Chimiste allemand (1879-1968), prix Nobel de chimie en 1944. Il découvrit la fission nucléaire de l'uranium en 1938 avec Fritz Strassmann, ouvrant la voie à l'énergie atomique.
Otto Hahn(1879 — 1968)
Otto Hahn
Troisième Reich, république de Weimar, Empire allemand, Allemagne de l'Ouest
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La science ne connaît pas de frontières, mais les scientifiques ont des responsabilités envers l'humanité.»
Faits marquants
- 1879 : Naissance à Francfort-sur-le-Main
- 1938 : Découverte de la fission nucléaire de l'uranium avec Fritz Strassmann
- 1944 : Prix Nobel de chimie pour la découverte de la fission
- 1957 : Signataire du Manifeste Göttingen contre l'armement nucléaire de l'Allemagne
- 1968 : Décès à Göttingen
Œuvres & réalisations
Hahn isola ces deux nouveaux isotopes radioactifs lors de ses séjours à Londres et Montréal. Ces découvertes le placèrent immédiatement parmi les meilleurs chimistes nucléaires de sa génération.
Hahn et Meitner isolèrent le protactinium, élément numéro 91, après des années de recherche patiente à Berlin. Cette découverte confirma la solidité de leur collaboration scientifique sur plus de deux décennies.
En bombardant l'uranium avec des neutrons, Hahn et Strassmann produisirent du baryum — preuve que le noyau d'uranium se fragmentait en deux parties. Cette découverte, dont l'explication théorique fut fournie par Meitner et Frisch, est à l'origine de l'énergie atomique et de la bombe A.
Publication officielle de la découverte de la fission nucléaire, cosignée avec Fritz Strassmann. Cet article est l'un des plus cités de l'histoire de la physique du XXe siècle.
Manifeste public signé par Hahn et dix-sept physiciens allemands refusant toute participation à la fabrication ou à l'emploi d'armes nucléaires en Allemagne. Document fondateur du mouvement international des savants contre la prolifération atomique.
Ouvrage autobiographique publié l'année de sa mort, dans lequel Hahn retrace sa carrière scientifique et revient sur les dilemmes éthiques posés par la découverte de la fission et ses usages militaires.
Anecdotes
En décembre 1938, Otto Hahn et Fritz Strassmann travaillent dans leurs laboratoires de Berlin pendant les fêtes de Noël. Ils obtiennent un résultat totalement inattendu : en bombardant de l'uranium avec des neutrons, ils produisent du baryum, un élément bien plus léger. Hahn écrit immédiatement à son ancienne collaboratrice Lise Meitner, réfugiée en Suède, car il ne comprend pas encore ce phénomène révolutionnaire.
Lise Meitner, physicienne juive autrichienne qui avait travaillé avec Hahn pendant trente ans, dut fuir l'Allemagne nazie en 1938. C'est elle qui, avec son neveu Otto Robert Frisch, fournit l'explication théorique de la fission nucléaire. Pourtant, lors de l'attribution du prix Nobel de chimie 1944, seul Otto Hahn fut récompensé — une injustice historique largement reconnue par la communauté scientifique.
En août 1945, Otto Hahn et une dizaine de scientifiques allemands sont internés par les Alliés dans le manoir de Farm Hall, en Angleterre. Quand la radio annonce le bombardement atomique d'Hiroshima, Hahn est anéanti : convaincu d'avoir indirectement causé la mort de centaines de milliers de personnes, il sombre dans une profonde détresse. Ses collègues doivent veiller sur lui toute la nuit pour l'empêcher de commettre l'irréparable.
En 1957, Hahn organise et signe la « Déclaration de Göttingen », signée par dix-huit physiciens allemands de renom. Ce texte, rendu public en avril 1957, refuse catégoriquement que l'Allemagne soit dotée d'armes nucléaires. C'est l'un des premiers grands manifestes de savants contre la prolifération nucléaire, et il contribue directement à ce que la RFA renonce officiellement à l'arme atomique.
Otto Hahn débuta sa carrière en travaillant à Londres avec Sir William Ramsay, puis à Montréal avec Ernest Rutherford. C'est là qu'il découvrit de nouveaux éléments radioactifs tels que le radiothorium et le mésothorium, se forgeant une réputation internationale dès 1905-1906, bien avant la découverte qui le rendrait célèbre dans le monde entier.
Sources primaires
« Nos résultats sont si extraordinaires que nous n'osons pas les publier nous-mêmes. [...] Il est possible que l'uranium se fragmente bel et bien en baryum et krypton. »
« En bombardant l'uranium avec des neutrons lents, nous obtenons des isotopes du baryum, ce qui nous conduit à supposer que le noyau d'uranium se divise en deux noyaux de masses comparables. »
« La découverte de la fission de l'uranium lourd ouvre des possibilités techniques considérables, dont l'humanité devra assumer la responsabilité avec la plus grande sagesse. »
« Nous refusons de participer, de quelque manière que ce soit, à la production, aux essais ou à l'emploi d'armes atomiques. »
« Quand j'appris qu'Hiroshima avait été détruite par une bombe à uranium, je fus profondément bouleversé. Je me sentais en partie responsable de la mort de ces centaines de milliers d'innocents. »
Lieux clés
Ville natale d'Otto Hahn, né le 8 mars 1879 dans une famille bourgeoise aisée. C'est ici qu'il effectua ses études secondaires avant de partir étudier la chimie à Marburg.
Principal lieu de travail de Hahn pendant plus de trente ans. C'est dans ces laboratoires qu'il mena, avec Fritz Strassmann, les expériences de bombardement de l'uranium qui aboutirent à la découverte de la fission nucléaire en décembre 1938.
Hahn y travailla en 1904-1905 avec Sir William Ramsay, prix Nobel, et y découvrit le radiothorium. Ce séjour londonien marque ses débuts en recherche internationale sur la radioactivité.
De 1905 à 1906, Hahn travailla aux côtés d'Ernest Rutherford à Montréal, isolant plusieurs nouveaux isotopes radioactifs. Cette collaboration forgea son expertise en chimie nucléaire.
Manoir où Hahn et neuf autres scientifiques nucléaires allemands furent internés par les Alliés d'avril à décembre 1945 (opération Epsilon). C'est là qu'il apprit le bombardement d'Hiroshima et en fut profondément ébranlé.
Hahn s'installa à Göttingen après la guerre et y présida la Société Max-Planck de 1948 à 1960. Il y mourut le 28 juillet 1968 des suites d'une chute accidentelle.
Objets typiques

