Nizam al-Mulk(1018 — 1092)

Nizam al-Mulk

califat abbasside, Empire ghaznévide, Empire seldjoukide

5 min de lecture

PolitiqueSpiritualitéLettresMoyen ÂgeÂge d'or de l'islam médiéval, apogée de l'Empire seldjoukide turc au XIe siècle

Nizam al-Mulk fut le grand vizir des sultans seldjoukides Alp Arslan et Malik Shah Ier au XIe siècle. Administrateur de génie, il dota l'Empire seldjoukide d'institutions durables et fonda un réseau de madrasas, les Nizamiyya, qui marquèrent l'enseignement de l'islam sunnite.

Questions fréquentes

Nizam al-Mulk (1018-1092) fut le grand vizir des sultans seldjoukides Alp Arslan et Malik Shah Ier. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est surtout connu pour avoir fondé le réseau des madrasas Nizamiyya, des écoles supérieures qui ont structuré l'enseignement sunnite. Moins un simple administrateur qu'un véritable bâtisseur d'institutions, il a aussi rédigé le Siyasat-nameh, un traité de gouvernement. Son assassinat en 1092, attribué aux Assassins de Hassan-i Sabbah, marque la fin de l'âge d'or seldjoukide.

Faits marquants

  • Né en 1018 près de Tus, dans le Khorasan (Perse), au sein d'une famille de fonctionnaires
  • Devient grand vizir du sultan Alp Arslan vers 1064, puis de Malik Shah Ier
  • Fonde à partir des années 1060 le réseau de madrasas appelées Nizamiyya, dont la plus célèbre à Bagdad (1067)
  • Nomme le théologien Al-Ghazali professeur principal à la Nizamiyya de Bagdad en 1091
  • Rédige le Siyasat-nameh (Traité de gouvernement), miroir des princes majeur, et est assassiné en 1092, probablement par un Nizârite (Assassins)

Œuvres & réalisations

Siyasat-nameh (Livre du gouvernement) (vers 1091)

Traité de l'art de gouverner en cinquante chapitres, mêlant conseils pratiques, anecdotes historiques et réflexions sur la justice ; chef-d'œuvre de la littérature politique persane.

Réseau des madrasas Nizamiyya (à partir de 1067)

Réseau d'écoles supérieures fondées dans les grandes villes de l'Empire, finançant gratuitement étudiants et professeurs et structurant l'enseignement de l'islam sunnite.

Nizamiyya de Bagdad (1067)

La plus célèbre des madrasas, où enseignèrent de grands savants comme al-Ghazali ; modèle d'institution éducative pour tout le monde musulman.

Système administratif seldjoukide (1063-1092)

Organisation de la chancellerie, des finances et du système des iqta (concessions de terres) qui donna à l'Empire seldjoukide des institutions durables.

Soutien à la réforme du calendrier Djalali (1079)

Patronage des travaux astronomiques, notamment ceux d'Omar Khayyam, aboutissant à un calendrier solaire d'une grande précision.

Politique religieuse sunnite (1063-1092)

Soutien à l'orthodoxie sunnite et à l'école chaféite face au chiisme ismaélien, renforçant l'autorité du califat abbasside sous protection seldjoukide.

Anecdotes

Nizam al-Mulk gravit tous les échelons de l'administration avant de devenir grand vizir : fils d'un fonctionnaire du Khorassan, il servit d'abord des gouverneurs locaux avant d'entrer au service des Seldjoukides, où son génie de l'organisation fit de lui l'homme le plus puissant de l'Empire après le sultan.

Il fonda un réseau d'écoles supérieures, les madrasas Nizamiyya, dans les grandes villes comme Bagdad et Nichapour. La Nizamiyya de Bagdad, inaugurée en 1067, offrait gratuitement enseignement, logement et bourses aux étudiants, un modèle qui inspira l'organisation des universités.

Le célèbre théologien et mystique al-Ghazali enseigna à la Nizamiyya de Bagdad grâce au soutien de Nizam al-Mulk, preuve que le vizir savait s'entourer des plus grands esprits de son temps pour renforcer l'islam sunnite.

Vers la fin de sa vie, Nizam al-Mulk rédigea pour le sultan Malik Shah un véritable manuel de gouvernement, le Siyasat-nameh (« Livre du gouvernement »), rempli d'anecdotes et de conseils pratiques pour bien administrer un empire.

En 1092, alors qu'il voyageait vers Bagdad, Nizam al-Mulk fut assassiné par un homme déguisé en soufi. La tradition attribue ce meurtre aux Assassins (Nizârites) de Hassan-i Sabbah, dont le vizir était l'adversaire acharné ; le sultan Malik Shah mourut quelques semaines plus tard.

Sources primaires

Siyasat-nameh (Livre du gouvernement), Nizam al-Mulk (vers 1091)
Dans tout âge et tout temps, Dieu — qu'Il soit exalté — choisit un homme parmi les hommes et, l'ayant orné des qualités royales et dignes, lui confie les intérêts du monde et le repos de ses serviteurs.
Siyasat-nameh, chapitre sur la justice (vers 1091)
Un royaume peut subsister dans l'incroyance, mais il ne peut subsister dans l'injustice.
Al-Kamil fi al-Tarikh (La Chronique parfaite), Ibn al-Athir (début XIIIe siècle)
Nizam al-Mulk fut tué par un membre des Bâtiniyya déguisé en soufi qui lui présenta une requête puis le frappa de son poignard ; il était l'un des meilleurs vizirs et le plus juste des hommes.

Lieux clés

Tus (Khorassan)

Ville natale de Nizam al-Mulk, grand foyer culturel du Khorassan d'où sortirent de nombreux savants persans.

Nichapour

Capitale culturelle du Khorassan où Nizam al-Mulk fonda l'une de ses madrasas Nizamiyya et soutint l'enseignement sunnite.

Ispahan

Capitale de l'Empire seldjoukide sous Malik Shah, centre du pouvoir où le vizir dirigea l'administration de l'État.

Bagdad

Siège du califat abbasside où le vizir inaugura en 1067 la prestigieuse madrasa Nizamiyya.

Sahna, près de Nahavand

Lieu où Nizam al-Mulk fut assassiné en 1092 alors qu'il voyageait avec la cour vers Bagdad.

Ispahan (mausolée)

Ville où le grand vizir fut inhumé, gardant la mémoire de l'un des plus grands administrateurs de l'Orient médiéval.

Voir aussi