Nicolas de Staël(1914 — 1955)

Nicolas de Staël

France, Empire russe

5 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, dans le contexte de l'après-guerre et des débats entre abstraction et figuration dans la peinture européenne (École de Paris).

Peintre français d'origine russe, figure majeure de l'art du XXe siècle. Son œuvre explore la frontière entre abstraction et figuration, marquée par d'épaisses couches de matière colorée. Sa carrière fulgurante s'achève par son suicide à Antibes en 1955.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Nicolas de Staël (1914-1955) est un peintre français d'origine russe qui a marqué l'École de Paris par son exploration entre abstraction et figuration. Ce qui le rend singulier, c'est sa manière d'utiliser d'épaisses couches de couleur, souvent appliquées au couteau à peindre, créant des toiles vibrantes de matière. Après-guerre, alors que le débat faisait rage entre abstraction et figuration, de Staël refusait d'opposer les deux : pour lui, une peinture devait être à la fois abstraite et figurative, comme il l'écrivait en 1949. Sa carrière fulgurante s'achève tragiquement à 41 ans, mais son œuvre reste une référence incontournable.

Citations célèbres

« Je ne sais pas si l'abstrait existe vraiment.»

Faits marquants

  • Né en 1914 à Saint-Pétersbourg dans une famille de l'aristocratie russe
  • Fuit la Russie révolutionnaire avec sa famille, enfance en exil en Pologne puis en Belgique
  • Développe dans les années 1940 un style abstrait fondé sur la matière et la couleur
  • Réalise en 1952 la série des Footballeurs (Parc des Princes), retour vers la figuration
  • Se donne la mort à Antibes en 1955, à l'âge de 41 ans

Œuvres & réalisations

Composition (séries abstraites) (vers 1946-1949)

Toiles abstraites en aplats sombres et matière épaisse qui établissent son langage personnel entre construction et couleur.

Les Footballeurs (Parc des Princes) (1952)

Série inspirée d'un match nocturne, marquant son retour vers la figuration tout en gardant la force de l'abstraction.

Le Parc des Princes (1952)

Grande toile synthétisant la série des footballeurs, vibrante d'aplats colorés évoquant les maillots sous les projecteurs.

Agrigente (1953-1954)

Paysages siciliens d'une lumière éclatante, réduits à de larges plages de couleur chaude inspirées par un voyage en Sicile.

Le Concert (1955)

Toile monumentale inachevée trouvée dans son atelier d'Antibes, considérée comme son testament pictural avec son piano rouge sur fond noir.

Anecdotes

Né à Saint-Pétersbourg en 1914 dans une famille aristocratique russe, Nicolas de Staël devient orphelin très jeune : sa famille fuit la révolution russe et il perd ses deux parents avant ses huit ans. Adopté par une famille belge, il grandit à Bruxelles loin de sa Russie natale.

De Staël était un géant : il mesurait près de deux mètres. Ses amis racontaient qu'il peignait avec une énergie physique impressionnante, étalant la matière au couteau en couches épaisses parfois superposées en véritables reliefs sur la toile.

En mars 1952, il assiste à un match de football nocturne au Parc des Princes entre la France et la Suède. Fasciné par les couleurs des maillots éclatant sous les projecteurs, il rentre bouleversé et peint dans la foulée toute une série de toiles intitulée « Les Footballeurs ».

À la fin de sa vie, de Staël travaillait à une allure folle, produisant des centaines de toiles en quelques mois dans son atelier d'Antibes. Épuisé, en proie au doute et à une passion amoureuse contrariée, il met fin à ses jours en se jetant de la terrasse de son atelier le 16 mars 1955, à seulement 41 ans.

Pendant la guerre, jeune peintre sans le sou, il connut une grande misère à Paris : il manquait parfois de quoi acheter ses couleurs et sa première femme, Jeannine, mourut de privations en 1946. Ce n'est qu'au début des années 1950 que son succès devint enfin éclatant.

Sources primaires

Lettre de Nicolas de Staël à Pierre Lecuire (1949)
Je ne mets jamais en opposition une peinture abstraite et une peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative.
Lettre de Nicolas de Staël à René Char (vers 1951)
On ne peint jamais ce que l'on voit ou croit voir, on peint à mille vibrations le coup reçu, à recevoir.
Lettre à Jacques Dubourg, son marchand, depuis Antibes (16 mars 1955)
Je n'ai pas la force de parachever mes tableaux. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi.

Lieux clés

Saint-Pétersbourg, Russie

Ville natale de Nicolas de Staël, où il naît en 1914 dans une famille de l'aristocratie russe. Il la quitte enfant lors de la révolution.

Bruxelles, Belgique

Ville où le jeune orphelin est recueilli et grandit, et où il fait ses études aux Beaux-Arts. C'est là qu'il décide de devenir peintre.

Paris, France

Capitale où de Staël s'installe et connaît la misère puis la consécration au sein de l'École de Paris. Il y rencontre Braque et expose ses premières grandes toiles.

Antibes, France

Ville de la Côte d'Azur où il installe son atelier en 1954 et produit avec frénésie ses dernières œuvres. C'est là qu'il se donne la mort en 1955.

Voir aussi