Instrument utilisé par Hahn pour détecter et mesurer les rayonnements émis par les substances radioactives. C'est avec ce type d'appareil qu'il identifia de nouveaux éléments radioactifs dès ses premiers travaux à Londres et Montréal.

Dans les années 1930, les matières radioactives étaient manipulées derrière des écrans de plomb épais pour protéger les scientifiques. Hahn et son équipe utilisaient ces protections dans leur laboratoire berlinois, sans encore mesurer tous les risques à long terme.

Pour bombarder l'uranium et déclencher la fission, Hahn et Strassmann utilisaient une source émettrice de neutrons obtenue en mélangeant du radium et du béryllium. C'est avec cet outil que la fission fut découverte en décembre 1938.

Appareil permettant d'identifier les éléments chimiques produits lors d'une réaction nucléaire en séparant les ions selon leur masse. Son emploi fut décisif pour confirmer que le bombardement de l'uranium produisait bien du baryum, preuve de la fission.

Hahn consignait méticuleusement chaque expérience dans ses carnets. Les cahiers de son laboratoire de Berlin figurent parmi les documents historiques les plus cités pour retracer la découverte de la fission nucléaire.

C'est en écoutant la radio à Farm Hall (Angleterre) en août 1945 que Hahn et ses collègues internés apprirent le bombardement d'Hiroshima. Cet objet du quotidien est associé à l'un des moments les plus dramatiques de sa vie.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Otto Hahn arrivait tôt à son laboratoire de l'Institut Kaiser Wilhelm, généralement dès 8 heures. Il consacrait la matinée à la lecture des résultats obtenus la veille, consignés dans ses cahiers, et à la mise en place des expériences du jour avec ses assistants. Il fumait la pipe en travaillant, habitude commune chez les scientifiques de l'époque.
Après-midi
L'après-midi était réservé aux manipulations délicates : préparation des sources radioactives, mesures au spectromètre, analyse des précipités chimiques. Hahn dirigeait également les travaux de ses doctorants et discutait des résultats avec ses collaborateurs, dont Lise Meitner pendant de nombreuses années. Les réunions informelles autour d'un tableau noir étaient fréquentes.
Soir
Le soir, Hahn rentrait dans sa villa de Dahlem, quartier résidentiel de Berlin abritant nombre de savants du Kaiser Wilhelm Institut. Il lisait la presse scientifique et entretenait une abondante correspondance internationale. Amateur de musique classique, il se détendait parfois au piano. Sa vie familiale était simple et bourgeoise, à l'écart de la vie mondaine berlinoise.
Alimentation
Comme beaucoup d'Allemands de sa génération, Hahn mangeait de façon traditionnelle : pain de seigle, charcuteries, pommes de terre, légumes de saison. En période de guerre, les restrictions alimentaires s'imposèrent à toute la population berlinoise. Lors de ses séjours à l'étranger (Londres, Montréal), il découvrit les cuisines britannique et nord-américaine.
Vêtements
Au laboratoire, Hahn portait une blouse blanche de chimiste par-dessus son costume trois-pièces habituel. Hors du travail, il s'habillait avec la sobriété distinguée de la bourgeoisie scientifique allemande : costume sombre, chemise blanche et cravate. Les équipements de protection contre les rayonnements étaient très rudimentaires pour l'époque : simple blouse et parfois des gants de caoutchouc épais.
Habitat
Hahn vivait dans une villa confortable du quartier de Dahlem à Berlin, à deux pas de l'Institut Kaiser Wilhelm. Ce quartier verdoyant, surnommé le « Oxford allemand », abritait de nombreux professeurs et directeurs de l'Institut. Après la guerre, il s'installa dans une demeure plus modeste à Göttingen, centre intellectuel de l'Allemagne de l'Ouest.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Découverte du radiothorium et du mésothorium
1905-1907
Découverte du protactinium (avec Lise Meitner)
1918
Découverte expérimentale de la fission nucléaire (avec Fritz Strassmann)
Décembre 1938
Article fondateur : « Über den Nachweis und das Verhalten der bei der Bestrahlung des Urans... », Naturwissenschaften
Janvier 1939
Déclaration de Göttingen
Avril 1957
Mein Leben (Mon existence) — autobiographie
1968






