Noble et marchand génois du XVIe siècle, issu de l'influente famille Lomellini. Les Lomellini contrôlaient d'importants réseaux commerciaux en Méditerranée, notamment la concession de l'île de Tabarka pour la pêche au corail et le commerce avec l'Afrique du Nord.
Orazio Lomellini
Orazio Lomellini
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Membre de la puissante famille noble et marchande Lomellini de Gênes
- La famille Lomellini obtint la concession de l'île de Tabarka (actuelle Tunisie) pour le commerce du corail au XVIe siècle
- Les Lomellini constituaient l'une des grandes dynasties marchandes et bancaires de la République de Gênes
- Actif dans les réseaux commerciaux méditerranéens reliant l'Europe chrétienne aux côtes nord-africaines
Œuvres & réalisations
Fondation et organisation du comptoir commercial de l'île de Tabarka, permettant l'exploitation systématique des fonds corallifères et le développement d'échanges avec l'Afrique du Nord. Cette concession fit des Lomellini les principaux intermédiaires entre l'Europe chrétienne et le Maghreb pour plusieurs décennies.
Mise en place à Tabarka d'un système de négociation et de rachat des prisonniers chrétiens capturés par les corsaires barbaresques. Cette activité renforçait la position des Lomellini comme intermédiaires indispensables entre les deux rives de la Méditerranée, alliant profit et prestige religieux.
Comme d'autres grandes familles génoises, les Lomellini participaient aux contrats de prêt passés avec la couronne d'Espagne. Ces opérations financières, très lucratives en temps normal, exposaient néanmoins les prêteurs aux risques des banqueroutes royales répétées.
Organisation d'une filière complète d'exploitation et de commercialisation du corail extrait des eaux de Tabarka : pêche, transport vers Gênes, travail dans les ateliers de joaillerie, vente sur les marchés européens et orientaux.
Anecdotes
En 1540, le célèbre corsaire ottoman Dragut (Turgut Reis) fut capturé par l'amiral génois Gian Andrea Doria. La famille Lomellini contribua au paiement de sa rançon considérable. En échange de ce service financier, elle obtint la concession exclusive de l'île de Tabarka et de ses précieux fonds de corail, transformant un acte politique en empire commercial.
L'île de Tabarka, concédée aux Lomellini, devint rapidement un comptoir prospère où des plongeurs génois extrayaient le corail rouge de Méditerranée. Ce matériau, très prisé dans toute l'Europe et jusqu'en Orient pour la joaillerie et les chapelets, alimentait des ateliers spécialisés à Gênes et Trapani. Les bénéfices tirés de cette activité enrichirent durablement la famille.
Tabarka jouait également un rôle humanitaire inattendu : les agents des Lomellini y négociaient le rachat de chrétiens réduits en captivité par les corsaires barbaresques. Ce commerce du rachat, mêlant intérêts religieux et profits commerciaux, était une activité normale pour les marchands génois établis sur les côtes nord-africaines au XVIe siècle.
Les Lomellini, comme les autres grandes familles génoises, plaçaient leurs capitaux auprès du Banco di San Giorgio, institution financière fondée en 1407. Ce puissant organisme gérait les dettes publiques et finançait les expéditions commerciales lointaines, permettant à des familles comme les Lomellini d'agir comme de véritables banquiers des souverains européens, jusqu'aux banqueroutes répétées de la couronne d'Espagne.
Sources primaires
Haedo décrit l'île de Tabarka comme l'établissement principal des Génois appelés 'Lumelinos', où résident habituellement plusieurs centaines d'entre eux, occupés à la pêche au corail et au négoce avec les populations du rivage africain.
Les actes de société (accomandita) passés devant notaires génois documentent les participations de la famille Lomellini dans des expéditions commerciales en Méditerranée occidentale et sur les côtes d'Afrique du Nord, avec détail des parts de profit et de risque.
Les registres du Banco di San Giorgio conservent des lettres de change et des comptes relatifs aux opérations des grandes familles nobles génoises, dont les Lomellini, dans le commerce méditerranéen et le financement des asientos espagnols.
Ramusio décrit dans ses compilations géographiques les routes commerciales de la Méditerranée occidentale et les établissements marchands génois sur les côtes nord-africaines, cadre dans lequel s'inscrit l'activité des grandes familles de Gênes.
Lieux clés
Ville d'origine et centre de pouvoir de la famille Lomellini. Gênes était au XVIe siècle l'une des premières places financières d'Europe, dont les banquiers nobles finançaient notamment la couronne espagnole et contrôlaient d'importants réseaux commerciaux méditerranéens.
Île concédée aux Lomellini vers 1540, elle devint leur principal comptoir en Afrique du Nord. On y pratiquait la pêche au corail, le commerce avec les populations locales et le rachat de captifs chrétiens aux corsaires barbaresques.
Principal partenaire politique des Lomellini en Afrique du Nord. Les souverains hafsides accordaient aux marchands génois le droit de commercer sur leurs côtes en échange de redevances et d'un rôle d'intermédiaires commerciaux.
Institution financière fondée en 1407, colonne vertébrale du système économique génois. Les grandes familles nobles, dont les Lomellini, y déposaient leurs capitaux et y finançaient leurs expéditions commerciales et leurs prêts aux souverains européens.
Objets typiques

