Níðhöggr

Nídhögg

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MythologieMoyen ÂgeMythologie nordique pré-chrétienne, transmise oralement à l'époque viking (VIIIe-XIe siècle) puis fixée par écrit dans l'Islande médiévale du XIIIe siècle (Edda poétique et Edda de Snorri Sturluson).

Níðhöggr est un dragon (ou serpent) de la mythologie nordique qui ronge sans relâche l'une des racines d'Yggdrasil, l'arbre-monde. Tapi dans la source de Hvergelmir, il dévore aussi les cadavres des parjures et des meurtriers, incarnant les forces de corruption qui menacent l'ordre cosmique.

Questions fréquentes

Níðhöggr est un dragon ou serpent qui ronge sans relâche l'une des racines de l'Yggdrasil, l'arbre-monde. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne les forces de corruption qui menacent l'ordre cosmique : il habite dans la source Hvergelmir, au royaume glacé de Niflheim, et dévore aussi les cadavres des parjures et des meurtriers sur la grève de Nástrǫnd. Moins un dieu qu'une force destructrice, il apparaît dans les poèmes de l'Edda poétique et dans l'Edda en prose de Snorri Sturluson.

Faits marquants

  • Ronge en permanence la racine d'Yggdrasil plongée dans la source Hvergelmir, au royaume froid de Niflheim
  • L'écureuil Ratatoskr fait la navette le long de l'arbre pour échanger des insultes entre Níðhöggr et l'aigle qui niche au sommet
  • Dévore les corps des parjures, meurtriers et adultères dans le séjour des morts (Nástrǫnd), selon la Völuspá
  • Mentionné dans l'Edda poétique (Grímnismál, Völuspá) et l'Edda en prose de Snorri Sturluson, XIIIe siècle
  • Survit au Ragnarök : il réapparaît à la fin de la Völuspá, volant en portant des cadavres sur ses ailes

Œuvres & réalisations

Le rongement éternel de la racine d'Yggdrasil (Époque mythologique)

Tâche sans fin de Níðhöggr : ronger par en dessous la racine de l'arbre-monde, incarnant la force de corruption qui menace en permanence l'ordre cosmique.

Le châtiment des morts à Nástrǫnd (Époque mythologique)

Dans le royaume des morts, Níðhöggr dévore les cadavres des parjures et des meurtriers, faisant du dragon le bourreau de ceux qui ont trahi leur serment.

Le vol final au Ragnarök (Époque mythologique)

À la toute fin de la Völuspá, Níðhöggr réapparaît en volant au-dessus du monde renaissant, image énigmatique de la survivance du mal après la catastrophe.

Völuspá (« La prophétie de la voyante ») (v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))

Grand poème cosmologique qui mentionne Níðhöggr dévorant les morts puis surgissant à la fin des temps. C'est notre source majeure sur le dragon.

Grímnismál (« Les dits de Grímnir ») (v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))

Poème qui décrit les souffrances d'Yggdrasil et l'écureuil Ratatoskr colportant les insultes entre l'aigle et Níðhöggr.

Edda en prose, Gylfaginning (Snorri Sturluson) (v. 1220)

Texte qui place Níðhöggr dans la source Hvergelmir, au monde de Niflheim, et explique son rôle dans la structure de l'univers.

Codex Regius (manuscrit) (v. 1270)

Manuscrit islandais qui a transmis jusqu'à nous la Völuspá et le Grímnismál, et donc le souvenir de Níðhöggr.

Anecdotes

Níðhöggr n'est pas seul : selon Snorri Sturluson, il vit dans la source bouillonnante de Hvergelmir entouré de tant d'autres serpents « qu'aucune langue ne saurait les dénombrer ». Tous rongent ensemble la racine d'Yggdrasil, comme une armée invisible qui s'attaque sans cesse aux fondations du monde.

