Olivier Messiaen(1908 — 1992)

Olivier Messiaen

France

6 min de lecture

MusiqueCompositeur/tricePédagogueXXe sièclePremière et seconde moitié du XXe siècle, des avant-gardes de l'entre-deux-guerres jusqu'à la fin du siècle

Olivier Messiaen (1908-1992) est un compositeur, organiste et pédagogue français, l'une des figures majeures de la musique du XXe siècle. Profondément catholique et passionné d'ornithologie, il a renouvelé le langage musical par ses recherches sur le rythme, la couleur sonore et le chant des oiseaux.

Questions fréquentes

Olivier Messiaen (1908-1992) est un compositeur, organiste et pédagogue français, figure majeure de la musique du XXe siècle. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a renouvelé le langage musical en inventant des systèmes inédits comme les modes à transpositions limitées et les rythmes non rétrogradables, tout en intégrant des éléments aussi variés que le chant des oiseaux, sa foi catholique et des couleurs sonores liées à sa synesthésie. Contrairement à beaucoup d'avant-gardistes, il n'a jamais rejeté la tradition : il s'inspirait du plain-chant grégorien et de la nature. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a formé des compositeurs comme Pierre Boulez ou Karlheinz Stockhausen, influençant durablement la musique contemporaine.

Faits marquants

  • Né le 10 décembre 1908 à Avignon, mort le 27 avril 1992 à Clichy
  • Organiste titulaire de l'église de la Trinité à Paris à partir de 1931, poste qu'il occupe pendant plus de 60 ans
  • Compose le Quatuor pour la fin du Temps en 1940-1941, créé en captivité au Stalag VIII-A pendant sa détention comme prisonnier de guerre
  • Professeur au Conservatoire de Paris à partir de 1941, il forme une génération de compositeurs dont Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen
  • Achève le Catalogue d'oiseaux (1956-1958), fruit de ses transcriptions des chants d'oiseaux qu'il notait dans la nature

Œuvres & réalisations

Quatuor pour la fin du Temps (1941)

Œuvre de musique de chambre composée en captivité, inspirée de l'Apocalypse. C'est l'une de ses pièces les plus jouées et un sommet du XXe siècle.

Technique de mon langage musical (1944)

Traité théorique exposant ses innovations : modes à transpositions limitées et rythmes non rétrogradables. Référence majeure pour les compositeurs.

Turangalîla-Symphonie (1948)

Vaste symphonie en dix mouvements célébrant l'amour et la joie, avec piano solo et ondes Martenot. Commande de l'orchestre de Boston.

Catalogue d'oiseaux (1958)

Cycle pour piano de treize pièces évoquant des oiseaux français et leurs paysages. Aboutissement de ses recherches ornithologiques.

Et exspecto resurrectionem mortuorum (1964)

Œuvre monumentale pour vents et percussions, commande de l'État en hommage aux morts des deux guerres mondiales.

La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ (1969)

Grande fresque sacrée pour chœur, orchestre et solistes, sommet de sa musique religieuse.

Saint François d'Assise (1983)

Son unique opéra, somme de toute sa vie musicale et spirituelle, créé à l'Opéra de Paris. Une œuvre de plus de quatre heures.

Vingt Regards sur l'enfant-Jésus (1944)

Cycle monumental pour piano méditant sur la Nativité, l'une des grandes œuvres pianistiques du XXe siècle.

Anecdotes

Profondément catholique, Messiaen passa plus de soixante ans comme organiste titulaire de l'église de la Trinité à Paris, nommé en 1931 alors qu'il n'avait que 22 ans. Il y improvisait chaque dimanche et y resta jusqu'à sa mort.

Fait prisonnier par les Allemands en 1940, il composa son célèbre 'Quatuor pour la fin du Temps' dans le camp de Görlitz (Stalag VIII-A). L'œuvre fut créée en janvier 1941 devant des prisonniers, jouée sur des instruments en mauvais état, dont un violoncelle à trois cordes.

Messiaen était passionné d'ornithologie : il parcourait la campagne, carnet en main, pour noter avec une précision méticuleuse le chant des oiseaux, qu'il transcrivait ensuite en musique. Il considérait les oiseaux comme les plus grands musiciens.

Il possédait une forme de synesthésie : il associait certains accords et sons à des couleurs précises, et parlait de sa musique en termes de teintes et de vitraux, comme ceux des cathédrales gothiques qu'il admirait.

Professeur au Conservatoire de Paris, il forma plusieurs générations de compositeurs majeurs, parmi lesquels Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Iannis Xenakis, exerçant une influence considérable sur la musique de la seconde moitié du XXe siècle.

Sources primaires

Technique de mon langage musical, Olivier Messiaen (1944)
Charme des impossibilités... Cette langue, ce langage, je voudrais le justifier théoriquement, en montrer les rouages.
Préface du Quatuor pour la fin du Temps (1941)
Conçu et écrit pendant ma captivité, le Quatuor pour la fin du Temps fut donné en première audition au Stalag VIII A, le 15 janvier 1941.
Avant-propos du Catalogue d'oiseaux (1958)
Les oiseaux : voilà ce qui me réconforte... ce sont nos désirs de lumière, d'étoiles, d'arcs-en-ciel et de jubilantes vocalises.
Conférence de Notre-Dame, Olivier Messiaen (1977)
La musique sacrée doit susciter chez l'auditeur le sentiment du divin, du sacré, du surnaturel.

Lieux clés

Avignon

Ville du sud de la France où naquit Olivier Messiaen en 1908.

Conservatoire de Paris

Messiaen y fut élève dès 11 ans, puis professeur d'harmonie, d'analyse et de composition, formant de grands compositeurs.

Église de la Sainte-Trinité, Paris

Église parisienne où Messiaen fut organiste titulaire de 1931 jusqu'à sa mort, soit plus de soixante ans.

Stalag VIII-A, Görlitz

Camp de prisonniers en Allemagne où Messiaen, captif en 1940-1941, composa et créa le Quatuor pour la fin du Temps.

Petichet (Isère)

Village au bord du lac de Laffrey où Messiaen possédait une maison et venait composer au calme, près de la nature et des oiseaux.

Clichy

Commune de la banlieue parisienne où Olivier Messiaen mourut en 1992.

Voir aussi