Valaida Snow(1904 — 1956)

Valaida Snow

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueSpectacleXXe siècleÂge d'or du jazz et de l'entre-deux-guerres, marqué par la ségrégation aux États-Unis et l'essor des tournées internationales d'artistes afro-américains en Europe et en Asie.

Valaida Snow (1904-1956) est une trompettiste, chanteuse et cheffe d'orchestre afro-américaine de jazz. Surnommée « la Reine de la trompette », elle connut une carrière internationale dans l'entre-deux-guerres avant que la Seconde Guerre mondiale ne brise sa trajectoire.

Questions fréquentes

Valaida Snow (1904-1956) était une trompettiste, chanteuse et cheffe d'orchestre afro-américaine, surnommée « la Reine de la trompette ». Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a brisé les stéréotypes de genre et de race à une époque où la trompette était considérée comme un instrument masculin et où la ségrégation limitait les opportunités pour les artistes noirs. Son importance historique tient à sa carrière internationale précoce : dès les années 1920, elle parcourt l'Asie et l'Europe, devenant une vedette mondiale bien avant que beaucoup d'autres musiciens de jazz ne quittent les États-Unis.

Faits marquants

  • Née le 2 juin 1904 à Chattanooga (Tennessee), elle est l'une des rares femmes trompettistes du jazz de son temps.
  • Surnommée « Little Louis » par référence à Louis Armstrong, elle est saluée comme une virtuose de la trompette dans les années 1920-1930.
  • Multi-instrumentiste, elle se produit en tournée à travers les États-Unis, l'Europe et l'Asie (Shanghai, Moyen-Orient) durant l'entre-deux-guerres.
  • Détenue au Danemark pendant l'occupation allemande au début des années 1940, elle est rapatriée aux États-Unis en 1942, l'épreuve marquant durablement sa santé.
  • Morte le 30 mai 1956 à New York, elle reste une figure pionnière des femmes instrumentistes dans le jazz.

Œuvres & réalisations

« Chocolate Dandies » (revue musicale) (1924)

Spectacle d'Eubie Blake et Noble Sissle où elle se fait remarquer, en pleine Renaissance de Harlem.

Tournées en Asie (Shanghai et Extrême-Orient) (1926-1929)

Séries de concerts qui font d'elle l'une des rares artistes afro-américaines à parcourir le monde aussi tôt.

Enregistrements pour Parlophone à Londres (1935-1937)

Une série de disques de jazz et de swing qui fixent sa voix et sa trompette pour la postérité.

« High Hat, Trumpet and Rhythm » (1936)

Enregistrement-vitrine résumant ses trois atouts : l'élégance, la trompette et le rythme.

« I Can't Dance (I Got Ants in My Pants) » (1936)

Morceau de swing enjoué devenu l'un de ses titres les plus connus.

« Nagasaki » (1940)

Enregistrement réalisé à Copenhague, témoin de sa carrière européenne juste avant la guerre.

Anecdotes

À une époque où la trompette était considérée comme un « instrument d'homme », Valaida Snow s'impose comme une virtuose acclamée. Son jeu rappelait tellement celui de Louis Armstrong que le public la surnomma « Little Louis », et l'on raconte qu'Armstrong lui-même la rangeait parmi les meilleurs trompettistes de son temps. On l'appelait aussi « la Reine de la trompette ».

Élevée dans une famille de musiciens, Valaida Snow apprend très jeune à jouer de quantité d'instruments : violon, violoncelle, banjo, accordéon, clarinette, saxophone... Les affiches de ses spectacles vantaient sa maîtrise d'une demi-douzaine d'instruments, qu'elle enchaînait sur scène pour épater les spectateurs.

Dès les années 1920, Valaida Snow parcourt le monde bien au-delà de ce que faisaient la plupart des artistes américains : elle se produit à Shanghai, en Asie, au Proche-Orient, puis dans toute l'Europe. À une époque où voyager aussi loin était rare et coûteux, elle devient une véritable vedette internationale.

Valaida Snow soignait une image de scène éblouissante autour de sa couleur fétiche, l'orchidée : robes mauves, et même, dit-on, une automobile couleur orchidée conduite par un chauffeur en uniforme assorti. Elle jouait sur une trompette dorée, dont la légende veut qu'elle ait été offerte par une admiratrice de marque en Europe.

Partie chanter en Europe, elle s'y trouve piégée par la guerre. Arrêtée et internée au Danemark occupé par l'Allemagne nazie, elle n'est rapatriée aux États-Unis qu'en 1942, lors d'un échange de prisonniers. Affaiblie et marquée par cette épreuve, elle peinera ensuite à retrouver sa gloire d'avant-guerre.

Sources primaires

Enregistrement « High Hat, Trumpet and Rhythm » (Parlophone, Londres) (1936)
Le titre même de ce disque — « Haut-de-forme, trompette et rythme » — résume son art : l'élégance, la trompette et le swing. Valaida Snow y alterne chant et solo de trompette, démontrant son double talent.
Enregistrement « I Can't Dance (I Got Ants in My Pants) » (1936)
Un morceau de swing plein d'humour qu'elle grave en Europe, où sa voix dialogue avec sa trompette à la sourdine. Le disque illustre l'énergie de sa musique dansante.
Enregistrement « Nagasaki » (Copenhague) (1940)
Gravé en Scandinavie à la veille de la guerre, ce titre témoigne de la carrière européenne de Valaida Snow et de la popularité du jazz hot dans le nord de l'Europe.
Courts métrages musicaux tournés à Londres (vers 1935-1937)
Au milieu des années 1930, installée à Londres, Valaida Snow apparaît dans de brefs films musicaux qui figurent parmi les rares traces filmées la montrant chanter et jouer sur scène.

Lieux clés

Chattanooga (Tennessee, États-Unis)

Ville natale de Valaida Snow, dans le Sud ségrégué où elle grandit au sein d'une famille de musiciens.

Chicago (Illinois, États-Unis)

Haut lieu du jazz des années 1920-1930 où elle se produisit, notamment dans le sillage des grands orchestres de l'ère swing.

Shanghai (Chine)

Étape de ses tournées asiatiques, où des musiciens afro-américains animaient les cabarets de la ville cosmopolite.

Londres (Royaume-Uni)

Ville où elle s'installa au milieu des années 1930, triomphant dans les music-halls et enregistrant pour Parlophone.

Copenhague (Danemark)

Elle y enregistre à la fin des années 1930, puis s'y retrouve piégée et internée pendant l'occupation nazie.

New York (États-Unis)

Ville où elle poursuit sa carrière après-guerre et où elle meurt en 1956, peu après un concert.

Voir aussi