Nitocris est une reine ou pharaonne légendaire de l'Égypte ancienne, associée à la fin de la VIe dynastie (vers 2184 av. J.-C.). Mentionnée par Hérodote et Manéthon, elle aurait vengé le meurtre de son frère avant de se suicider. Son existence historique reste débattue.
Nitocris(2250 av. J.-C. — 2191 av. J.-C.)
Nitocris
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 2184 av. J.-C. : règne supposé à la fin de la VIe dynastie de l'Ancien Empire égyptien
- Citée par Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) comme reine vengeresse ayant noyé les assassins de son frère
- Mentionnée par Manéthon comme la dernière souveraine de la VIe dynastie
- Son existence est contestée par les égyptologues modernes : aucune attestation hiéroglyphique directe
- Considérée comme l'une des premières femmes à avoir exercé le pouvoir suprême dans l'histoire égyptienne
Œuvres & réalisations
L'acte fondateur du mythe de Nitocris : l'organisation du banquet piège et la noyade des assassins de son frère dans une chambre secrète inondée. Cet acte, transmis par Hérodote, en fait une figure archétypale de la reine vengeresse dans la mémoire culturelle de l'Antiquité.
Manéthon crédite Nitocris d'un règne de six ans en qualité de pharaonne régnante, ce qui en ferait l'une des premières femmes à avoir exercé le pouvoir suprême en Égypte, bien avant Hatchepsout ou Néfertiti.
Manéthon attribue à Nitocris la construction du troisième monument de Gizeh (aujourd'hui assigné à Mykérinos). Cette attribution erronée mais révélatrice témoigne du prestige extraordinaire que la tradition antique accordait à cette reine légendaire.
La légende de Nitocris a constitué un archétype littéraire majeur de la reine vengeresse dans les traditions méditerranéennes et proche-orientales antiques, inspirant récits et représentations à travers plusieurs siècles.
Anecdotes
Selon Hérodote, Nitocris aurait pris le pouvoir après l'assassinat de son frère, le pharaon légitime, mis à mort par des conspirateurs de la cour. Loin de se soumettre, elle aurait élaboré une vengeance d'une ingéniosité redoutable : faire construire secrètement une immense salle souterraine reliée au Nil par un conduit dissimulé, puis y inviter les meurtriers à un somptueux banquet.
Au moment où les convives étaient repus et avinés, Nitocris aurait fait ouvrir le conduit caché. Les eaux du Nil envahirent brutalement la chambre, noyant tous les assassins de son frère sans que personne ne puisse fuir. Cette vengeance implacable, digne des plus grandes héroïnes tragiques, a traversé les siècles comme symbole de justice royale et de détermination féminine.
Après avoir accompli sa vengeance, Nitocris aurait refusé de subir les représailles et choisi la mort. Selon les versions de la légende, elle se serait enfermée dans une chambre remplie de braises ardentes ou se serait précipitée dans un bûcher. Ce geste ultime en fait une figure tragique à mi-chemin entre la souveraine historique et l'héroïne de légende.
L'historien égyptien Manéthon, écrivant au IIIe siècle avant J.-C., décrit Nitocris comme 'la plus noble et la plus belle des femmes de son temps, de teint blond et à joues roses'. Cette description physique étonnamment précise pour une figure aussi ancienne a intrigué les historiens modernes, certains y voyant un emprunt aux traditions littéraires orientales sur les reines vengeresses.
Les égyptologues contemporains débattent sérieusement de l'existence réelle de Nitocris. En 2000, l'historien Kim Ryholt a proposé que son nom dans la Liste royale de Turin serait en réalité une mauvaise lecture du nom masculin 'Netjerkare'. Nitocris serait alors une construction légendaire, un mythe de reine vengeresse inventé pour expliquer la fin mystérieuse et catastrophique de la VIe dynastie.
Sources primaires
Nitocris, me dit-on, était la plus belle et la plus noble des femmes de son temps ; elle fit périr un grand nombre d'Égyptiens pour venger son frère, qu'ils avaient tué et mis sur le trône malgré elle, après l'avoir fait disparaître.
Nitokris, femme courageuse, la plus noble et la plus belle des femmes de son temps, teint blond, joues roses ; elle éleva le troisième des pyramides et régna six ans.
[Entrée lacunaire à la colonne IV, ligne 17, attribuée par certains à Nitocris ou Netjerkare ; le nom est en partie effacé, rendant son interprétation controversée et son existence historique incertaine.]
Après la VIe dynastie, Nitocris se vengea des meurtriers de son frère en les noyant dans une chambre secrète, puis mit fin à ses jours pour échapper au châtiment.
Lieux clés
Capitale de l'Ancien Empire et siège du pouvoir pharaonique pendant des siècles. C'est là que la cour de la VIe dynastie résidait et que Nitocris aurait exercé son règne légendaire, organisé sa vengeance et trouvé la mort.
Grande nécropole royale de l'Ancien Empire, lieu de sépulture des pharaons de la VIe dynastie. Certains égyptologues y ont cherché, sans résultat concluant, la tombe ou le complexe funéraire de Nitocris.
Espace mythique de la vengeance selon Hérodote — une chambre secrète creusée sous Memphis, reliée au fleuve Nil par un conduit dissimulé, où Nitocris attira et noya les assassins de son frère lors d'un banquet piège.
Site des trois grandes pyramides royales, dont la troisième fut attribuée à Nitocris par Manéthon dans l'Antiquité. Cette association légendaire a contribué à faire d'elle une figure royale de premier plan dans la mémoire culturelle égyptienne.
Site sacré de culte d'Osiris et lieu de dépôt des grandes listes royales de l'Antiquité. La liste d'Abydos, comme celle de Turin, est l'une des sources permettant d'étudier — et de remettre en question — l'existence historique de Nitocris.
Objets typiques

