Biographie

Poète arménien et résistant communiste, Missak Manouchian dirigea le groupe FTP-MOI à Paris pendant l'Occupation. Arrêté par la Gestapo, il fut affiché sur l'Affiche rouge par la propagande nazie avant d'être fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944.

Missak Manouchian(1906 — 1944)

Missak Manouchian

Empire ottoman

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MilitaireLettresPolitiqueRésistant(e)Poète(sse)XXe siècleSeconde Guerre mondiale et Occupation allemande en France

Questions fréquentes

Missak Manouchian (1906-1944) était un poète arménien devenu l'un des chefs de la Résistance communiste à Paris. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il dirigea le groupe FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – Main-d'œuvre immigrée) pendant l'Occupation, orchestrant plus d'une centaine d'actions armées contre les nazis en 1943. Arrêté par la Gestapo, il fut fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944. Ce qu'il faut retenir, c'est que son parcours illustre le rôle crucial des immigrés dans la lutte pour la libération de la France.

Citations célèbres

« Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand.»

Faits marquants

  • Né en 1906 en Arménie ottomane, rescapé du génocide arménien
  • Arrive en France en 1925, milite au Parti communiste français
  • Prend la tête du groupe FTP-MOI (francs-tireurs et partisans — main-d'œuvre immigrée) à Paris en 1943
  • Arrêté en novembre 1943, affiché sur l'Affiche rouge par les nazis pour stigmatiser la Résistance comme 'étrangère'
  • Fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944 ; panthéonisé en février 2024

Œuvres & réalisations

Poèmes en arménien (recueil posthume) (1930-1943)

Ensemble de poèmes lyriques écrits en arménien, témoignant du deuil de la patrie perdue et de l'espoir d'un monde plus juste. Ils furent rassemblés et traduits après la guerre, révélant un poète de grande sensibilité.

Dernière lettre à Mélinée (21 février 1944)

Lettre bouleversante écrite quelques heures avant son exécution, devenue l'un des documents les plus émouvants de la Résistance française. Elle témoigne de sa dignité, de son amour et de sa foi en la victoire finale des alliés.

Articles dans le journal Zangou (1934-1939)

Articles de fond et poèmes publiés dans la presse arménienne immigrée de France, mêlant revendications politiques communistes et attachement à la culture arménienne menacée d'oubli.

Direction des opérations du groupe FTP-MOI de Paris (1943)

Sous son commandement, le groupe FTP-MOI réalisa plus d'une centaine d'actions armées en quelques mois : attentats contre des généraux allemands, sabotages industriels, récupération d'armes. Une campagne militaire urbaine sans précédent dans la Résistance parisienne.

Anecdotes

Orphelin du génocide arménien de 1915, Missak Manouchian vit ses parents massacrés alors qu'il n'avait que neuf ans. Recueilli dans un orphelinat, il apprit à lire et à écrire en arménien avant de s'embarquer seul pour la France en 1925, à dix-neuf ans, sans parler un mot de français.

Bien que résistant recherché, Manouchian continua d'écrire des poèmes en arménien jusqu'à son arrestation. Il publiait dans la presse arménienne de Paris sous son vrai nom, convaincu que la culture était une forme de résistance autant que les armes.

L'Affiche rouge, placardée dans tout Paris en février 1944 par la propagande nazie pour présenter les membres du groupe comme des 'terroristes étrangers', eut l'effet inverse de celui escompté : de nombreux Français y virent des patriotes morts pour la France, et le poème 'L'Affiche rouge' de Louis Aragon devint un hymne de la Résistance.

Dans sa dernière lettre à sa femme Mélinée, écrite le matin même de son exécution le 21 février 1944, Manouchian écrivit : 'Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement.' Ces mots prémonitoires se réalisèrent quatre-vingts ans plus tard lorsqu'il entra au Panthéon.

Le groupe FTP-MOI dirigé par Manouchian mena en moins d'un an plus d'une centaine d'actions armées contre l'occupant nazi à Paris : attentats contre des officiers allemands, sabotages, exécutions de collaborateurs. L'occupant le surnomma 'l'Armée du crime', titre repris sarcastiquement par les résistants comme un titre de gloire.

Sources primaires

Dernière lettre de Missak Manouchian à son épouse Mélinée (21 février 1944)
Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée, dans quelques heures je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
L'Affiche rouge (affiche de propagande nazie) (Février 1944)
Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime. Manouchian Group — Chef de bande — Arménien, juif — 56 attentats — 150 morts — 600 blessés.
Poème 'Automne' de Missak Manouchian (traduit de l'arménien) (Vers 1930-1940)
L'automne vient de loin, du fond des temps obscurs, il porte dans ses bras les feuilles et les fruits, les espoirs et les deuils des peuples disparus.
Déclaration de Manouchian lors de son procès devant le tribunal militaire allemand (18-19 février 1944)
Nous nous sommes battus pour la France comme pour notre propre patrie. Nous n'avons pas honte de ce que nous avons fait.

Lieux clés

Adıyaman, Empire ottoman (auj. Turquie)

Ville natale de Missak Manouchian, dans l'Empire ottoman, où il naquit en 1906 et vécut l'horreur du génocide arménien de 1915 qui emporta ses parents.

Paris (10e et 11e arrondissements)

Quartiers populaires de Paris où vivait et militait Manouchian, au cœur de la communauté ouvrière et immigrée arménienne. C'est là qu'il dirigea les opérations du groupe FTP-MOI.

Prison de Fresnes

Grande prison de la banlieue sud de Paris où Manouchian et ses camarades furent incarcérés après leur arrestation en novembre 1943, avant leur procès expéditif et leur exécution.

Mont-Valérien, Suresnes

Lieu d'exécution principal de la région parisienne sous l'Occupation ; Manouchian et vingt-deux de ses camarades y furent fusillés le 21 février 1944. Un mémorial national y est aujourd'hui érigé.

Panthéon, Paris

Temple républicain où reposent les grands hommes et femmes de la Nation française. Missak et Mélinée Manouchian y furent panthéonisés le 21 février 2024, 80 ans après leur exécution.

Voir aussi