Níðhöggr est un dragon (ou serpent) de la mythologie nordique qui ronge sans relâche l'une des racines d'Yggdrasil, l'arbre-monde. Tapi dans la source de Hvergelmir, il dévore aussi les cadavres des parjures et des meurtriers, incarnant les forces de corruption qui menacent l'ordre cosmique.
Níðhöggr
Nídhögg
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Ronge en permanence la racine d'Yggdrasil plongée dans la source Hvergelmir, au royaume froid de Niflheim
- L'écureuil Ratatoskr fait la navette le long de l'arbre pour échanger des insultes entre Níðhöggr et l'aigle qui niche au sommet
- Dévore les corps des parjures, meurtriers et adultères dans le séjour des morts (Nástrǫnd), selon la Völuspá
- Mentionné dans l'Edda poétique (Grímnismál, Völuspá) et l'Edda en prose de Snorri Sturluson, XIIIe siècle
- Survit au Ragnarök : il réapparaît à la fin de la Völuspá, volant en portant des cadavres sur ses ailes
Œuvres & réalisations
Tâche sans fin de Níðhöggr : ronger par en dessous la racine de l'arbre-monde, incarnant la force de corruption qui menace en permanence l'ordre cosmique.
Dans le royaume des morts, Níðhöggr dévore les cadavres des parjures et des meurtriers, faisant du dragon le bourreau de ceux qui ont trahi leur serment.
À la toute fin de la Völuspá, Níðhöggr réapparaît en volant au-dessus du monde renaissant, image énigmatique de la survivance du mal après la catastrophe.
Grand poème cosmologique qui mentionne Níðhöggr dévorant les morts puis surgissant à la fin des temps. C'est notre source majeure sur le dragon.
Poème qui décrit les souffrances d'Yggdrasil et l'écureuil Ratatoskr colportant les insultes entre l'aigle et Níðhöggr.
Texte qui place Níðhöggr dans la source Hvergelmir, au monde de Niflheim, et explique son rôle dans la structure de l'univers.
Manuscrit islandais qui a transmis jusqu'à nous la Völuspá et le Grímnismál, et donc le souvenir de Níðhöggr.
Anecdotes
Níðhöggr n'est pas seul : selon Snorri Sturluson, il vit dans la source bouillonnante de Hvergelmir entouré de tant d'autres serpents « qu'aucune langue ne saurait les dénombrer ». Tous rongent ensemble la racine d'Yggdrasil, comme une armée invisible qui s'attaque sans cesse aux fondations du monde.
Un petit écureuil nommé Ratatoskr passe sa vie à courir le long du tronc d'Yggdrasil pour transporter des insultes : il rapporte à Níðhöggr, tapi en bas, les paroles méprisantes de l'aigle perché au sommet, et inversement. C'est l'un des rares « messagers » comiques de la mythologie nordique, qui entretient une querelle éternelle entre le haut et le bas de l'arbre-monde.
Yggdrasil souffre bien plus qu'on ne le croit, dit le poème Grímnismál : un cerf le broute par en haut, son tronc pourrit sur les flancs, et Níðhöggr le ronge par en dessous. L'arbre qui soutient l'univers est donc attaqué de tous côtés à la fois, mais il tient bon — image d'un monde fragile mais résistant.
Dans la Völuspá, Níðhöggr dévore les cadavres des parjures, des meurtriers et de ceux qui ont trahi, sur une grève sinistre appelée Nástrǫnd. Le dragon n'est pas seulement un monstre : il sert aussi de châtiment pour ceux qui ont brisé leur parole, ce qui montre combien le serment était sacré chez les anciens Scandinaves.
Tout à la fin de la Völuspá, alors que le monde renaît après le Ragnarök (la grande catastrophe finale), apparaît une dernière vision : Níðhöggr surgit en volant, sombre et luisant, portant des cadavres dans ses plumes. Les spécialistes discutent encore ce passage mystérieux : signe que le mal n'est jamais totalement vaincu, ou simple écho de l'ancien monde qui disparaît ?
Sources primaires
Là, elle vit patauger dans de lourds torrents les parjures et les meurtriers… Là, Níðhöggr suçait les cadavres des trépassés, le loup déchirait les hommes.
Voici venir d'en bas le sombre dragon volant, le serpent luisant, des Monts de l'Obscurité ; Níðhöggr porte des cadavres dans ses plumes, et survole la plaine.
Ratatoskr est le nom de l'écureuil qui doit courir le long du frêne Yggdrasill ; les paroles de l'aigle, il les porte d'en haut et les rapporte en bas à Níðhöggr.
Le frêne Yggdrasill endure une peine plus grande que les hommes ne le savent : un cerf le broute par en haut, ses flancs pourrissent, et par en dessous Níðhöggr le ronge.
Sous la racine qui se tourne vers Niflheim se trouve Hvergelmir, et là Níðhöggr ronge la racine par en dessous ; plus de serpents y gisent avec lui qu'aucune langue ne saurait les compter.
Lieux clés
Source bouillonnante située au monde du froid et de la brume, sous une racine d'Yggdrasil. Níðhöggr y demeure, entouré d'innombrables serpents, et y ronge la racine de l'arbre-monde.
Arbre cosmique reliant les neuf mondes. Níðhöggr s'attaque jour et nuit à l'une de ses racines, menaçant la stabilité de l'univers.
Rivage sinistre du royaume des morts, où s'élève une salle tissée de dos de serpents et d'où dégoutte le venin. C'est là que Níðhöggr dévore les corps des parjures et des meurtriers.
Montagnes ténébreuses d'où, dans la dernière strophe de la Völuspá, surgit Níðhöggr en volant après le Ragnarök, portant des cadavres dans ses plumes.
Domaine islandais où vécut Snorri Sturluson et où fut élaborée l'Edda en prose. C'est ici que la figure de Níðhöggr fut fixée par écrit au XIIIe siècle.
Objets typiques

