Général français (1740-1792), commandant de Verdun lors de l'invasion prussienne de 1792. Refusant de capituler, il mourut le 2 septembre 1792 plutôt que de signer la reddition de la place. Son sacrifice devint un symbole du patriotisme révolutionnaire.
Nicolas-Joseph Beaurepaire(1740 — 1792)
Nicolas-Joseph Beaurepaire
France
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1740 à Thouars (Deux-Sèvres), officier de carrière sous l'Ancien Régime
- Commande la garnison de Verdun lors de l'invasion austro-prussienne de l'été 1792
- Le 2 septembre 1792, refuse de signer la capitulation de Verdun et meurt (suicide ou mort violente)
- La Convention nationale vote son transfert au Panthéon en signe de reconnaissance — décret jamais exécuté
- Sa mort précède de quelques heures les massacres de Septembre 1792 et mobilise l'élan patriotique
Œuvres & réalisations
Commandement de la résistance de la place forte de Verdun face aux troupes coalisées. Beaurepaire refusa toute capitulation jusqu'à sa mort, faisant de ce siège un acte fondateur du patriotisme républicain et un symbole durable dans la mémoire nationale.
Lettres et rapports militaires adressés au gouvernement révolutionnaire sur l'état des fortifications de Verdun et les besoins de la garnison, témoignant de sa conscience des enjeux stratégiques de la frontière lorraine.
Acte politique et moral majeur : devant le conseil municipal de Verdun réuni pour voter la reddition, Beaurepaire opposa un refus catégorique et public, choisissant la mort plutôt que le déshonneur.
Par décret, l'Assemblée législative ordonna de rendre les honneurs à Beaurepaire et de porter son cœur au Panthéon, institution créée pour accueillir les grands hommes de la patrie, consacrant son entrée dans la mémoire républicaine.
Anecdotes
Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1792, alors que les obus prussiens s'abattent sur Verdun, le conseil municipal convoque une réunion d'urgence pour voter la capitulation. Beaurepaire prend la parole et s'y oppose avec véhémence, déclarant qu'un officier français ne peut signer une telle honte. Mis en minorité par les notables de la ville, il refuse de parapher l'acte de reddition et quitte la salle sous les yeux des conseillers consternés.
Le matin du 2 septembre 1792, on retrouve Beaurepaire mort d'une balle dans la tête dans ses appartements de commandement. La version héroïque — largement diffusée par l'Assemblée législative puis la Convention — affirme qu'il s'est suicidé plutôt que de voir son drapeau s'abaisser devant l'ennemi. Certains historiens ont cependant relevé un doute : peut-être mourut-il d'une attaque ou fut-il tué dans la confusion du siège. Cette incertitude elle-même témoigne de la rapidité avec laquelle la Révolution transforma sa mort en mythe fondateur.
Dès le 4 septembre 1792, deux jours seulement après sa mort, l'Assemblée législative décrète que Beaurepaire a bien mérité de la patrie. Son cœur fut symboliquement porté au Panthéon, faisant de lui l'un des tout premiers héros officiels de la République naissante, honoré aux côtés des grands hommes de la nation.
La chute de Verdun provoqua une panique immédiate à Paris : la nouvelle que les Prussiens avaient percé vers la capitale déclencha les tristement célèbres Massacres de Septembre (2-6 septembre 1792), au cours desquels des foules surexcitées envahirent les prisons et tuèrent plus de mille détenus. Beaurepaire, mort le jour même, devint malgré lui le détonateur symbolique d'un des épisodes les plus sombres de la Révolution.
Né dans une famille de petite noblesse angevine, Beaurepaire avait servi dans l'armée royale bien avant la Révolution. Lors de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, il figura parmi les officiers qui prêtèrent serment à la nation, à la loi et au roi sur le Champ-de-Mars. Son parcours illustre la trajectoire de nombreux officiers d'Ancien Régime qui rallièrent sincèrement les idéaux révolutionnaires et y engagèrent jusqu'à leur vie.
Sources primaires
L'Assemblée législative déclare que le commandant Beaurepaire a bien mérité de la patrie, et ordonne que son cœur soit porté au Panthéon en témoignage de la reconnaissance nationale.
Le commandant de la place a déclaré ne pouvoir consentir à aucune capitulation et s'y est opposé formellement, affirmant qu'il lui était impossible de signer un acte aussi contraire à l'honneur des armes françaises.
La garnison de Verdun, sous les ordres du commandant Beaurepaire, a soutenu le bombardement avec constance. Le commandant n'a cessé d'exhorter les troupes à la résistance, refusant toute négociation avec l'ennemi jusqu'à son dernier souffle.
Je défendrai Verdun jusqu'à la dernière extrémité ; l'honneur de la République et de mes armes m'y oblige. Je ne saurais me résoudre à une capitulation qui couvrirait de honte le nom français.
De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ! Il faut que la nation entière soit désormais l'armée de la patrie.
Lieux clés
Ville natale de Nicolas-Joseph Beaurepaire, né en 1740 dans cette bourgade angevine. Sa famille appartient à la petite noblesse locale, milieu qui fournissait alors l'essentiel des officiers de l'armée royale.
Place forte lorraine où Beaurepaire commandait la garnison lors du siège prussien d'août-septembre 1792. C'est ici qu'il mourut le 2 septembre 1792, refusant de signer la capitulation de la ville face aux armées coalisées.
Mausolée républicain où le cœur de Beaurepaire fut symboliquement porté par décret de l'Assemblée législative en septembre 1792. Ce geste officiel consacra son statut de héros-martyr de la Révolution française.
Première place forte française à tomber face à l'invasion prussienne le 23 août 1792, quelques jours avant Verdun. Sa chute illustre le contexte de débâcle militaire dans lequel Beaurepaire tenta d'opposer une résistance héroïque.
