Modeste Moussorgski(1839 — 1881)

Modeste Moussorgski

Empire russe

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MusiqueCompositeur/triceXIXe siècleRussie impériale du XIXe siècle, sous les règnes des tsars Nicolas Ier et Alexandre II, à l'époque du renouveau nationaliste de la musique russe.

Modeste Moussorgski est un compositeur russe du XIXe siècle, membre du « Groupe des Cinq » qui cherchait à créer une musique nationale russe. Il est célèbre pour son opéra Boris Godounov et sa suite pour piano Tableaux d'une exposition.

Questions fréquentes

Modeste Moussorgski (1839-1881) est un compositeur russe majeur du XIXe siècle, membre du Groupe des Cinq. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné l'opéra en donnant la parole au peuple, comme dans son chef-d'œuvre Boris Godounov, et qu'il a créé une musique nationale russe profondément originale. Contrairement à ses contemporains occidentaux, il refusait les conventions italiennes pour coller au plus près de la langue et des chants populaires russes. Sa suite pour piano Tableaux d'une exposition est devenue l'une des œuvres les plus jouées au monde, notamment dans l'orchestration de Ravel.

Faits marquants

  • Né en 1839 à Karevo, en Russie, dans une famille de la petite noblesse
  • Membre du « Groupe des Cinq » (avec Balakirev, Borodine, Rimski-Korsakov et Cui), promoteur d'une musique nationale russe
  • Compose son opéra majeur Boris Godounov, créé en 1874 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg
  • Compose Tableaux d'une exposition (1874), suite pour piano orchestrée plus tard par Maurice Ravel (1922)
  • Mort en 1881 à Saint-Pétersbourg, à 42 ans, marqué par l'alcoolisme

Œuvres & réalisations

Boris Godounov (1869-1874)

Opéra majeur sur un tsar rongé par le remords ; il place le peuple russe au cœur du drame et renouvelle profondément l'art lyrique.

Tableaux d'une exposition (1874)

Suite pour piano inspirée des dessins de Viktor Hartmann, célèbre dans le monde entier, notamment dans l'orchestration de Ravel (1922).

Une nuit sur le mont Chauve (1867)

Poème symphonique évoquant un sabbat de sorcières, fondé sur le folklore russe.

La Khovanchtchina (1872-1880)

Opéra historique inachevé sur les troubles de la Russie du XVIIe siècle, complété après sa mort.

La Foire de Sorotchintsy (1874-1881)

Opéra-comique inachevé d'après Gogol, peignant la vie villageoise ukrainienne.

Les Chants et danses de la mort (1875-1877)

Cycle de mélodies où la Mort apparaît sous plusieurs visages, sommet de son art vocal.

La Chambre d'enfants (1868-1872)

Cycle de mélodies sur l'univers de l'enfance, d'une grande tendresse et d'un réalisme nouveau.

Anecdotes

Le célèbre tableau final de l'opéra Boris Godounov montre un simple d'esprit, le Yourodivy, qui pleure sur le sort de la Russie. Moussorgski tenait à donner la parole au peuple et aux humbles, ce qui était très rare à l'opéra à son époque.

Les Tableaux d'une exposition furent composés en 1874 en hommage à son ami peintre Viktor Hartmann, mort très jeune. Moussorgski s'est promené par la pensée dans une exposition des dessins de son ami, traduisant chaque image en musique, reliée par une « Promenade » qui revient comme un fil conducteur.

Moussorgski et quatre autres compositeurs (Borodine, Rimski-Korsakov, Balakirev et Cui) formèrent le « Groupe des Cinq ». La plupart étaient des amateurs au sens noble : Borodine était chimiste, Rimski-Korsakov officier de marine, et Moussorgski lui-même fonctionnaire.

À la fin de sa vie, Moussorgski sombra dans l'alcoolisme et la misère. Le peintre Ilia Répine réalisa son célèbre portrait quelques jours avant sa mort, en 1881, dans un hôpital militaire de Saint-Pétersbourg : on y voit un homme au regard fiévreux, en robe de chambre.

Beaucoup de ses œuvres restèrent inachevées ou furent jugées « trop brutes » par ses contemporains. C'est son ami Rimski-Korsakov qui révisa et orchestra plusieurs de ses partitions après sa mort, contribuant à les faire connaître dans le monde entier.

Sources primaires

Lettre de Moussorgski à Vladimir Stassov (juin 1874)
Mon Hartmann bouillonne comme bouillonnait Boris. Les sons et les idées flottent dans l'air, je les avale jusqu'à l'indigestion, à peine ai-je le temps de les jeter sur le papier.
Préface au cycle de mélodies, témoignage sur sa conception de l'art musical (années 1870)
L'art est un moyen de converser avec les hommes, et non un but en soi.
Note autobiographique rédigée pour Hugo Riemann (1880)
La vie, où qu'elle se manifeste ; la vérité, si amère soit-elle ; parler hardiment et franchement aux hommes : voilà mon levain, voilà ce que je veux.

Lieux clés

Karevo

Village de la région de Pskov où Moussorgski naquit dans une famille de propriétaires terriens, au contact de la campagne et des chants paysans.

Saint-Pétersbourg

Capitale impériale où il fit ses études, mena sa carrière de fonctionnaire et de compositeur, et où ses opéras furent créés.

Théâtre Mariinski

Grande scène lyrique de Saint-Pétersbourg où fut créé Boris Godounov en 1874.

Hôpital militaire Nicolas

Établissement de Saint-Pétersbourg où Moussorgski, malade et sans ressources, mourut en mars 1881.

Cimetière Tikhvine (Alexandre Nevski)

Nécropole des artistes à Saint-Pétersbourg où il fut inhumé, près d'autres grands musiciens russes.

Voir aussi