Arbre cosmique gigantesque qui relie les neuf mondes et soutient l'univers nordique. Níðhöggr ronge sans relâche l'une de ses trois racines, celle qui plonge vers le monde froid de Niflheim.

Corps des parjures, meurtriers et traîtres échoués sur la grève des cadavres, dans le royaume des morts. Níðhöggr les dévore, transformant le dragon en instrument de châtiment de ceux qui ont brisé leur serment.

Manuscrit islandais copié vers 1270 qui réunit les poèmes Völuspá et Grímnismál, nos sources les plus anciennes sur Níðhöggr. Sans ce livre, l'essentiel de la mythologie nordique aurait été perdu.

Traité écrit vers 1220 qui explique la cosmologie nordique pour les poètes de son temps. C'est lui qui situe précisément Níðhöggr dans la source Hvergelmir, rongeant la racine d'Yggdrasil par en dessous.

Figures de proue sculptées en forme de dragon ou de serpent qui ornaient les bateaux scandinaves. Elles révèlent la place du serpent-dragon dans l'imaginaire nordique, le même univers qui a donné naissance à Níðhöggr.

Motif d'art viking tardif où des bêtes serpentines élancées s'enroulent, se mordent et s'enchevêtrent, par exemple sur les portails de l'église en bois d'Urnes en Norvège. On y rapproche souvent les serpents qui rongent les racines d'Yggdrasil.
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Vie quotidienne
Matin
Tapi au fond de la source bouillonnante de Hvergelmir, dans le monde glacé de Niflheim, Níðhöggr recommence sans cesse à ronger la racine d'Yggdrasil. Autour de lui s'agitent d'innombrables autres serpents qui attaquent eux aussi l'arbre-monde.
Après-midi
Le long du tronc dévale Ratatoskr, l'écureuil messager, qui descend porter à Níðhöggr les paroles méprisantes de l'aigle perché tout en haut. Le dragon lui répond par de nouvelles insultes, entretenant une querelle qui ne finit jamais.
Soir
Sur la grève des cadavres, à Nástrǫnd, Níðhöggr dévore les corps des parjures, des meurtriers et des traîtres. Le venin dégoutte des murs de la salle tissée de serpents, dans une atmosphère de châtiment et de pourriture.
Alimentation
Níðhöggr se nourrit de cadavres : il suce les corps des morts coupables et déchire ceux qui ont brisé leur serment. Loin de tout repas humain, son alimentation symbolise les forces de mort et de décomposition qui rongent le monde.
Vêtements
Le « vêtement » du dragon, ce sont ses écailles luisantes de serpent. La Völuspá lui prête aussi des plumes : à la fin des temps, il vole en portant des cadavres dans son plumage sombre et brillant.
Habitat
Sa demeure est la source Hvergelmir, au pied de la racine d'Yggdrasil, dans le royaume du froid et de la brume. Il fréquente aussi Nástrǫnd, la grève des morts, ce qui en fait une créature des profondeurs et des ténèbres du monde.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le rongement éternel de la racine d'Yggdrasil
Époque mythologique
Le châtiment des morts à Nástrǫnd
Époque mythologique
Le vol final au Ragnarök
Époque mythologique
Völuspá (« La prophétie de la voyante »)
v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.)
Grímnismál (« Les dits de Grímnir »)
v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.)
Edda en prose, Gylfaginning (Snorri Sturluson)
v. 1220
Codex Regius (manuscrit)
v. 1270





