Olaudah Equiano (vers 1745-1797), aussi connu sous le nom de Gustavus Vassa, fut un esclave africain déporté qui acheta sa liberté avant de devenir l'une des grandes figures du mouvement abolitionniste britannique. Son autobiographie, publiée en 1789, fit connaître l'horreur de la traite négrière à un large public.
Olaudah Equiano(1745 — 1797)
Olaudah Equiano
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1745, déporté enfant comme esclave depuis l'Afrique (région igbo, actuel Nigeria) via le commerce triangulaire
- Achète sa liberté en 1766 grâce à ses économies réalisées dans le commerce
- Publie en 1789 son autobiographie 'The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano'
- Devient une figure majeure du mouvement abolitionniste britannique (groupe des 'Sons of Africa')
- Meurt à Londres en 1797, dix ans avant l'abolition de la traite par le Parlement britannique (1807)
Œuvres & réalisations
Autobiographie pionnière et premier grand récit d'esclave de langue anglaise ; elle révéla l'horreur de la traite à l'opinion britannique et devint un best-seller de l'époque.
Equiano parcourut l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande pour vendre son livre et plaider la cause de l'abolition devant le public, faisant œuvre de militant itinérant.
Equiano informa l'abolitionniste Granville Sharp du massacre d'esclaves jetés à la mer depuis le navire Zong, contribuant à faire connaître cette affaire.
Lettre publique adressée à la reine d'Angleterre pour implorer la compassion en faveur des esclaves des Antilles, affirmant la voix politique d'un Africain libre.
Nommé responsable des approvisionnements pour la colonie destinée aux Noirs pauvres de Londres ; il dénonça les abus de l'organisation avant d'en être écarté.
Equiano fut une figure de ce groupe d'Africains de Londres écrivant lettres et tribunes contre la traite, l'une des premières organisations politiques noires de Grande-Bretagne.
Anecdotes
Enlevé enfant dans son village d'Igboland (actuel Nigeria) vers l'âge de onze ans, Equiano fut vendu plusieurs fois avant d'être embarqué sur un navire négrier vers les Antilles. Dans son livre, il raconte sa terreur en découvrant l'océan et les hommes blancs, qu'il crut d'abord être des cannibales venus le dévorer.
Rebaptisé Gustavus Vassa par un capitaine de la marine britannique — du nom d'un roi suédois du XVIe siècle —, Equiano détesta d'abord ce prénom imposé et tenta de le refuser, ce qui lui valut des coups. Il finit par le porter toute sa vie tout en signant son autobiographie de ses deux noms.
Equiano apprit à lire, à écrire et à calculer pendant ses années de servitude, notamment auprès de marins et grâce à la Bible. Devenu marin et petit commerçant, il économisa assez d'argent en revendant des marchandises dans les ports pour racheter sa propre liberté en 1766, pour la somme de 40 livres sterling.
Son autobiographie de 1789 connut un succès retentissant : neuf éditions parurent de son vivant et le livre fut traduit en plusieurs langues. Equiano parcourut la Grande-Bretagne et l'Irlande pour le vendre lui-même et donner des conférences, devenant l'un des premiers Africains à mener une véritable tournée militante.
En 1773, Equiano participa à une expédition vers l'Arctique cherchant un passage maritime vers l'Inde par le pôle Nord, aux côtés du futur amiral Horatio Nelson alors jeune officier. Le navire faillit rester pris dans les glaces près du Spitzberg.
Sources primaires
The shrieks of the women, and the groans of the dying, rendered the whole a scene of horror almost inconceivable.
My master then said he would not be worse than his promise; and, taking the money, told me to go to the Register Office, and get my manumission drawn up.
I supplicate your Majesty's compassion for millions of my African countrymen, who groan under the lash of tyranny in the West Indies.
One day, when all our people were gone out to their works as usual, and only I and my dear sister were left to mind the house, two men and a woman got over our walls, and in a moment seized us both.
Lieux clés
Région d'origine d'Equiano, où il naquit dans un village avant d'être enlevé enfant. Il en décrit les coutumes dans son livre.
Île des Antilles britanniques où Equiano fut débarqué après le passage du milieu et brièvement mis en vente.
Capitale où Equiano vécut une grande partie de sa vie libre, publia son autobiographie et milita pour l'abolition. Il y mourut en 1797.
Île où Equiano travailla pour le marchand quaker Robert King et économisa l'argent qui lui permit de racheter sa liberté en 1766.
Archipel polaire approché lors de l'expédition de 1773 à laquelle Equiano participa comme marin, à la recherche d'un passage vers l'Inde.
Ville d'Angleterre où Equiano épousa Susannah Cullen en 1792, scellant son installation dans la société britannique.
Objets typiques

Le livre de mémoires d'Equiano publié en 1789, vendu par souscription et lors de ses tournées. Outil central de propagande abolitionniste.

Document légal attestant qu'Equiano avait racheté sa liberté en 1766. Il le conservait précieusement comme preuve de son statut d'homme libre.

Equiano, marin expérimenté, apprit à utiliser les instruments servant à calculer la position d'un navire en mer. La navigation faisait partie de son métier de matelot.

Entraves de fer utilisées pour enchaîner les captifs dans les cales des navires négriers. Equiano en décrit l'usage cruel dans son récit du passage du milieu.

Equiano se convertit au christianisme et fut baptisé ; la lecture de la Bible nourrit sa foi et son argumentaire moral contre l'esclavage.

Portrait gravé d'Equiano placé en tête de son autobiographie, le montrant vêtu en gentleman européen tenant une Bible. Image destinée à affirmer sa dignité et son humanité.
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Vie quotidienne
Matin
Devenu homme libre et marin, Equiano commençait souvent ses journées à bord d'un navire ou dans un port, vérifiant la cargaison et préparant les manœuvres. À terre à Londres, il consacrait ses matinées à la correspondance et à la préparation de ses conférences.
Après-midi
L'après-midi, comme matelot et petit commerçant, il achetait et revendait des marchandises (verres, fruits, tissus) pour arrondir ses gains. Plus tard, il employait ce temps à rencontrer éditeurs, souscripteurs et militants abolitionnistes.
Soir
Le soir, Equiano lisait la Bible et des ouvrages, écrivait ses mémoires ou discutait avec d'autres membres de la communauté noire de Londres. Sa foi chrétienne tenait une grande place dans ses moments de réflexion.
Alimentation
Sa nourriture évolua de l'igname et des aliments de son enfance africaine à l'ordinaire des marins : biscuits de mer, viande salée, poisson et ce que les escales permettaient d'acheter. Libre, il partageait l'alimentation des classes populaires urbaines britanniques.
Vêtements
Affranchi, Equiano s'habillait à l'européenne, en habit, gilet et chemise de gentleman, comme le montre le portrait de son livre. Ce vêtement soigné affirmait délibérément sa dignité et son statut d'homme libre et instruit.
Habitat
Esclave, il logeait là où ses maîtres l'envoyaient, dans les cales des navires ou les dépendances des plantations. Libre, il vécut surtout dans des logements de Londres, au sein d'une ville en pleine expansion.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa, the African
1789
Tournées de conférences abolitionnistes
1789-1794
Alerte sur le massacre du Zong
1783
Pétition à la reine Charlotte
1788
Commissaire du projet de Sierra Leone
1787
Engagement au sein des Sons of Africa
1787-1790






