Mathématicien américain (1894-1964), fondateur de la cybernétique, science de la communication et du contrôle dans les systèmes vivants et machines. Ses travaux ont posé les bases théoriques de l'informatique, de l'automatisation et de l'intelligence artificielle.
Norbert Wiener
Norbert Wiener
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La société peut seulement être comprise à travers une étude des messages et des facilités de communication qu'elle possède.»
« Le progrès impose de nouvelles normes et, trop souvent, des formes nouvelles et supérieures d'ignorance.»
Faits marquants
- 1894 : Naissance à Columbia, Missouri — enfant prodige, diplômé de Harvard à 18 ans
- 1940-1945 : Travaux sur la DCA pendant la Seconde Guerre mondiale, développement de la théorie du filtrage et de la prédiction
- 1948 : Publication de 'Cybernetics: Or Control and Communication in the Animal and the Machine', œuvre fondatrice
- 1950 : Publication de 'The Human Use of Human Beings', réflexion sur les implications sociales de l'automatisation
- 1964 : Décès à Stockholm, lauréat de la médaille nationale des sciences américaine la même année
Œuvres & réalisations
Œuvre fondatrice qui invente et définit la cybernétique comme science du contrôle et de la communication dans les systèmes vivants et les machines. Ce livre inspira directement les pionniers de l'informatique, de la robotique et des neurosciences.
Version grand public de la cybernétique, dans laquelle Wiener analyse les conséquences sociales de l'automatisation et plaide pour une utilisation éthique des machines au service de l'humanité.
Rapport militaire secret devenu célèbre, posant les bases mathématiques du filtrage du signal et de la prédiction statistique, fondement théorique de la cybernétique et du traitement du signal moderne.
Premier volume de ses mémoires, dans lequel Wiener raconte son enfance de prodige, son rapport douloureux à l'éducation imposée par son père, et ses premières années à l'université.
Second volume autobiographique couvrant sa carrière au MIT et la naissance de la cybernétique, offrant un témoignage unique sur la vie scientifique américaine du XXe siècle.
Dernière œuvre de Wiener, publiée quelques mois avant sa mort, qui interroge les frontières entre création humaine et machine apprenante, et anticipe les débats contemporains sur l'intelligence artificielle.
Anecdotes
Norbert Wiener était un prodige absolument hors du commun : il entre à l'université Tufts à l'âge de 11 ans et obtient son doctorat en mathématiques à Harvard à seulement 18 ans, en 1913. Son père Leo, professeur de langues slaves, lui avait imposé une éducation intensive dès la petite enfance, ce qui lui valut plus tard des tensions psychologiques profondes qu'il évoquera dans ses mémoires.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wiener travailla pour l'armée américaine sur le problème de la visée anti-aérienne : comment prédire la trajectoire d'un avion ennemi pour qu'un canon puisse le toucher ? Pour résoudre ce défi, il développa des méthodes mathématiques de prédiction et de correction automatique (la 'rétroaction'), qui allaient devenir le cœur de la cybernétique. C'est en observant les similitudes entre la machine qui se corrige elle-même et le système nerveux humain que naît sa grande théorie.
Wiener était célèbre dans les couloirs du MIT pour sa distraction légendaire et sa très forte myopie. On raconte qu'un jour il cherchait son bureau après avoir déménagé dans un nouveau bâtiment, et qu'il arrêta une étudiante pour lui demander où se trouvait le nouveau département de mathématiques — sans réaliser que l'étudiante était sa propre fille, venue l'aider à s'y retrouver.
Dès 1949, inquiet des conséquences sociales de l'automatisation, Wiener écrivit une lettre au syndicat américain des ouvriers de l'automobile (UAW) pour les avertir que les machines allaient menacer des millions d'emplois. Il fut l'un des premiers scientifiques à alerter publiquement sur les dangers éthiques de ses propres inventions, préfigurant les débats actuels sur l'intelligence artificielle.
En 1948, Wiener publia Cybernetics dans une maison d'édition scientifique française (Hermann, Paris), car il n'avait pas trouvé d'éditeur américain assez rapidement. Le succès fut immédiat et mondial : le livre fut traduit en de nombreuses langues et ouvrit une discipline entièrement nouvelle, qui influença aussi bien l'informatique que la neurologie, l'économie et les sciences sociales.
Sources primaires
We have decided to call the entire field of control and communication theory, whether in the machine or in the animal, by the name Cybernetics... The problems of control engineering and of communication engineering were inseparable.
The first industrial revolution... devalued the human arm by the competition of machinery. The modern industrial revolution is similarly bound to devalue the human brain, at least in its simpler and more routine decisions.
Mathematics is too important to be left only to mathematicians. The communication of mathematical ideas across disciplinary frontiers is not a luxury but a necessity of the scientific enterprise.
I am releasing a book which will discuss the limits of organization, and will inevitably lead to the conclusion that the present industrial revolution will create unemployment which will constitute a greater danger than the unemployment of the twenties.
It is the thesis of this book that machines can be creative... The new possibility of a self-reproducing machine leads to a new concern for the nature of life itself.
Lieux clés
Ville natale de Norbert Wiener, né le 26 novembre 1894. Son père, Leo Wiener, y était professeur à l'université du Missouri.
Wiener y enseigna les mathématiques de 1919 jusqu'à sa retraite, et c'est là qu'il développa l'essentiel de sa théorie cybernétique. Le MIT reste le haut lieu de sa mémoire scientifique.
Wiener y prépara son doctorat en logique mathématique, qu'il obtint à 18 ans en 1913, sous la direction de Karl Schmidt. Harvard représente le début de son parcours d'exception.
En 1913-1914, Wiener y séjourna pour étudier avec David Hilbert, alors le plus grand mathématicien du monde. Cette expérience européenne forja sa vision des mathématiques comme langage universel.
De 1946 à 1953, les conférences Macy à New York réunirent autour de Wiener les plus grands esprits de l'époque (von Neumann, Margaret Mead, Gregory Bateson) pour bâtir les fondements théoriques de la cybernétique et des sciences cognitives.
Norbert Wiener mourut à Stockholm le 18 mars 1964, lors d'un voyage scientifique, quelques semaines après avoir reçu la Médaille nationale des sciences des États-Unis.
Objets typiques

