Nettie Stevens(1861 — 1912)

Nettie Stevens

États-Unis

6 min de lecture

SciencesBiologisteXXe siècleDébut du XXe siècle, à l'aube de la génétique moderne née de la redécouverte des lois de Mendel, dans un milieu scientifique américain encore très peu ouvert aux femmes.

Généticienne américaine pionnière de la cytogénétique. En 1905, elle démontre que le sexe d'un organisme est déterminé par les chromosomes, identifiant le rôle du chromosome Y chez le ténébrion (ver de farine).

Questions fréquentes

Nettie Stevens était une généticienne américaine qui a démontré en 1905 que le sexe d'un organisme est déterminé par un chromosome spécifique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a identifié le futur chromosome Y chez le ténébrion, un insecte. Ce qui rend sa découverte décisive, c'est qu'elle a établi le lien entre chromosomes et détermination du sexe, une base de la génétique moderne.

Faits marquants

  • Née le 7 juillet 1861 à Cavendish (Vermont, États-Unis)
  • Obtient son doctorat au Bryn Mawr College en 1903
  • En 1905, découvre que les chromosomes sexuels (X et Y) déterminent le sexe, en étudiant le ténébrion
  • Sa découverte est faite indépendamment et parallèlement à celle d'Edmund Beecher Wilson
  • Meurt prématurément d'un cancer du sein le 4 mai 1912

Œuvres & réalisations

Thèse de doctorat sur les infusoires ciliés (Bryn Mawr College) (1903)

Travail sur la morphologie de protozoaires ciliés qui lui vaut son doctorat et marque le début de sa carrière scientifique.

Studies in Spermatogenesis with Especial Reference to the 'Accessory Chromosome' (1905)

Son œuvre majeure : elle y démontre que le sexe du ténébrion dépend des chromosomes, identifiant le rôle du futur chromosome Y.

A Study of the Germ Cells of Aphis rosae and Aphis oenotherae (1905)

Étude des cellules reproductrices des pucerons confirmant l'existence d'un chromosome lié à la détermination du sexe.

Studies in Spermatogenesis, Part II (1906)

Prolongement de sa découverte à d'autres espèces d'insectes, renforçant la portée générale de la détermination chromosomique du sexe.

Ensemble de ses publications scientifiques (1901-1912)

En seulement onze ans, elle publie une quarantaine d'articles de cytologie et de génétique, faisant d'elle une chercheuse remarquablement prolifique.

Anecdotes

Nettie Stevens n'est devenue chercheuse que sur le tard. Après le lycée, faute de moyens, elle enseigne et travaille comme bibliothécaire pendant une quinzaine d'années. Ce n'est qu'à 35 ans, en 1896, qu'elle entre enfin à l'université Stanford pour étudier la biologie : preuve qu'une vocation scientifique peut éclore bien après l'adolescence.

En 1905, en observant au microscope les cellules reproductrices du ténébrion (le ver de farine), elle remarque que les femelles possèdent vingt grands chromosomes, tandis que les mâles en ont dix-neuf grands et un petit. Elle comprend alors que c'est ce minuscule chromosome — le futur chromosome Y — qui détermine le sexe mâle. Une découverte capitale tirée de l'observation patiente d'un simple insecte de garde-manger.

Sa découverte fut longtemps attribuée surtout à des hommes : le célèbre biologiste Edmund B. Wilson était parvenu à des conclusions voisines presque en même temps, et Thomas Hunt Morgan reçut plus tard le prix Nobel pour ses travaux de génétique. Le nom de Nettie Stevens, lui, tomba dans l'oubli — un exemple souvent cité aujourd'hui de l'invisibilisation des femmes en science.

Pour parfaire sa formation, elle traverse l'Atlantique et travaille à la Station zoologique de Naples, puis à l'université de Würzburg auprès de Theodor Boveri, l'un des pères de la théorie chromosomique de l'hérédité. En seulement onze ans de carrière, elle publia une quarantaine d'articles scientifiques.

Son talent fut tout de même reconnu de son vivant : en 1905, elle reçoit le prix Ellen Richards, récompensant une recherche scientifique menée par une femme. Thomas Hunt Morgan, son ancien professeur, salua dans sa nécrologie son sens aigu de l'observation et sa rigueur exemplaire.

Sources primaires

Nettie M. Stevens, « Studies in Spermatogenesis with Especial Reference to the 'Accessory Chromosome' », Carnegie Institution of Washington, n°36 (1905)
Les spermatozoïdes qui contiennent le petit chromosome déterminent le sexe mâle, tandis que ceux qui contiennent dix chromosomes de taille égale déterminent le sexe femelle. (traduit de l'anglais)
Thomas Hunt Morgan, nécrologie de Nettie Maria Stevens, revue « Science » (1912)
Son application sans partage et son dévouement, joints à de vives facultés d'observation, à sa réflexion et à sa patience unies à un jugement bien équilibré, expliquent en partie ses remarquables accomplissements. (traduit de l'anglais)
Nettie M. Stevens, « A Study of the Germ Cells of Aphis rosae and Aphis oenotherae », Journal of Experimental Zoology (1905)
L'étude des cellules germinales des pucerons confirme l'existence d'un chromosome distinct, associé à la détermination du sexe, observé dans les divisions cellulaires. (traduit de l'anglais)

Lieux clés

Cavendish, Vermont (États-Unis)

Village du nord-est des États-Unis où Nettie Stevens naît en 1861, dans une famille modeste.

Westford, Massachusetts (États-Unis)

Ville où elle grandit et fait ses études secondaires à la Westford Academy, en se distinguant par ses excellents résultats.

Université Stanford, Californie (États-Unis)

Elle y entre à 35 ans pour étudier la biologie et y obtient sa licence puis sa maîtrise.

Bryn Mawr College, Pennsylvanie (États-Unis)

Université pour femmes où elle obtient son doctorat en 1903 et mène ensuite ses recherches décisives sur les chromosomes.

Station zoologique de Naples (Italie)

Célèbre centre de recherche en biologie marine où elle séjourne pour se former auprès des meilleurs spécialistes européens.

Université de Würzburg (Allemagne)

Elle y travaille avec Theodor Boveri, pionnier de la théorie chromosomique de l'hérédité, qui influença profondément ses recherches.

Voir aussi