Coiffe symbolique de la royauté sur la Basse-Égypte, que Nitocris aurait portée en tant que pharaonne régnante. Elle symbolisait le pouvoir et la légitimité dynastique sur le nord du pays, et était associée à la déesse guerrière Neith.

Insigne de commandement royal en forme de crosse, attribut fondamental du pharaon régnant. Tenu dans la main lors des cérémonies, il signifiait l'autorité sur l'Égypte et la capacité à gouverner, juger et rendre la justice.

Espace mythique central du récit d'Hérodote — une salle souterraine reliée au Nil par un conduit caché, lieu de la vengeance de Nitocris. Cet objet-lieu incarne toute la ruse et la détermination prêtées à la reine légendaire.

Ornement frontal en forme de cobra dressé, porté sur la coiffe royale et censé cracher du feu contre les ennemis du pharaon. En tant que reine régnante, Nitocris aurait arboré l'uraeus comme signe de protection divine et de légitimité.

Récipients funéraires destinés à conserver les organes du défunt embaumé lors de la momification. Associés aux rites funéraires royaux de l'Ancien Empire, ils auraient fait partie du trousseau funèbre de Nitocris, quel que soit son mode de mort selon la légende.

Manéthon affirme que Nitocris fit élever la troisième grande pyramide de Gizeh (aujourd'hui attribuée à Mykérinos). Si cette attribution est rejetée par les égyptologues modernes, elle témoigne du prestige légendaire extraordinaire qui lui était accordé dans l'Antiquité.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du soleil, la reine-pharaonne participait aux rites de l'aube dans le temple de Ptah à Memphis, veillant aux offrandes et aux hymnes adressés aux dieux. En tant que représentante divine sur terre, son réveil lui-même était ritualisé : des prêtres et servantes l'assistaient pour les ablutions sacrées et le revêtement des insignes royaux.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux audiences royales dans la grande salle du trône : réception des nomarques (gouverneurs de provinces), règlement de litiges et gestion des ressources du royaume. Dans le contexte troublé de la fin de la VIe dynastie, Nitocris légendaire aurait eu à faire face à une noblesse régionale de plus en plus indépendante et menaçante.
Soir
Le soir, la cour se réunissait pour le repas royal, servi par une armée de serviteurs dans des salles ornées de reliefs peints. C'est dans ce cadre fastueux qu'aurait eu lieu, selon la légende, le banquet fatal tendu aux meurtriers du roi. La nuit, des prières et des rituels funéraires assuraient la protection divine du pharaon endormi.
Alimentation
La table royale de l'Ancien Empire se composait de pain blanc d'épeautre, de viandes rôties (bœuf, volaille, gibier), de poissons du Nil, de légumes (lentilles, oignons, ail), de fruits (figues, dattes, raisins) et de bière de qualité supérieure brassée au palais. Les épices rares comme le cumin et la coriandre soulignaient le prestige de la cour royale.
Vêtements
Nitocris aurait porté le fin lin blanc semi-transparent caractéristique des élites égyptiennes, plissé et drapé autour du corps. Sur la tête, la couronne royale ou le némès à rayures selon les cérémonies ; autour du cou et des poignets, des colliers d'or, de lapis-lazuli et de turquoise. Le khôl noir soulignait ses yeux, protégeant du soleil et des mauvais esprits.
Habitat
Le palais royal de Memphis, aujourd'hui disparu sous les alluvions du Nil, était un vaste complexe de briques crues et de bois précieux, avec des cours à colonnes peintes, des jardins irrigués et des bassins. La chambre royale, orientée selon les points cardinaux, était ornée de fresques représentant les dieux protecteurs, notamment Isis et Neith, patronnes de la royauté féminine.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La vengeance des meurtriers du roi (acte légendaire)
vers 2183 av. J.-C.
Règne de six ans sur l'Égypte (selon Manéthon)
vers 2184-2178 av. J.-C.
Construction de la troisième pyramide de Gizeh (tradition antique)
attribution rapportée vers 285 av. J.-C.
Transmission du mythe de la reine vengeresse
IVe siècle av. J.-C. — IIIe siècle apr. J.-C.






