Biographie

Général de cavalerie français (1755-1811), Michel Ordener s'illustre dans les guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Il commande les grenadiers à cheval de la Garde impériale et est fait comte d'Empire.

Michel Ordener(1787 — 1862)

Michel Ordener

France

8 min de lecture

MilitairePolitiqueXIXe siècleRévolution française et Premier Empire

Questions fréquentes

Michel Ordener est un général de cavalerie du Premier Empire, né en 1755 à Rosheim en Alsace et mort en 1811. Il a commandé les célèbres Grenadiers à cheval de la Garde impériale, une unité d'élite surnommée les « Dieux à cheval » par ses ennemis. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne parfaitement la méritocratie révolutionnaire : fils d'artisan, il gravit tous les échelons par sa bravoure, devenant comte d'Empire en 1810. Moins connu que Murat, il est pourtant essentiel pour comprendre comment Napoléon a forgé son outil militaire le plus fidèle.

Faits marquants

  • Né le 2 mai 1755 à Drusenheim (Bas-Rhin)
  • Commande les grenadiers à cheval de la Garde impériale à partir de 1801
  • Participe aux grandes batailles napoléoniennes dont Austerlitz (1805)
  • Créé comte d'Empire par Napoléon Ier
  • Décède le 30 juillet 1811 à Paris

Œuvres & réalisations

Commandement des Grenadiers à cheval de la Garde consulaire puis impériale (1800-1811)

Ordener forge et dirige l'unité de cavalerie d'élite la plus prestigieuse de l'Empire. Ses grenadiers à cheval participent aux grandes batailles de la décennie napoléonienne et représentent le sommet de l'art militaire de l'époque.

Mission d'arrestation du duc d'Enghien à Ettenheim (Mars 1804)

Mission secrète confiée par Napoléon : franchir le Rhin, pénétrer en territoire étranger et capturer le prince bourbon. Cet acte politique majeur contribue à liquider l'opposition royaliste et à asseoir l'autorité du régime consulaire.

Participation à la campagne et bataille d'Austerlitz (Décembre 1805)

Les Grenadiers à cheval sous Ordener jouent un rôle dans la victoire la plus célébrée de Napoléon, protégeant l'Empereur et participant aux charges décisives contre les alliés austro-russes.

Campagnes de Prusse et de Pologne (1806-1807)

Ordener conduit ses cavaliers d'élite lors des fulgurants succès napoléoniens contre la Prusse à Iéna, puis lors de la poursuite vers la Pologne, contribuant à l'extension de l'Empire vers l'Est de l'Europe.

Anecdotes

En mars 1804, Napoléon confie à Ordener une mission secrète et délicate : traverser la frontière du Rhin pour pénétrer sur le territoire du duché de Bade et arrêter le duc d'Enghien, prince de sang Bourbon suspecté de comploter contre le Consul. Ordener franchit le Rhin de nuit à la tête de deux cents dragons, capture le duc à Ettenheim sans résistance et le ramène en France. Cet enlèvement sur sol étranger provoque l'indignation de toute l'Europe, et l'exécution du duc à Vincennes scandalise les cours royales.

Les Grenadiers à cheval de la Garde impériale commandés par Ordener sont surnommés par l'ennemi les 'Dieux à cheval' : hommes de grande taille, montés sur des chevaux noirs soigneusement sélectionnés, ils portent le bonnet à poil et la grande tenue bleu et rouge. Lors de la bataille d'Austerlitz en décembre 1805, ces cavaliers d'élite jouent un rôle décisif dans la protection de l'Empereur et la poursuite de l'ennemi en déroute.

Fils d'un simple artisan alsacien de Rosheim, Michel Ordener s'engage très jeune dans l'armée royale. La Révolution ouvre des perspectives inédites aux soldats de talent issus du peuple : Ordener gravit tous les échelons par le mérite et la bravoure, des rangs de simple grenadier jusqu'au grade de général, illustrant ainsi la méritocratie révolutionnaire qui transforme l'armée française.

Ordener sert sans interruption depuis les premières armées révolutionnaires de 1792 jusqu'aux grandes victoires napoléoniennes. Présent lors des campagnes d'Allemagne et de Prusse, il acquiert une réputation de soldat fiable et courageux que Napoléon récompense en le nommant comte d'Empire en 1810, lui accordant une noblesse nouvelle née du mérite militaire et non de la naissance.

Sources primaires

Rapport d'Ordener à Napoléon Bonaparte sur l'arrestation du duc d'Enghien (Mars 1804)
Conformément aux ordres que j'avais reçus, j'ai passé le Rhin dans la nuit du 14 au 15 ventôse avec le détachement de dragons placé sous mes ordres, et me suis transporté à Ettenheim où j'ai arrêté le ci-devant duc d'Enghien.
Correspondance de Napoléon Ier — ordre de mission pour Ettenheim (10 mars 1804)
Le citoyen Ordener, colonel des grenadiers à cheval, se rendra en toute diligence à Strasbourg et de là passera le Rhin à Rheinau pour se porter sur Ettenheim et y saisir le duc d'Enghien, Dumouriez et autres.
Bulletin de la Grande Armée — campagne d'Austerlitz (Décembre 1805)
Les grenadiers à cheval de la Garde, sous les ordres du général Ordener, ont chargé avec une impétuosité remarquable et contribué à rompre le centre de l'armée ennemie, mettant en fuite les bataillons russes qui résistaient encore.
Lettres patentes de nomination au titre de comte d'Empire (1810)
Napoléon, Empereur des Français, Roi d'Italie, accordons à Michel Ordener, général de division, commandant nos grenadiers à cheval de la Garde impériale, le titre de comte de l'Empire avec les droits et prérogatives y attachés.

Lieux clés

Rosheim, Alsace

Petite ville alsacienne où Michel Ordener naît en 1755 dans une famille d'artisans. Ses origines dans cette région frontière entre France et monde germanique influencent sa carrière de soldat défenseur des frontières rhénanes.

Ettenheim, duché de Bade (Allemagne)

Petite ville du duché de Bade, en territoire étranger, où résidait le duc d'Enghien. C'est ici qu'Ordener mène en mars 1804 sa mission la plus célèbre et la plus controversée, l'arrestation d'un prince bourbon sur sol allemand.

Château de Vincennes, Paris

Ancienne résidence royale transformée en prison d'État sous l'Empire. Le duc d'Enghien, arrêté par Ordener, y est incarcéré, jugé en conseil de guerre et fusillé dans les fossés le 21 mars 1804.

Paris — quartiers de la Garde impériale

Quartier général où Ordener commande son régiment d'élite, supervise l'entraînement des cavaliers et veille à la préparation des chevaux entre les campagnes. La Garde est cantonnée dans les faubourgs de la capitale.

Strasbourg, Bas-Rhin

Grande ville alsacienne et place forte stratégique, point de départ de la mission d'Ettenheim. Ordener y meurt le 10 janvier 1811, dans une cité qu'il connaît intimement depuis son enfance alsacienne.

Voir aussi