Olympe Audouard(1832 — 1890)
Olympe Audouard
France
8 min de lecture
Olympe Audouard (1832-1890) est une écrivaine, journaliste et féministe française. Voyageuse infatigable, elle parcourt l'Orient et les États-Unis et publie ses récits de voyage. Elle milite pour les droits des femmes, notamment le droit au divorce et l'accès à l'éducation.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1832 : naissance à Aix-en-Provence
- 1862 : fonde le journal féministe Le Papillon
- Années 1860-1870 : voyages en Égypte, en Orient et aux États-Unis, récits publiés
- Milite activement pour le rétablissement du divorce, aboli depuis le Code civil de 1804
- 1890 : mort à Nice
Œuvres & réalisations
Son œuvre militante la plus célèbre, dans laquelle elle réclame avec force le rétablissement du divorce supprimé depuis 1816. Elle y dénonce la condition de la femme mariée réduite à l'état de mineure civile par le Code napoléonien.
Récit de son voyage en Orient qui décrit la vie des femmes turques avec une curiosité ethnographique rare pour l'époque. Ce livre transforme la vision purement exotique de l'Orient en une observation nuancée et comparatiste.
Témoignage de première main sur les sociétés égyptienne et syrienne, fruit d'un voyage solitaire exceptionnel pour une femme de l'époque. Olympe Audouard y mêle description des paysages, mœurs locales et comparaisons avec la société française.
Récit de son séjour aux États-Unis, où elle découvrit avec admiration la plus grande liberté dont jouissaient les femmes américaines. Elle y compare la situation des femmes des deux côtés de l'Atlantique, au profit marqué des Américaines.
Périodique littéraire et artistique parisien qu'Olympe Audouard fonda et dirigea, utilisant la presse comme tribune pour diffuser ses idées féministes tout en publiant des chroniques de société et de voyage.
Anecdotes
Mariée très jeune à un commerçant marseillais, Olympe Audouard vécut une union malheureuse qui la marqua profondément. Cette expérience personnelle de l'oppression conjugale fut le moteur de tout son engagement : elle réclama toute sa vie le rétablissement du divorce, supprimé depuis 1816, pour libérer les femmes de mariages devenus insupportables.
En 1866, Olympe Audouard part seule en Égypte et en Syrie — un voyage exceptionnel pour une femme de son époque. Elle y observe la condition des femmes orientales et en rapporte un récit qui fait sensation à Paris, mêlant observations ethnographiques et réflexions féministes. Certains lecteurs refusaient de croire qu'une femme avait pu entreprendre seule un tel périple.
Aux États-Unis, Olympe Audouard rencontre des pionnières du féminisme américain et donne des conférences publiques en anglais devant des auditoires mixtes — chose rarissime pour une Française de son temps. Revenue en France, elle raconta dans ses livres que les Américaines jouissaient d'une liberté sociale bien supérieure à celle des Françaises.
Olympe Audouard fut l'une des premières femmes françaises à oser monter à la tribune pour donner des conférences publiques payantes. En 1866, elle loua une salle parisienne pour parler de la condition féminine devant un public nombreux. Cette audace lui valut autant d'admiration que de critiques acerbes dans la presse conservatrice.
Fondatrice du journal littéraire Le Papillon vers 1862, Olympe Audouard en fut la directrice et la principale rédactrice. Elle y défendait la cause des femmes tout en publiant des chroniques de voyage et de société. Le titre symbolisait pour elle la légèreté superficielle que la société imposait aux femmes, qu'elle cherchait justement à dépasser.
Sources primaires
La femme américaine est libre : elle peut travailler, voyager, paraître seule en public sans que sa réputation en souffre. On ne lui demande pas de compte sur ses allées et venues, et cette liberté, loin de la perdre, semble la grandir.
J'ai voulu voir par moi-même ce que l'on appelle l'Orient, sans intermédiaire, sans guide officiel, pour en rapporter une impression vraie et personnelle. Une femme seule dans ces contrées étonne ; mais l'étonnement n'est pas toujours désagréable.
Il faut rétablir le divorce. Sans cette liberté fondamentale, la femme reste enchaînée à un contrat qu'elle n'a parfois signé qu'enfant, sans connaître le monde ni elle-même. La loi fait de l'épouse une mineure à vie.
La femme turque, que l'on croit enfermée et ignorante, possède souvent une finesse d'esprit et une connaissance du monde qui surprend le voyageur européen prompt à la plaindre sans la connaître.
Lieux clés
Ville natale d'Olympe Audouard en 1832, dans le sud de la France. Ses origines provençales marquèrent son caractère indépendant et son tempérament déterminé.
Centre de toute son activité intellectuelle et militante : c'est à Paris qu'elle fonda Le Papillon, donna ses conférences publiques et côtoya les milieux littéraires et féministes de son époque.
Olympe Audouard visita l'Égypte dans les années 1860 et en rapporta un témoignage fasciné sur les femmes orientales et la société égyptienne, nourrissant ses réflexions comparatives sur la condition féminine.
Son voyage aux États-Unis lui permit de rencontrer les pionnières du féminisme américain et d'observer une société où les femmes disposaient de plus de libertés. Elle en tira son livre À travers l'Amérique.
Olympe Audouard s'éteignit à Nice en 1890, dans cette ville côtière méditerranéenne rattachée à la France depuis 1860 seulement.






