.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Déjeuner en fourrure (Objet)
1936
Ma gouvernante – My Nurse
1936
Érotique voilée (en collaboration avec Man Ray)
1933
Le Festin de printemps (Frühlingsfest)
1959
Radiographie du crâne de M.O.
1964