Wiener souffrait d'une myopie sévère depuis l'enfance et portait des lunettes aux verres très épais, qui faisaient partie de sa silhouette caractéristique dans les couloirs du MIT.

Instrument de calcul analogique indispensable aux mathématiciens et ingénieurs de son époque, utilisé pour effectuer multiplications et divisions rapidement avant l'avènement des calculatrices électroniques.

Appareil électronique permettant de visualiser des signaux électriques variables dans le temps, outil clé des laboratoires d'électronique où Wiener collabora pendant la guerre pour améliorer les systèmes de visée automatique.

Wiener rédigeait ses articles et livres à la machine ; il était très productif et correspondait abondamment avec des scientifiques du monde entier, dont Alan Turing et John von Neumann.

Comme tous les mathématiciens de son temps, Wiener travaillait et enseignait devant de grands tableaux noirs couverts d'équations différentielles et de théories des probabilités, à l'époque sans rétroprojecteur ni diaporama.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les problèmes de visée automatique de ces canons contre les avions ennemis furent le déclencheur pratique des recherches de Wiener sur la rétroaction et la prédiction, qui mèneront directement à la cybernétique.
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Vie quotidienne
Matin
Wiener commençait sa journée tôt, après une nuit souvent courte car il était sujet à des insomnies et travaillait parfois tard. Il prenait un petit-déjeuner simple dans sa maison de Belmont, près de Boston, avant de rejoindre le MIT en tramway ou en voiture. Sa myopie sévère rendait la conduite difficile et ses collègues le taquinaient sur ses aventures automobiles.
Après-midi
La plus grande partie de ses après-midis se passait dans son bureau ou dans les couloirs du MIT, où il aimait s'arrêter pour discuter avec n'importe qui — étudiants, collègues, agents d'entretien — de mathématiques, de philosophie ou d'actualité. Il assistait à des séminaires dans plusieurs départements à la fois, traversant les frontières disciplinaires avec une liberté qui étonnait ses contemporains.
Soir
Les soirées étaient souvent consacrées à la rédaction : articles, lettres, chapitres de livres. Wiener correspondait activement avec des scientifiques du monde entier (von Neumann, Turing, Shannon). En famille, il aimait jouer aux échecs et lire — il parlait plusieurs langues dont l'allemand, le français et le russe hérités de l'éducation polyglotte imposée par son père.
Alimentation
Comme beaucoup d'universitaires américains des années 1940-1960, Wiener mangeait de façon simple et assez irrégulière, souvent absorbé par ses pensées au point d'oublier de déjeuner. Il appréciait la cuisine européenne découverte lors de ses voyages à Cambridge et Göttingen dans sa jeunesse.
Vêtements
Wiener était connu pour sa mise négligée — costume froissé, cravate de travers, poches bourrées de notes et de feuilles de calcul. Sa silhouette ronde, ses lunettes épaisses et son chapeau mou en faisaient une figure reconnaissable et affectueuse des couloirs du MIT, très éloignée de l'image du savant austère.
Habitat
Il vivait avec sa femme Margaret et leurs deux filles dans une maison bourgeoise de Belmont, banlieue résidentielle de Boston, dans le confort discret de la classe moyenne intellectuelle américaine des années 1950. La maison était remplie de livres dans plusieurs langues et de papiers de calcul.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cybernetics: or Control and Communication in the Animal and the Machine
1948
The Human Use of Human Beings: Cybernetics and Society
1950
Extrapolation, Interpolation and Smoothing of Stationary Time Series (rapport 'Yellow Peril')
1942-1949
Ex-Prodigy: My Childhood and Youth (autobiographie, vol. 1)
1953
I Am a Mathematician (autobiographie, vol. 2)
1956
God and Golem, Inc.
1964






