Milarépa est un yogi, ermite et poète tibétain du XIe-XIIe siècle, figure majeure de l'école Kagyü du bouddhisme tibétain. Après une jeunesse marquée par la magie noire et la vengeance, il devient le disciple du maître Marpa et atteint l'éveil par l'ascèse et la méditation. Ses chants spirituels (les « Cent mille chants ») restent célèbres.
Milarepa(1040 — 1123)
Milarépa
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1052 dans la province de Gungthang, au Tibet, dans une famille ruinée après la mort de son père
- Pratique d'abord la magie noire pour venger sa famille spoliée, avant de se tourner vers le bouddhisme
- Devient le disciple du traducteur Marpa, qui le soumet à de rudes épreuves avant de lui transmettre ses enseignements
- Mène une vie d'ermite ascétique dans les grottes de l'Himalaya, célèbre pour s'être nourri d'orties
- Mort vers 1135, considéré comme l'un des fondateurs spirituels de l'école Kagyü
Œuvres & réalisations
Recueil de chants spirituels improvisés, joyaux de la poésie tibétaine, qui transmettent l'enseignement bouddhiste sous une forme vivante et accessible.
Milarépa transmet à Gampopa les enseignements reçus de Marpa, assurant la continuité de l'une des grandes écoles du bouddhisme tibétain.
Pratique yoguique permettant de générer une chaleur corporelle par la méditation, dont Milarépa devint le modèle légendaire en survivant nu dans la neige.
Transmission des techniques de méditation avancées héritées de l'Inde via Marpa, au cœur de la pratique Kagyü.
Par son parcours, Milarépa incarne l'idée que même un grand pécheur peut atteindre l'éveil au cours d'une seule existence par l'effort et la dévotion.
Anecdotes
Dans sa jeunesse, après la mort de son père, Milarépa et sa mère furent dépouillés de leur héritage par un oncle et une tante avides. Pour se venger, sa mère l'envoya apprendre la sorcellerie : on raconte qu'il déclencha un effondrement de maison tuant de nombreux invités d'un mariage, puis une grêle dévastant les récoltes.
Rongé par le remords d'avoir tué par magie noire, Milarépa chercha un maître pour se purifier. Son maître Marpa le soumit à des épreuves d'une dureté extrême : il lui ordonna de construire seul, à mains nues, plusieurs tours de pierre, puis de les démolir et de tout recommencer, jusqu'à ce que son dos soit couvert de plaies.
Pour méditer, Milarépa se retira des années durant dans des grottes glaciales de l'Himalaya, ne se nourrissant que d'orties. La tradition raconte que sa peau prit une teinte verdâtre à force de ce régime, et qu'il survivait presque nu malgré le froid grâce à la « chaleur intérieure » (toumo) maîtrisée par la méditation.
Milarépa enseignait par le chant plutôt que par de longs traités. Ses poèmes spontanés, improvisés pour répondre aux questions de ses disciples, furent rassemblés sous le titre des « Cent mille chants » et restent parmi les textes les plus aimés du bouddhisme tibétain.
Selon la tradition, Milarépa mourut empoisonné par un érudit jaloux de son rayonnement. Apprenant le geste, le yogi aurait pardonné à son meurtrier et accepté son sort avec sérénité, transformant sa mort en ultime enseignement sur la compassion.
Sources primaires
Récit de sa jeunesse, de la magie noire, des épreuves imposées par Marpa et de son éveil par l'ascèse, écrit au XVe siècle à partir des traditions orales.
Recueil des chants spirituels improvisés par Milarépa pour instruire ses disciples, mêlant enseignement, récit et poésie.
« Ma maison est la grotte des montagnes désertes, mon vêtement est un simple coton, ma nourriture les orties de la solitude : ainsi je conquiers l'éveil. »
Lieux clés
Village des hauts plateaux du Tibet occidental, près de la frontière népalaise, où Milarépa serait né et aurait passé son enfance.
Lieu du sud du Tibet où vivait Marpa le Traducteur, et où Milarépa subit les épreuves de son apprentissage spirituel.
Tour de pierre que Milarépa dut construire pour Marpa ; aujourd'hui sanctuaire et lieu de pèlerinage dans la vallée de Lhodrak.
Hauts ermitages enneigés à la frontière du Tibet et du Népal, parmi les sites où Milarépa médita en reclus durant des années.
Ermitage célèbre où Milarépa pratiqua de longues retraites en se nourrissant d'orties ; haut lieu de pèlerinage Kagyü.
Lieu de ses dernières années et de sa mort, selon la tradition, dans la région frontalière du Tibet méridional.
Objets typiques

Simple pièce de coton portée même en haute montagne, dont le nom « répa » (vêtu de coton) est à l'origine du surnom de Milarépa. Elle symbolise le renoncement et la maîtrise de la chaleur intérieure (toumo).

Plante sauvage qui constitua presque sa seule nourriture durant ses retraites en grotte. La tradition dit que ce régime teinta sa peau de vert.

Abri rocheux des hautes vallées himalayennes où Milarépa pratiquait des retraites de plusieurs années. Elle incarne la solitude propice à l'éveil.

Geste caractéristique de Milarépa, représenté la main droite levée près de l'oreille pour écouter ou entonner ses chants spirituels.

Tour à plusieurs étages que Marpa ordonna à Milarépa de bâtir et défaire plusieurs fois pour purifier son karma. L'édifice est devenu un lieu de pèlerinage.

Modeste attirail du yogi errant : un bâton de marche et un bol pour la nourriture, signes de sa vie itinérante et dépouillée.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Avant l'aube, Milarépa s'asseyait en méditation dans le froid de sa grotte, pratiquant le toumo pour réchauffer son corps. Il consacrait les premières heures à la concentration et à la récitation intérieure.
Après-midi
La journée se passait en méditation prolongée, entrecoupée de la cueillette d'orties et d'un peu d'eau. Il recevait parfois des disciples ou des villageois venus l'écouter chanter.
Soir
Le soir, Milarépa improvisait ses chants spirituels pour répondre aux questions de ses élèves ou pour exprimer ses réalisations. Puis il reprenait la méditation jusque tard dans la nuit.
Alimentation
Son alimentation était extrêmement frugale : essentiellement une soupe d'orties bouillies, sans sel ni graisse, pendant ses longues retraites. La tradition dit que ce régime donna à sa peau une couleur verdâtre.
Vêtements
Il ne portait qu'une simple robe de coton blanc, le « répa », même en pleine montagne enneigée, grâce à la chaleur intérieure qu'il maîtrisait.
Habitat
Il vivait dans des grottes nues et isolées des hauts massifs himalayens, sans meubles ni confort, choisissant la solitude la plus rude pour favoriser la méditation.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Cent mille chants (Gourboum)
XIe-XIIe siècle (compilé au XVe)
Transmission de la lignée Kagyü
vers 1110
Maîtrise du toumo (chaleur intérieure)
vers 1080-1110
Enseignement du Mahamoudra et des Six Yogas de Naropa
XIe-XIIe siècle
Modèle de l'éveil en une seule vie
XIe-XIIe siècle