Un petit écureuil nommé Ratatoskr passe sa vie à courir le long du tronc d'Yggdrasil pour transporter des insultes : il rapporte à Níðhöggr, tapi en bas, les paroles méprisantes de l'aigle perché au sommet, et inversement. C'est l'un des rares « messagers » comiques de la mythologie nordique, qui entretient une querelle éternelle entre le haut et le bas de l'arbre-monde.

Yggdrasil souffre bien plus qu'on ne le croit, dit le poème Grímnismál : un cerf le broute par en haut, son tronc pourrit sur les flancs, et Níðhöggr le ronge par en dessous. L'arbre qui soutient l'univers est donc attaqué de tous côtés à la fois, mais il tient bon — image d'un monde fragile mais résistant.

Dans la Völuspá, Níðhöggr dévore les cadavres des parjures, des meurtriers et de ceux qui ont trahi, sur une grève sinistre appelée Nástrǫnd. Le dragon n'est pas seulement un monstre : il sert aussi de châtiment pour ceux qui ont brisé leur parole, ce qui montre combien le serment était sacré chez les anciens Scandinaves.

Tout à la fin de la Völuspá, alors que le monde renaît après le Ragnarök (la grande catastrophe finale), apparaît une dernière vision : Níðhöggr surgit en volant, sombre et luisant, portant des cadavres dans ses plumes. Les spécialistes discutent encore ce passage mystérieux : signe que le mal n'est jamais totalement vaincu, ou simple écho de l'ancien monde qui disparaît ?

Sources primaires

Völuspá, str. 39 (Edda poétique) (Poème vieux-norrois, v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))
Là, elle vit patauger dans de lourds torrents les parjures et les meurtriers… Là, Níðhöggr suçait les cadavres des trépassés, le loup déchirait les hommes.
Völuspá, str. 66 (Edda poétique) (Poème vieux-norrois, v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))
Voici venir d'en bas le sombre dragon volant, le serpent luisant, des Monts de l'Obscurité ; Níðhöggr porte des cadavres dans ses plumes, et survole la plaine.
Grímnismál, str. 32 (Edda poétique) (Poème vieux-norrois, v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))
Ratatoskr est le nom de l'écureuil qui doit courir le long du frêne Yggdrasill ; les paroles de l'aigle, il les porte d'en haut et les rapporte en bas à Níðhöggr.
Grímnismál, str. 35 (Edda poétique) (Poème vieux-norrois, v. Xe–XIe s. (consigné au XIIIe s.))
Le frêne Yggdrasill endure une peine plus grande que les hommes ne le savent : un cerf le broute par en haut, ses flancs pourrissent, et par en dessous Níðhöggr le ronge.
Snorri Sturluson, Edda en prose (Gylfaginning, ch. 15-16) (v. 1220)
Sous la racine qui se tourne vers Niflheim se trouve Hvergelmir, et là Níðhöggr ronge la racine par en dessous ; plus de serpents y gisent avec lui qu'aucune langue ne saurait les compter.

Lieux clés

Hvergelmir (source primordiale, Niflheim)

Source bouillonnante située au monde du froid et de la brume, sous une racine d'Yggdrasil. Níðhöggr y demeure, entouré d'innombrables serpents, et y ronge la racine de l'arbre-monde.

Yggdrasil, le frêne-monde

Arbre cosmique reliant les neuf mondes. Níðhöggr s'attaque jour et nuit à l'une de ses racines, menaçant la stabilité de l'univers.

Nástrǫnd (la grève des cadavres)

Rivage sinistre du royaume des morts, où s'élève une salle tissée de dos de serpents et d'où dégoutte le venin. C'est là que Níðhöggr dévore les corps des parjures et des meurtriers.

Niðafjöll (les Monts de l'Obscurité)

Montagnes ténébreuses d'où, dans la dernière strophe de la Völuspá, surgit Níðhöggr en volant après le Ragnarök, portant des cadavres dans ses plumes.

Reykholt, Islande (ferme de Snorri Sturluson)

Domaine islandais où vécut Snorri Sturluson et où fut élaborée l'Edda en prose. C'est ici que la figure de Níðhöggr fut fixée par écrit au XIIIe siècle.

Voir aussi