Nüwa
Nuwa
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Déesse créatrice de la mythologie chinoise, Nüwa modela les premiers humains dans l'argile jaune. Elle répara ensuite la voûte céleste en faisant fondre des pierres de cinq couleurs après l'effondrement des piliers du ciel.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Nüwa façonna les premiers êtres humains à partir d'argile jaune selon le Fengsutong (IIe s. apr. J.-C.)
- Elle répara la voûte céleste en faisant fondre des pierres de cinq couleurs après sa destruction par le géant Gong Gong
- Elle stabilisa la Terre en utilisant les pattes d'une tortue géante comme nouveaux piliers du monde
- Souvent représentée avec un corps de serpent ou de dragon et un visage humain
- Mentionnée parmi les Trois Augustes, souverains mythiques fondateurs de la civilisation chinoise
Œuvres & réalisations
Nüwa modela les premiers humains dans l'argile jaune, leur insufflant la vie. Cet acte fondateur fait d'elle la déesse mère de l'humanité dans la mythologie chinoise, figure équivalente à Prométhée (Grèce) ou au Yahweh de la Genèse dans d'autres traditions.
Après l'effondrement des piliers célestes, Nüwa fondit des pierres de cinq couleurs pour colmater la brèche et mit fin aux calamités. Cet acte héroïque, le plus célèbre de la mythologie chinoise, symbolise la puissance réparatrice et cosmique du féminin divin.
Nüwa est créditée d'avoir institué les rites du mariage, permettant aux humains de se reproduire et de perpétuer l'espèce. Ce rôle de déesse tutélaire des unions fit d'elle une divinité priée lors des fiançailles pendant des millénaires.
Nüwa est désignée comme l'inventrice du sheng, l'un des plus anciens instruments à vent de Chine, aux tuyaux de bambou de longueurs variées. Utilisé lors des cérémonies de mariage et d'offrandes aux ancêtres, il renforce son association à la fertilité et à l'harmonie cosmique.
Pour remplacer les piliers brisés, Nüwa trancha les pattes de la tortue cosmique et les plaça aux quatre coins du monde. Cet acte parachève la restauration de l'ordre cosmique et confère à la terre sa stabilité définitive dans la cosmogonie chinoise.
Anecdotes
Selon le Fengsu Tongyi (IIe siècle apr. J.-C.), Nüwa modela les premiers humains un par un dans l'argile jaune du fleuve Jaune, en leur insufflant la vie. Épuisée par ce travail minutieux, elle trempa une corde dans la boue et la secoua : chaque goutte qui tomba se transforma en un être humain. On dit que les premiers, façonnés à la main avec soin, devinrent les nobles et les sages, tandis que ceux nés de la boue éclaboussée constituèrent le peuple ordinaire.
Un jour, le dieu turbulent Gonggong, furieux d'avoir perdu un combat contre le dieu Zhuanxu, frappa dans sa rage la montagne Buzhou, l'un des piliers soutenant la voûte céleste. Le ciel se fendit, la terre s'effondra, des flammes jaillirent et des eaux diluviennes inondèrent le monde. Nüwa, mue par sa compassion pour les humains qu'elle avait créés, entreprit de réparer le ciel en faisant fondre des pierres de cinq couleurs — rouge, jaune, bleue, blanche et noire — pour colmater la brèche, restaurant ainsi l'ordre cosmique.
Pour stabiliser définitivement la terre après le cataclysme, Nüwa trancha les quatre pattes d'une gigantesque tortue cosmique et les utilisa comme nouveaux piliers aux quatre coins du monde. Ce récit, rapporté dans le Huainanzi, illustre l'ingéniosité de la déesse : incapable de rétablir les anciens piliers, elle inventa une solution nouvelle. La carapace de la tortue devint un symbole de longévité et de stabilité cosmique dans toute la culture chinoise.
Nüwa est également vénérée comme la déesse du mariage et de la fécondité. Selon certaines traditions, elle institua les rites du mariage afin que les humains qu'elle avait créés puissent se reproduire et perpétuer l'espèce. On lui attribue aussi l'invention du sheng, instrument de musique à vent fait de tuyaux de bambou, dont la forme évoque la voûte céleste et dont les sons accompagnaient les cérémonies nuptiales dans la Chine ancienne.
Dans de nombreuses représentations iconographiques chinoises, Nüwa apparaît sous la forme d'une femme au buste humain et à la queue de serpent entrelacée avec celle de Fuxi, son frère et époux dans certaines versions du mythe. Ce couple divin symbolise l'équilibre du yin et du yang, le compas de Nüwa représentant le cercle et le ciel, l'équerre de Fuxi représentant la terre. Ces images sont visibles sur des soieries funéraires de la période Han découvertes à Mawangdui, témoignant de la profonde ancienneté de ce symbolisme.
Sources primaires
En des temps anciens, les quatre piliers s'étaient effondrés, les neuf provinces s'étaient fissurées. Le ciel ne couvrait plus tout, la terre ne portait plus partout. Les flammes brûlaient sans s'éteindre, les eaux coulaient sans s'arrêter. Nüwa fondit des pierres de cinq couleurs pour rapiécer le ciel bleu, coupa les pattes de la tortue géante pour établir les quatre piliers.
Communément, on dit que lorsque Ciel et Terre eurent été séparés et que les hommes n'existaient pas encore, Nüwa prit de l'argile jaune et pétrit des hommes. Mais cette tâche étant épuisante et son temps insuffisant, elle trempa une corde dans la boue et la leva : la boue qui en tomba devint également des hommes.
Nüwa avait un corps : qui le fabriqua ? Comment put-elle le créer et le transformer ?
Nüwa, dont les entrailles se transformèrent en dix divinités appelées les Intestins de Nüwa, errant dans la plaine de Suzhai.
Jadis, Gonggong et Zhuanxu se battirent pour devenir empereurs. Dans leur fureur, ils heurtèrent la montagne Buzhou. Le pilier du ciel se brisa, les cordes de la terre se rompirent. Nüwa fondit des pierres de cinq couleurs pour réparer le ciel.
Lieux clés
Pilier mythique du ciel situé au nord-ouest du monde, que Gonggong fracassa dans sa fureur, provoquant l'effondrement du ciel et les inondations diluviennes. C'est le lieu déclencheur du geste héroïque de Nüwa.
Montagne sacrée de la mythologie chinoise, résidence des dieux et axis mundi reliant la terre au ciel. Lieu de rassemblement des divinités, associé au séjour de Nüwa lors de la réparation du ciel et à la fabrication des pierres des cinq couleurs.
Berceau de la civilisation chinoise, lieu symbolique où Nüwa aurait puisé l'argile jaune pour créer l'humanité. Cette région est considérée comme le foyer originel du peuple chinois et le cadre géographique de sa mythologie fondatrice.
Principal temple consacré à Nüwa en Chine, construit à flanc de falaise dans le Hebei, dont les origines remontent à la période des Han. Lieu de pèlerinage encore actif, il conserve fresques et statues témoignant du culte millénaire de la déesse créatrice.
Lieu mythique mentionné dans le Shanhaijing où les entrailles de Nüwa se transformèrent en dix divinités après sa mort. Ce lieu symbolise la dimension cosmique de Nüwa, dont le corps même devient source de vie et d'ordre divin.