Le corail rouge (Corallium rubrum) extrait des fonds marins autour de Tabarka était la principale matière première du commerce des Lomellini. Brut ou travaillé, il était expédié vers les ateliers de joaillerie de Gênes, Naples et Trapani.

Instrument financier central du commerce méditerranéen, la lettre de change permettait de transférer des fonds entre places commerciales sans transporter d'espèces métalliques. Les marchands génois en avaient fait leur outil de prédilection pour financer leurs opérations à distance.

Navire à rames et à voiles utilisé pour le transport de marchandises précieuses en Méditerranée. Les galères génoises reliaient Gênes, Tabarka, les ports espagnols et les échelles du Levant, transportant corail, tissus et métaux précieux.

Objet de dévotion catholique fabriqué à partir du corail rouge de Tabarka, très demandé en Europe à l'époque de la Contre-Réforme. Il constituait l'un des débouchés les plus lucratifs du commerce des Lomellini.

Héritage de la révolution comptable italienne du XIVe siècle, le livre de comptes en parties doubles permettait aux marchands génois de suivre précisément créances, dettes et bénéfices sur de multiples opérations simultanées.

La noblesse génoise se distinguait par ses vêtements en brocart de soie noire, tissus luxueux produits dans les ateliers de Gênes. Porter ces étoffes était un signe de statut social et de puissance marchande.
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Vie quotidienne
Matin
La journée d'un noble marchand génois commençait tôt par la lecture du courrier arrivé par les galères — lettres de correspondants à Séville, Anvers ou Constantinople. On passait ensuite aux affaires : réception des associés, signature des actes devant notaire, vérification des livres de comptes tenus par les clercs.
Après-midi
L'après-midi était consacrée aux négociations commerciales et aux visites de courtoisie dans les palais des autres familles nobles. On se rendait au Banco di San Giorgio pour surveiller les dépôts de la famille ou rencontrer des représentants de la République. Les nouvelles des routes maritimes — tempêtes, captures par les corsaires, arrivée d'une cargaison de corail — arrivaient souvent à cette heure.
Soir
Le soir, la famille se réunissait pour le repas principal dans la grande salle du palazzo. Les conversations mêlaient affaires, politique et nouvelles de la Méditerranée ; on pouvait recevoir des invités de marque, ambassadeurs ou capitaines de galère. La soirée se terminait par des prières égrainées sur un chapelet en corail rouge de Tabarka.
Alimentation
La table d'un grand marchand génois était abondante : poissons et fruits de mer frais (daurades, thons), pâtes et focaccia, légumes du marché, fromages liguriens. Les épices agrémentaient les plats de viande. On buvait du vin de Ligurie et, lors des repas d'apparat, des vins d'Espagne importés par les galères.
Vêtements
Orazio portait des vêtements en brocart de soie noire, couleur caractéristique de la noblesse génoise, ornés de passementeries dorées. Par-dessus, un manteau court à la mode italienne. Les occasions officielles exigeaient la toge sénatoriale pour siéger aux conseils de la République. Les femmes de la famille arboraient des bijoux en corail et en or.
Habitat
Le palazzo Lomellini à Gênes était une demeure à plusieurs étages, avec cour intérieure, fresques dans les salles de réception et loggia ouverte sur la ville. Les meubles en noyer sculpté et les tentures de velours témoignaient de la richesse de la famille. À Tabarka, le fondaco était plus austère : une forteresse-comptoir protégée par des murailles face à la mer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Établissement du comptoir de Tabarka
vers 1540-1542
Réseau de rachat des captifs chrétiens
XVIe siècle
Commerce du corail rouge méditerranéen
XVIe siècle






